Smartesting est une entreprise française que vous connaissez peut-être déjà pour ses outils Yest ou Gravity ; en 2025, son petit dernier s’appelle Lynqa.
“Des tests manuels automatiques”, telle en est la promesse oxymorique. Nous avons eu l’occasion d’essayer cet outil et souhaitons partager avec vous un exemple de scénario simple parmi ceux que nous avons testés.
Comment marche Lynqa, à quoi ça ressemble et qu’est-ce que ça implique de nouveau dans le monde du test, on va décortiquer tout ça dans cet article !
Lynqa, c’est quoi ?
Le principe de Lynqa : exécuter des tests à partir de cas de tests existant. Ni plus ni moins : un patrimoine de test avec des cas de test tout ce qu’il y a de plus classique avec actions et résultats attendu.
Pour illustrer le fonctionnement de Lynqa, voici un cas de test très simple :
Action : “Sur la page Fruits à gogo, entrer une quantité de 30 kilos de papaye, valider.”
Résultat attendu : “Le tarif s’affiche et correspond à 10 500 francs pacifiques.”
Lynqa devra se débrouiller avec ces informations, comme le ferait un être humain. Pas question donc de lui préciser de sélecteurs, comme un automate le nécessiterait. On oublie les input, les button, on ne cherche plus d’id unique, on ignore les classes CSS. Pas question non plus d’écrire précisément “kg” au lieu de “kilos” pour correspondre à la graphie du site. “Valider” doit être correctement interprété, à savoir comme un clic sur le bouton “Calculer”. Et enfin, on ne s’inquiète pas du format de la devise ; Lynqa devra comprendre que “francs pacifiques” c’est la même chose que “CFP”, “F CFP” ou encore “XPF” !

Comment ça marche ?
Sous le capot de Lynqa travaillent plusieurs agents IA. Chacun de ses agents a sa propre responsabilité : interpréter l’intention du test, découper les actions, “regarder” l’apparence de l’interface à tester, comparer ce qui est constaté par rapport à l’attendu…
Vous noterez qu’aucun agent n’étudie la structure du DOM ; tout est fait pour se calquer sur l’utilisation cible d’une personne réelle. Ce qui compte, c’est ce qui s’affiche à l’écran.
Lors d’une démo, nous avons pu voir Lynqa travailler avec une cartographie interactive, un type de test souvent casse-tête à automatiser from scratch avec les frameworks habituels. Cela nous a donné envie d’en savoir plus et de faire nos propres essais.
Lynqa nous a confié un accès bêta afin qu’on puisse essayer nous-mêmes cette prometteuse solution, alors allons-y !
Découvrir Lynqa avec un exemple simple
Remarque : les screenshots qui suivent sont datés d’octobre 2025. Au moment où vous lirez cet article, l’interface aura peut-être changé.
Lynqa se présente aujourd’hui comme un plugin Jira qui s’interface avec Xray. Pour commencer, il faut disposer d’un test.

Pour notre essai, les étapes du test sont les suivantes :

Quand on rattache ce test à une “Test Execution”, on peut voir en bas à droite le bouton “Exécuter avec Lynqa”…

Ce bouton ouvre une popin toute simple où il convient de saisir l’URL du site à tester.

À noter : pour le moment, seuls les sites web dont l’accès est public sont testables avec Lynqa, mais la roadmap du produit prévoit à terme de réaliser des tests sur tout type d’application, qu’elle soit web ou non, publique ou non.
Ça y est, l’exécution est lancée !
Les résultats des exécutions sont visibles dans un onglet Lynqa dédié.

On découvre alors le détail de ce que l’automate a réalisé, et on se rend compte que le postulat de départ était correct ! Lynqa a bien réussi à interpréter le langage naturel, à trouver les éléments sur la page, et à effectuer la vérification comme attendu.

D’ailleurs, pour s’en assurer, il est possible d’afficher des captures d’écran pour chaque étape.

Top, le premier test est réussi !
Maintenant voyons ce qui nous est proposé dans le cas d’un test en échec. Pour ce test-là, on va demander de calculer le prix d’un fruit qui n’existe pas dans la liste. La grenade n’est-elle pas le fruit idéal pour faire péter un test ? (Poudoum tssss 🥁)
Test en erreur : comment réagit Lynqa ?
Lançons ce test et observons le comportement de Lynqa face à cette valeur inattendue.

Le test est bien en échec, mais pas pour la bonne raison… Il faudrait que le test échoue dès le moment où il ne trouve pas la valeur “Grenade”, mais ce n’est pas le cas.
Essayons en découpant le test en deux étapes :

Désormais, le test échoue au bon endroit (et avec un message d’erreur clair !)

Conclusion
Ces exemples très simples illustrent le fait que Lynqa ne se comporte donc pas comme une personne (par définition !), mais pas non plus comme un test automatisé classique, dont les capacités d’adaptation sont faibles et qui aurait échoué immédiatement en cherchant le mot “Grenade”.
Malgré le “quasi-faux-négatif”, ce premier aperçu est tout de même impressionnant et prometteur. L’outil est simple à prendre en main et ouvre de nombreuses potentialités. Avec un tarif compétitif (basé sur l’utilisation réelle), Lynqa pourrait devenir une brique incontournable de l’exécution des tests et se faire une place entre l’exécution humaine et l’exécution scriptée en interne.
Quelles conséquences alors sur nos façons de travailler ?
Utiliser efficacement ce type d’outil demandera de nouvelles compétences et une approche spécifique. Si les faux positifs sont monnaie courante dans le monde des tests auto, il apparaît que pour les tests avec des outils comme Lynqa, il faudra surveiller les faux négatifs avec autant de vigilance et apprendre à implémenter des tests qui favorisent un haut degré de reproductibilité, et des variations mineures et maîtrisées. Cela impliquera de revoir la manière dont on rédige les tests. De même qu’on n’écrit pas exactement de la même façon des tests pour un public interne ou pour le crowdtesting, il sera nécessaire d’apprendre à s’adresser de manière efficace aux agents IA qui “voient” l’application d’une manière qui leur est spécifique. Toutefois, ces modifications seront peut-être à terme marginales, en fonction du perfectionnement des outils. Lynqa vise à ce qu’il y ait, à terme, le moins d’adaptations possibles nécessaires sur les tests déjà rédigés.
Plus globalement, repenser la manière dont on construit nos stratégies de test sera une étape indispensable. Le ROI sera tout naturellement au cœur de la réflexion, afin d’arbitrer ce qu’il est plus rentable d’automatiser et ce qu’il est plus pertinent de déléguer à un outil comme Lynqa, pour dégager toujours plus de temps pour réaliser manuellement des tests à haute valeur ajoutée.
Vous pouvez découvrir Lynqa à votre tour à cette adresse !
Alors, que pensez-vous de ce type d’outil ?