26 juin 2017 Automatisation Méthodologie
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3 maladies de l’automatisation des tests

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Les spécialistes en automatisation des tests sont vulnérables à des troubles qui leur sont propres. Il est important de les connaître pour mieux s’en protéger.

La cryptologose – Trouble cognitif

Symptôme

L’individu est le seul de son équipe à pouvoir lire les logs produits par ses tests automatisés. Souffrant d’une apparente dissonnance cognitive, il énonce des propos déroutants tels que « Tous ceux-ci ne passent pas… mais c’est normal ».

Cause

Trop absorbé par le développement de ses automates, l’individu a négligé la qualité du reporting, un élément pourtant nécessaire à la compréhension des résultats des tests.

Complications possibles

  • L’équipe devient dépendante d’une seule personne. Par conséquent, en son absence, il est impossible d’analyser les résultats des tests automatisés.
  • Analyser les logs devient si compliqué que, par manque de temps, on ne lance plus les tests automatisés. Tout le temps consacré à ce travail est désormais perdu.
  • Dans le pire des cas, on finit par abandonner l’automatisation des tests. « Babaille » comme on dit en Nouvelle-Calédonie !

Mesure préventive

Anticiper cette problématique dès le début du projet d’automatisation. Pour chaque étape du test automatisé, générer un log en bon français. Il est également important de faire savoir où se trouvent les reportings, afin que les personnes concernées puissent les trouver en toute autonomie.

Remèdes possibles

Allouer du temps à cette problématique en communiquant sur son importance. Chiffrer les gains de temps possibles en analyse.

Si vous utilisez Selenium, une petite virée sur notre article dédié à la qualité des logs Selenium vous redonnera des couleurs.

Troubles associés

Le documutisme (trouble de la communication). L’individu n’a pas conscience de la complexité de son projet et/ou ressent une aversion envers les tâches documentaires. Il en résulte une aura de mystère autour des travaux d’automatisation des tests. Seules quelques personnes proches ont été instruites par le bouche à oreille et sont en mesure de comprendre, de loin en loin, ce dont il est question.

L’automatite – Trouble de l’identité

Symptôme

« Moi je ne suis pas testeur, je suis automaticien. » Les scénarios s’enchaînent, sont développés au kilomètre. Tant qu’il y a des cas de test, il reste des automates à développer. Vers l’infini et au-delà !

Cause

Une forte exposition à des problématiques purement techniques vient brouiller l’esprit de la personne. Comment cliquer sur le premier bouton visible en ignorant les boutons cachés qui le précèdent ? Comment naviguer entre 2 popups ou plus ? Comment autoriser ou interdire la géolocalisation sur tel ou tel navigateur ? Cette charge cognitive peut le mener à oublier le pourquoi au profit du comment. Il faudrait pourtant être en mesure de conserver un œil critique sur les scénarios à automatiser.

Complications possibles

  • Faute de recul, un temps précieux peut être perdu à automatiser des scénarios à faible valeur ajoutée.
  • On peut passer à côté de bugs
  • Les reportings perdent en pertinence.

Mesures préventives

Dès le début du projet, prévoir des rôles hybrides. La dichotomie entre test manuel et automatisé, décriée par certaines plumes, pourrait être néfaste au métabolisme de l’équipe de test.

Vu sur https://mrslavchev.com

Remèdes possibles

Redonner une vision d’ensemble de la qualité du produit en introduisant des phases de test manuel et de rédaction de cas de test dans l’emploi du temps des personnes.

Troubles associés

La checklistopathie (qui consiste à ne tester que ce qui est écrit noir sur blanc, et jamais rien au-delà) paralyse les mêmes neurones que l’automatite. Les deux types de malades ont besoin, pour recouvrer la santé, de raviver leur curiosité et leur passion pour le fouinage logiciel.

La scalophobie – Trouble de la motricité

Symptôme

L’individu se trouve face à un projet d’automatisation des tests dont il n’a pas suffisamment étudié la scalabilité. L’architecture est brouillonne et difficile à maintenir. Il devient difficile d’évoluer au sein de l’écosystème qu’on a soi-même créé… c’est un comble.

Cause

Avide d’avancer rapidement dans l’automatisation des scénarios, la personne a consacré un temps insuffisant à la conception de l’architecture de son projet d’automatisation.

Complications possibles

  • Importantes pertes de temps en maintenance.
  • Difficulté à intégrer de nouvelles recrues dans le projet.
  • Risques accrus de contracter la cryptologose

Mesures préventives

En début de projet, dédier une plage de temps suffisante à la conception de l’architecture du projet. Communiquer sur l’importance de cette phase. S’appuyer sur des design patterns éprouvés, tels que le Page Object Model.

Remèdes possibles

Une bonne refactothérapie !

Troubles associés

La scalophobie de type documentaire, qui affecte les personnes en charge de la rédaction des cas de test.

Conclusion

Il est essentiel de maintenir une bonne hygiène de vie afin d’éviter les maladies que nous venons de lister. Garder le cap sur les objectifs de l’automatisation, communiquer avec son entourage et conserver un recul sur ses activités permettra au testeur de rallonger l’espérance de vie de ses automates et de booster leur tonus au quotidien.

Bon courage !

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