Comment on atterrit dans le test logiciel

En septembre 2022, nous vous avons proposé 15 histoires de reconversion dans le test logiciel.

Suite au succès de cet article, nous avons décidé de collecter de nouveaux récits de reconversion ! Les témoignages se suivent et ne se ressemblent pas. Le fil rouge est de suivre ses ambitions et de croire en sa capacité à mettre à profit ses compétences ainsi que ses expériences passées.

Une fois de plus, nous souhaitons bon courage à toutes les personnes qui s’engagent sur ce chemin. C’est une belle carrière dans le test qui s’offre à vous !

Cerise sur le gâteau, cet article vous permettra d’en savoir plus sur quelques profils Hightest issus d’une démarche de reconversion ! Vous reconnaîtrez également des noms du monde du test qui vous seront familiers 😉

Sommaire

  1. Un océan de qualité, avec Alexandrine Philip Brutel
  2. Le goût du test, avec Nancaidah Touré-Chauvin
  3. Serial reconverter, avec Josselin Buisson
  4. De la recherche… à la recherche (de la qualité), avec Olsen Rainness Mouloubou
  5. Comment faire feu de tout bois, avec Jordan Sorvas
  6. Du marketing au testing, avec Rémy Albinet
  7. L’ambition avant tout, avec Vladimir Fouillade
  8. De l’autre côté du miroir, avec Dorian Misser
  9. Many similarities indeed, avec Valentine Lange

Un océan de qualité

Alexandrine Philip Brutel a rejoint Hightest en début d’année 2023. La passion de la qualité l’anime, et ses pratiques prennent leur source dans une longue expérience passée dans un tout autre domaine, celui de la biologie marine.

Mon parcours professionnel est une aventure passionnante marquée par un changement audacieux. Mon amour inné pour les profondeurs océaniques m’a initialement conduite vers le monde fascinant de la biologie marine. Le vaste océan était mon terrain de jeu, et j’ai plongé tête la première dans l’étude des créatures mystérieuses qui peuplent ses eaux.

Les années que j’ai passées dans le domaine de la biologie marine ont été riches en découvertes et en émerveillement. J’ai pu observer les coraux multicolores, étudier les comportements complexes de divers vertébrés et invertébrés, et scruter les écosystèmes marins fragiles avec un sens de l’admiration renouvelé à chaque instant. Cela m’a conduite tout droit à étudier les impacts néfastes des pollutions d’origines diverses, métaux lourds, substances chimiques et pharmaceutiques jusqu’aux changements climatiques, de plus en plus perceptibles et dévastateurs sur les océans et notre environnement tout entier. Mon travail n’était pas seulement une carrière, mais une véritable passion.

Cependant, comme les courants marins en perpétuel mouvement, ma vie a également pris une direction nouvelle et inattendue. Les écueils du monde de la biologie marine, tels que les contraintes budgétaires et les défis logistiques, s’accompagnant du manque de missions pérennes, m’ont obligée à prendre du recul et à me projeter dans une autre direction. J’ai réalisé que mes compétences et mon esprit analytique pourraient être appliqués dans d’autres domaines, et c’est ainsi que je me suis aventurée dans le domaine du test logiciel.

Un diplôme d’ingé en agro et 2 masters en poche m’ont permis de rejoindre une filière en génie logiciel sous un format court mais percutant, puis une POEC en test logiciel. Ma reconversion a été facilitée par de bons formateurs qui ont su me montrer que mes qualités en bio marine seraient essentielles et transposables dans le monde du logiciel. Mon expérience en biologie marine m’a dotée d’une attention méticuleuse aux détails, des qualités essentielles pour garantir la qualité des logiciels sur lesquels je travaille.

Ce changement de cap n’a pas été sans défis, mais chaque obstacle a été une opportunité de croissance. Mon passé en biologie marine m’a appris à être adaptable et résiliente, des traits de caractère qui se sont révélés inestimables dans le monde du test logiciel en constante évolution.

Ainsi, mon parcours professionnel est une fusion harmonieuse de ma passion pour la biologie marine et ma nouvelle expertise dans le test logiciel. Bien que les océans ne fassent plus partie de mon quotidien professionnel, leur esprit d’exploration et de découverte continue à guider chacun de mes pas. Mon parcours est la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer et pour trouver de nouvelles façons d’appliquer nos talents uniques.

Mon parcours est la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer et pour trouver de nouvelles façons d’appliquer nos talents uniques.

Alexandrine Philip Butel

Le goût du test

Nancaidah Toure Chauvin est à la tête de l’excellent podcast Qalisty. Elle est passée, elle aussi, par un chemin de reconversion, qu’elle nous confie aujourd’hui.

A l’origine, j’étais partie vers l’hôtellerie-restauration parce que j’adore manger. C’est vraiment une passion. Donc je voulais m’aventurer dans ce secteur dès le collège. Je m’imaginais pâtissière.

Convaincus qu’un parcours académique m’amènerait plus loin, mes parents ont mis leur véto et m’ont poussée en filière généraliste. J’ai donc passé un bac en sciences économiques et sociales (à l’époque ça s’appelait comme ça, je ne sais pas si c’est toujours le cas). Une fois cette étape franchie, j’ai continué en école hôtelière, avec toujours cette envie de me rapprocher de la gastronomie. Très vite, j’ai constaté que mon niveau de passion ne faisait pas le poids face aux contraintes du secteur.

A l’époque, j’habitais en banlieue éloignée et me levais à 4h30 presque tous les week-ends pour aller travailler sur Paris. Après avoir bossé un peu à gauche, à droite, dans des hôtels et des restaurants, en parallèle de mes études, je me suis dit que je n’allais peut-être pas faire ça pendant 40 ans. Même si le master que j’ai poursuivi par la suite me permettrait d’accéder à des postes d’encadrement, je voyais venir le moment où j’en aurais marre des horaires décalés et des troubles musculosquelettiques.

J’ai effectué une licence et master en alternance, ce qui m’a donné l’occasion de découvrir le monde de la restauration collective. Encore une fois, j’y ai appris beaucoup, mais ça m’a confirmé que je devais changer de secteur rapidement. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je pense qu’on est nombreux à passer par une traversée du désert à la fin de nos études, à se demander si les 3, 4, 5, parfois 8 années qu’on vient de passer à se spécialiser sont vraiment pertinentes. On suit la voie empruntée par défaut mais ce n’est que reculer pour mieux sauter.

Je tenais un blog à l’époque sur lequel je parlais de restaurants dans lesquels j’avais été. Je l’ai tenu pendant 4, 5 ans. J’étais très attirée par tout ce qui a trait à internet (forcément notre génération [Y] passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux) et je me suis dit pourquoi pas aller vers quelque chose comme ça qui allierait médias technologiques et ce pour quoi j’ai été formée, donc l’hôtellerie-restauration. Me voilà donc en recherche de poste dans la foodtech.

J’ai postulé dans une start-up qui était à l’époque un Deliveroo pour entreprises. Et j’ai été prise. Un an plus tard, le covid est arrivé, licenciement économique.

De là, les choses se sont enchaînées. J’ai suivi un bootcamp pour apprendre à coder puis j’ai suivi une formation en test (Fitec). Je ne connaissais pas le métier mais m’orienter dans ce secteur est clairement une des meilleures décisions que j’ai prises. Si bien que j’ai décidé de créer un podcast pour dire au monde que le test méritait d’être vu et reconnu ;).

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je pense qu’on est nombreux à passer par une traversée du désert à la fin de nos études, à se demander si les 3, 4, 5, parfois 8 années qu’on vient de passer à se spécialiser sont vraiment pertinentes.

Nancaidah Toure Chauvin

Serial reconverter

Désormais testeur automaticien et développement RPA, le parcours de Josselin Buisson est un exemple par excellence de la valeur ajoutée d’un parcours varié dans une carrière de QA.

Quand on ajoute beaucoup de cordes à son arc 😀

Je commencerais par une impression, celle d’avoir été testeur dès mon plus jeune âge… Je m’explique :

J’ai commencé à me poser beaucoup de questions à l’école : quelles études, pour quel métier, pour quelle satisfaction ?

Ne voulant pas m’embarquer pour plusieurs années d’études et me brider à un seul métier sans savoir si celui-ci me plairait, je me suis donc contenté d’un humble bac +2 dans la comptabilité pour très vite essayer (tester ?) différents métiers.

Avec un premier poste dans la comptabilité histoire de faire suite à ces courtes études, j’ai vite été lassé et commencé quelques projets en parallèle.

D’abord, une première expérience dans la restauration avec la tentative d’ouvrir mon propre restaurant, en partenariat avec un ami cuisinier (projet non abouti car appelé pour participer à l’émission Top Chef 2016 – Xavier P).

Ensuite, une seconde dans le massage et le bien-être puis dans le coaching sportif, toujours en parallèle de mon premier métier de comptable.

Après ces premiers « tests », j’ai définitivement quitté la comptabilité pour me reconvertir une première fois en tant que cadre transport à la SNCF. Beaucoup de choses à découvrir, métier très intéressant mais ne me correspondant pas pour diverses raisons, j’ai finalement tenté une ultime reconversion vers les métiers de l’IT. Jusqu’à il y a peu inaccessibles car pas d’expérience ni de diplôme et encore moins l’envie de recommencer des études d’ingénieur à presque 30 ans… je me suis donc retroussé les manches pour apprendre quelques langages et développer des sites web en autodidacte. Je voulais acquérir quelques bases afin de les ajouter à mes précédentes expériences et avoir un peu plus de chance d’accéder au monde de l’informatique. Par chance, c’est à ce moment-là que Pôle Emploi m’a contacté et proposé une reconversion au sein de l’EQL en tant que Testeur + Automaticien de test.

Plutôt dubitatif au démarrage car il s’agissait d’un métier assez nouveau en France (peu de REX en dehors des fameux testeurs de jeux vidéos), j’ai assez rapidement pu faire le lien avec mes expériences passées et ce nouveau métier.

Voici comment celles-ci viennent aujourd’hui nourrir ma pratique du test :

  • Comptabilité : rigueur, reporting et recherche d’anomalies comptables
  • Restauration : tester des ingrédients et recettes, suivre rigoureusement une recette et vérifier un résultat attendu (mmmh, c’est bon !)
  • Bien-être et sport : analyse du corps et de l’esprit, détecter les maux et proposer une solution pour les soulager ou un programme pour améliorer son quotidien.
  • Transport : aussi rigoureux que la comptabilité, le droit à l’erreur est proche de 0 car la vie des passagers est entre nos mains. Suivi de processus sensibles, mesures à prendre en cas d’urgence, support « utilisateur » (passagers et conducteurs)

Je vous épargne les nombreuses autres expériences que j’ai pu faire en tant que job d’été ou « au black » durant ma jeunesse car principalement dans la restauration, déjà cité précédemment.

C’est en grande partie grâce à l’EQL et leur accompagnement que j’ai pu faire le parallèle avec mes précédentes expériences. En effet, dès l’arrivée dans cette école de reconversion, c’est la première chose à travailler et mettre en avant face aux futurs recruteurs.

Par la suite, j’ai très rapidement évolué dans les métiers du test. En commençant par du fonctionnel, je suis passé à l’automatisation puis à la formation. À ce jour, j’ai l’honneur d’être partagé entre des clients et mon ancienne école de reconversion pour laquelle je suis aujourd’hui formateur. Mon poste actuel est donc à l’image de ma carrière : hybride et très varié !

C’est en grande partie grâce à l’EQL et leur accompagnement que j’ai pu faire le parallèle avec mes précédentes expériences. En effet, dès l’arrivée dans cette école de reconversion, c’est la première chose à travailler et mettre en avant face aux futurs recruteurs.

Josselin Buisson

De la recherche… à la recherche (de la qualité)

Dans son quotidien de QA, Olsen Rainness Mouloubou met à profit l’exigence qu’il a acquise lors de son passé de chercheur.

Je suis docteur en chimie, j’ai ensuite réalisé une reconversion dans le Cobol puis je me suis lancé en autodidacte dans le test (fonctionnel, non fonctionnel, automatisation). Je peux donc dire que j’ai toujours été dans le monde de la qualité, qualification… Le monde de la recherche est peu comme le monde du test, il faut donner aux « clients » un produit sans problème.

Mes expériences passées m’ont aidé à développer les compétences suivantes :

  • Adaptabilité : en effet, on ne teste pas de la même manière un projet, et surtout avec les avancées actuelles il faut évoluer pour que le métier du test ne disparaisse pas.
  • Analyse : un peu comme dans la recherche, il faut savoir tirer l’essentiel d’une campagne de test.
  • Écoute
  • Travail en équipe
  • Dépassement de soi.

Le monde de la recherche est peu comme le monde du test, il faut donner aux « clients » un produit sans problème.

Olsen Rainness Mouloubou

Faire feu de tout bois

Jordan Sorvas fait du test depuis 2020 ; il était auparavant dans le domaine bancaire.

Mon ancien poste : stagiaire analyste crédit sur le risque de contrepartie à la Société Générale.

Avant je cherchais à détecter les découverts et les impayés, maintenant je cherche à détecter les bugs.

Avant j’avais une date limite avant de remettre des rapports trimestriels sur les risques, maintenant ça m’aide à tenir des délais, et à adapter mon langage et mes mots en fonction de mes interlocuteurs.

Au-delà de ça, deux expériences me servent :

Les voyages

Ils m’ont permis d’essayer différentes façons pour me faire comprendre, et de considérer de nouvelles cultures.

Très utile lorsque je dois présenter des résultats à des développeurs, chefs de projets, testeurs manuels, AMOA, product Owner, car je n’adopte jamais les mêmes termes selon mes interlocuteurs.

Apprendre constamment de nouvelles choses (livres, blogs, vidéos)

De la maternelle au Master 2, j’ai toujours eu à apprendre, même en dehors de mes cours. Maintenant c’est au tour du test !

Avant j’avais une date limite avant de remettre des rapports trimestriels sur les risques, maintenant ça m’aide à tenir des délais, et à adapter mon langage et mes mots en fonction de mes interlocuteurs.

Jordan Sorvas

Du marketing au testing

Travaillant précédemment dans le référencement, Rémy Albinet a pu ensuite mettre à profit de précieux soft skills dans le domaine du test logiciel.

Sorti d’une formation web marketing, je me suis orienté plus naturellement sur l’aspect référencement de cette discipline. La particularité du référencement et qu’il y existait 2 grandes disciplines : naturelle (SEO) et payante (SEA).

Ces 2 disciplines requièrent certaines compétences qui m’ont grandement servi lors de ma reconversion dans le métier du test logiciel : l’esprit critique, l’esprit d’analyse, l’adaptabilité, la connaissance de son environnement et la communication.

Esprit critique et d’analyse

En référencement, notamment en agence, on rencontre souvent des clients ayant déjà des sites en lignes et ou de campagnes en ligne, il faut donc prendre suffisamment de recul pour pouvoir analyser et identifier les points d’amélioration et les défauts existants.

Connaissance de son environnement & adaptabilité

Après avoir identifié les points d’améliorations et défauts existants, on doit pouvoir être capable de proposer des axes d’améliorations, en fonction de différents paramètres et notamment de l’environnement (marché, budget, volonté/objectif du client, concurrence, réglementation…)

Communication

L’un des aspects les plus importants, car il s’agit de présenter à une personne ne parlant pas le même langage (aspect technique/métier VS attente/méconnaissance client), les tenants et les aboutissants des actions à mettre en place et surtout expliquer que l’on ne peut pas être premier sur Google en 2min ^^.

Ces axes m’ont grandement servi lors de ma reconversion et surtout lors de ma première prise de poste, en tant que testeur au sein d’une équipe agile. Et ils me servent toujours actuellement.

En tant que testeur, aujourd’hui j’utilise mon esprit critique et d’analyse, pour challenger les définitions fonctionnelles et le développement d’une feature/appli/interface… La connaissance de l’environnement et l’adaptabilité, afin de pouvoir proposer des cas de tests répondant le plus possible aux attentes de l’utilisateur final et aux possibilités d’utilisations par ses derniers. Et la communication évidemment car dans tous les cas c’est essentiel lorsque l’on travaille en équipe, que ce soit en agilité ou pas, si on veut faire de la qualité.

En tant que testeur, aujourd’hui j’utilise mon esprit critique et d’analyse, pour challenger les définitions fonctionnelles et le développement d’une feature/appli/interface…

Rémy Albinet

L’ambition avant tout

Vladimir Fouillade a démarré sa carrière dans le journalisme de presse quotidienne régionale.

Je n’ai qu’un bac validé mais l’impression d’avoir 5 vies d’expérience concrète derrière moi. Le métier du test ne s’est jamais résumé pour moi à un intitulé de poste : c’est simplement la promesse mouvante de la qualité. […] La clé c’est l’adaptabilité, la curiosité et la souplesse au sens large. Il faut être capable de savoir de quoi on est capable et ce dont on a envie.

Le métier du test ne s’est jamais résumé pour moi à un intitulé de poste : c’est simplement la promesse mouvante de la qualité.

Vladimir Fouillade

De l’autre côté du miroir

Dorian Misser a rejoint la team Hightest en décembre 2023, à l’issue d’une reconversion dans le domaine du test logiciel. Avant cela, il a créé une entreprise dans le domaine du sport. Il revient sur un moment clé de son passionnant parcours d’entrepreneur.

En 2020, mon frère et moi avons pris la décision de nous lancer dans l’entreprenariat avec une idée assez simple : permettre aux triathlètes de découvrir des équipements innovants au service de leur pratique.
Nous avons donc traduit cette idée dans une box aux dimensions d’une boîte à chaussure envoyée tous les deux mois, achetable sur internet via un abonnement ou une carte cadeau. C’est lors de la création de notre site internet que j’ai eu ma première interaction avec le test logiciel.

En effet, lors du processus de création du site internet, nous avons pu proposer notre vision tout en faisant confiance à la compétence technique du prestataire pour réaliser le meilleur site web. Et c’est lors de la livraison de ce dernier que nous avons pu découvrir la nécessité d’une stratégie de test au service du produit et par extension du client final.

Pour résumer voici la liste des conseils que j’aurais aimé avoir avant le développement du site internet :

  • La création d’une base d’exigences exhaustive pouvant être challengée et une meilleure compréhension de ces dernières permettent une relation plus apaisée entre les parties prenantes du projet ;
  • Les échanges récurrents lors de l’ensemble du processus de développement peuvent sembler être une perte de temps sur la durée du projet mais ils se ressentent positivement sur la qualité finale du produit ;
  • La nécessité d’avoir la possibilité de tester tôt dans le projet pour prévenir les anomalies majeures ou bloquantes au plus tôt dans le développement.

Cette expérience me permet aujourd’hui d’anticiper ce genre de problèmes, tout en développant mon empathie envers les acteurs métiers, vu que j’ai moi-même déjà été à leur place.

C’est lors de la création de notre site internet que j’ai eu ma première interaction avec le test logiciel.

Dorian Misser

Many similarities indeed

Valentine Lange, avant d’être testeuse, était traductrice.

La traduction nécessite de faire preuve de beaucoup de polyvalence (spoiler, j’adore ça !), entre les compétences linguistiques et techniques nécessaires, les recherches terminologiques, la connaissance des cultures et des langues sources et cibles. C’est cet aspect multitâche et adaptatif que je retrouve et que j’apprécie tout particulièrement dans le métier de testeuse. Il y a bien sûr une dimension technique propre à chacune de ces deux spécialités, la linguistique et l’informatique, qui requièrent des compétences spécifiques, mais on est amené à rencontrer des situations, des applications et des mécaniques variées.

Ces deux métiers exigent aussi une grande curiosité et une ouverture d’esprit. Il convient d’effectuer de nombreuses recherches et explorations pour nourrir ses choix et ses réflexions ainsi que pour enrichir son expérience. De l’organisation, de la rigueur sans oublier une touche de créativité s’avèrent être des qualités essentielles. Il me paraît important de développer ses capacités d’analyse et de réflexion pour s’adapter au mieux à la situation rencontrée et pour répondre à la demande exprimée. J’ai aussi appris à savoir faire preuve de flexibilité et à m’adapter aux différents outils, aux divers produits, aux multiples clients…

La communication représente un autre point commun important entre ces deux professions. J’ai acquis grâce à la traduction une bonne aisance rédactionnelle, qui me sera très utile dans le métier de testeuse. En effet, la lisibilité, l’argumentation et la clarté constituent des éléments indispensables à la mise au point de cas de tests et de reportings efficaces.

Je suis ravie d’avoir trouvé une nouvelle carrière qui me permet de réutiliser bon nombre de compétences et de qualités développées depuis de nombreuses années, et qui correspond tout autant à ma personnalité 🙂

Valentine Lange

Conclusion

La diversité des profils est l’une des grandes richesses du monde du test logiciel. Votre vie professionnelle vous a apporté de nombreuses compétences utilisables dans un grand nombre de métiers, à vous de vous essayer à cette profession si elle vous attire ! On vous attend !

Pourquoi utiliser un logiciel de gestion des tests plutôt qu’Excel ?

Dans cet article, Christelle Lam, férue de test et en poste chez Hightest depuis 1 an, explique la valeur ajoutée qu’apporte un logiciel de gestion des tests par rapport à un simple fichier Excel. Bonne lecture !

Dans le métier du test, il est fréquent de rencontrer des équipes où le cahier de tests et les rapports d’anomalies se trouvent sur un fichier Excel.

Source : TacticalProjectManager

Pourquoi avoir choisi d’effectuer ce travail à l’aide d’Excel ?

Je pense que bien souvent, c’est par manque de connaissance des logiciels existants très utiles à la gestion de tests.

Un gestionnaire de tests : Quèsaco ?

C’est un logiciel qui permet de gérer le cycle de vie des tests de la création de cas de test, à l’organisation de suites de tests jusqu’à l’exécution des tests, d’assurer la visibilité et la traçabilité des tests et plus si affinités.

Précédemment, nous avons parlé de Squash TM, mais il y en a d’autres comme HP ALM, Azure Test Plans, TestRail, TestLink, Refertest…

Du coup, pourquoi utiliser un gestionnaire de tests plutôt qu’Excel ?

Voici quelques raisons !

Gestion des scénarios de tests

Un gestionnaire de tests offre généralement des fonctionnalités avancées pour la gestion des scénarios de tests tels que la création structurée des scénarios, l’organisation hiérarchique, la gestion des versions, l’assignation des scénarios, le suivi de l’exécution, l’historique des résultats, la génération de rapports, l’intégration avec d’autres outils, automatisation des tests, permettant aux équipes de créer, organiser, exécuter et suivre les résultats de tests de manière plus efficace que ce qui est possible avec Excel.

Collaboration facilitée

Un gestionnaire de tests facilite la collaboration entre les membres de l’équipe de développement et de tests. Il offre souvent des fonctionnalités de partage, de commentaires et de suivi des modifications, ce qui peut être difficile à réaliser de manière efficace avec Excel.

Affectation des cas de test dans Squash TM

Intégration avec d’autres outils

Les gestionnaires de tests sont souvent conçus pour s’intégrer facilement avec d’autres outils de développement tels que les systèmes de gestion de versions, les environnements de développement intégrés et les outils de suivi de problèmes. Cela crée une intégration fluide de processus de développement global.

Génération de rapports de test

Un gestionnaire de tests fournit généralement des fonctionnalités avancées de génération de rapports, permettant aux équipes de tester de manière plus approfondie et de produire des rapports détaillés sur les résultats des tests. Cela peut être plus complexe à réaliser avec Excel.

Source : Squash TM

Réutilisation des scripts de test

Un gestionnaire de tests permet souvent la réutilisation des scripts de test, ce qui signifie que les tests peuvent être adaptés et exécutés à plusieurs reprises sans avoir à tout recréer à partir de zéro, ce qui peut être fastidieux avec Excel.

Gestion des données de test

Un gestionnaire de test peut offrir des fonctionnalités pour gérer efficacement les données de test, par exemple en séparant clairement l’espace de rédaction du scénario de test, et l’espace de déclaration des différentes données de test qui seront utilisées pendant la campagne. Excel ne permet pas cela facilement.

En conclusion, bien qu’Excel puisse être utilisé pour des tâches de base de gestion des tests, les gestionnaires de tests offrent des fonctionnalités plus avancées, une automatisation accrue et une meilleure gestion globale du processus de tests dans des environnements de développement logiciel complexe.

En espérant que cet article t’en a appris un peu plus et que dorénavant tu souhaites te faciliter la tâche en voulant utiliser un gestionnaire de tests plutôt qu’Excel.

N’hésite pas à prendre contact avec nous pour en discuter 😊

L’image de la couverture a été générée avec Midjourney

L’orthotypographie, votre prochaine obsession

Cet article a été écrit à 4 mains et 2 cerveaux, par Adrien Lavallière et Zoé Thivet

Dans le monde fascinant du développement logiciel, où les lignes de code s’entremêlent comme des lianes dans une jungle numérique, se cachent de redoutables prédateurs, tapis dans l’ombre, prêts à faire trébucher les QA les plus méthodiques : les bugs orthotypographiques.

Mais d’abord, qu’est-ce que l’orthotypographie, me direz-vous ? Le surnom snob de l’orthographe ? Non, pas du tout : c’est l’ensemble des règles d’usage qui concernent, non pas l’orthographe des mots, mais l’utilisation des règles de typographie, c’est-à-dire de mise en forme du texte. C’est le monde, finalement assez méconnu, des espaces, majuscules, des ponctuations, etc.

Pourquoi c’est important ?

L’attention portée à l’orthotypographie n’est pas (qu’)un délire de QA maniaques. En effet, bien que les défauts liés à cet aspect aient peu de chances d’avoir un impact fonctionnel, ils n’en restent pas moins des défauts visibles par tout le monde, très rapidement et avec peu d’efforts, au même titre que les fautes d’orthographe de manière générale.

Deux impacts possibles : 

  • Chez les bénéficiaires de l’application : baisse de confiance envers le produit. Par une sorte d’effet de halo négatif, la perception générale de la qualité de l’application va pâtir de cette première impression.
  • En interne : baisse de la rigueur de la part des équipes techniques. Puisque telle ou telle maladresse orthotypographique est “passée” une fois, alors (souvent inconsciemment) il devient acceptable de manquer de rigueur sur ces aspects, et peut-être sur d’autres.

Cela ne fait pas envie. Voici donc un aperçu non exhaustif du bestiaire que l’on est amené à rencontrer lors de croisades contre ces défauts !

Les problèmes de majuscules

Que cela soit une mauvaise utilisation des majuscules en début de phrase ou sur les noms propres, les erreurs de majuscules font partie du monde de l’orthotypographie. Elles peuvent parfois avoir une incidence sur le sens de la phrase. Exemple : “Vous aussi vous aimez la Chine ?” et “Vous aussi vous aimez la chine ?” ne mettront pas d’accord les fans de voyages et de brocantes.

Elle collectionnait les lacets de chaussure de tous les pays d’Europe et pour ce faire, parcourait tous les vide-grenier qu’elle pouvait. Elle aimait vraiment la Chine.

Combo ultime : les majuscules accentuées. En effet, c’est un grand sujet de débat dans de nombreux projets informatiques ! Et comme l’explique parfaitement le site du Projet Voltaire sur son article des majuscules accentuées, c’est une controverse qui ne date pas d’hier. Plusieurs raisons expliquent cette absence. En premier lieu, les contraintes techniques : les machines à écrire ne possédaient pas ces caractères, et dans l’imprimerie traditionnelle les caractères étaient souvent indisponibles et leur composition manuelle fastidieuse. Omettre ces accents facilitait l’apprentissage. Mais aussi, certaines personnes trouvaient que les accents sur les majuscules étaient inesthétiques ou perturbaient la fluidité de la lecture.

Toutefois, les technologies modernes ont changé cette manière de penser. À l’ère de l’informatique, il est beaucoup plus simple de nos jours de mettre en place ces majuscules accentuées. En outre, ces absences d’accents peuvent créer des ambiguïtés aussi bien sur la prononciation que sur le sens d’une phrase.

Pour vous aider, voici un petit récapitulatif de ces majuscules “spéciales” (n’hésitez surtout pas à vous servir d’un pense-bête tel qu’un post-it pour ne pas trop encombrer votre cerveau) : 

CaractèreWindowsMac
ÀAlt + 183 ou Alt + 0192Verr. Maj. + 0
ÉAlt + 144 ou Alt + 0201Verr. Maj. + 2
ÈAlt + 212 ou Alt + 0200Verr. Maj. + 7
ÇAlt + 128 ou Alt + 0199Verr. Maj. + 9

A l’abordage !

Les problèmes de ligatures

Pour rester dans le monde des caractères spéciaux, d’autres erreurs comme l’absence de ligature typographique peuvent être remontées. Nous parlons ici des “oe” qui devrait plutôt être sous la forme “œ” (Alt + 0156) ou des “ae” pour “æ” (Alt + 0230). Ce qui permet de dire sans faute que vous avez rédigé votre curriculum vitæ ou bien que vous avez plusieurs œufs dans votre panier !

Meilleurs voeux !

Les problèmes de ponctuation

Tout comme les majuscules, les problèmes de ponctuation peuvent aussi altérer le sens de la phrase.

Exemple : Prenons l’exemple d’une phrase bien connue : « Il est tard. Et si on mangeait, les enfants ? », cela fait de vous une personne responsable, souhaitant la survie de ses progénitures. Alors que dire « Il est tard. Et si on mangeait les enfants ? », fait de vous… Attendez, ne bougez surtout pas – « Oui ? Allô, police ?… »

Point bonus accordé aux personnes qui font attention à la ponctuation des titres et des sous-titres ! Car en effet, ces derniers ne comportent pas de point à la fin même quand il s’agit d’une phrase complète.

Les QA disent les bugs sont très coriaces

Les problèmes d’espacements

Les problèmes d’espacement sont d’autant plus traîtres que les règles sont parfois inversées par rapport à l’anglais.

Exemple :  En français, on ménage toujours une espace insécable (oui, au féminin !) avant le signe des deux points ; en anglais, jamais.

Mais une espace insécable, qu’est-ce que c’est ?

Une espace insécable, c’est une espace qui joue un rôle de “colle” entre le signe qu’elle précède et le signe qu’elle suit. C’est-à-dire que si la phrase est trop longue et nécessite un retour à la ligne, il faudra tenir compte de cette colle.

Si la phrase est “À 19 h 01, le mardi 6 février 2024, elle se dit : « Je le savais ! »”, il y a plusieurs espaces insécables, qui lient les signes suivants : 

  • 19 h 30 (deux espaces insécables : une avant et une après le “h”)
  • mardi 6 février 2024 (trois espaces insécables, une entre chaque mot)
  • dit : (une règle empirique est qu’en français, lorsque le signe de ponctuation est double, il y a une espace insécable devant)
  • « Je (toujours une espace insécable après le guillemet ouvrant)
  • savais ! » (le point d’exclamation est une ponctuation double, et il y a toujours une espace insécable avant le guillemet fermant)

Typiquement, dans un code HTML, vous trouverez des espaces insécables sous forme de  .

« Oh non, ce n’est vraiment pas très beau
! »

Les problèmes de mise en forme

Le dernier type d’erreurs que nous citerons aujourd’hui est celles qui concernent la mise en forme. Et dans cette catégorie, nous pouvons inclure bon nombre d’erreurs tout comme les paragraphes mal indentés, les alignements incorrects du texte ou encore les polices de caractères inappropriées.

Bien évidemment, c’est bizarre

Conclusion

Au travers de ce bref aperçu, vous avez peut-être découvert quelques problèmes insoupçonnés. Encore une illustration que le monde de la qualité logicielle se nourrit de nombreuses spécialités et domaines d’expertise !

À (Alt+0192 ;)) bientôt pour de nouveaux articles !

Green IT : où en est la Nouvelle-Calédonie ?

Dans l’article précédent, nous présentions la démarche qui nous a animée ces derniers mois chez Hightest dans l’optique de mener un audit green IT et d’accessibilité sur l’ensemble des sites web de Nouvelle-Calédonie. Dans cet article, nous allons voir les résultats du premier audit que nous avons pu mener sur la base de la liste de quelque 2400 sites web calédoniens que nous avons pu constituer !

Outillage

Pour mener l’audit green IT sur cette liste, c’est l’outil d’analyse EcoIndex qui a été utilisé, sur conseil de notre confrère Xavier Liénart, expert du domaine. Il s’agit d’un outil open-source et sans visée commerciale, développé et mis à jour par le Collectif Green IT.

EcoIndex a permis d’obtenir, pour chaque URL testée, les informations suivantes :

  • Un score
  • Une note
  • Le poids de la page
  • Le nombre de nœuds sur la page
  • Le nombre de requêtes envoyées au moment du chargement de la page.

Un élément important à avoir en tête est que ce sont uniquement les pages d’accueil des sites web calédoniens qui ont été analysées.

Penchons-nous un peu sur ces différents indicateurs.

Un score et une note green IT ?

Le score et la note sont calculés par EcoIndex lui-même et n’ont pas de valeur en-dehors de l’outil. Ils permettent simplement de se faire une première idée (ou une première frayeur…)

Le poids d’une page ?

Le poids d’une page web représente la quantité totale de données que le navigateur doit télécharger pour afficher la page complète. Ainsi, plus il y a de contenus multimédias, plus la page « pèse » lourd. La consommation est encore plus élevée sur des réseaux lents et/ou des appareils mobiles (car l’appareil doit rester actif plus longtemps).

Pour optimiser le poids d’une page web, il est en général recommandé de compresser les images, de minimiser le code CSS et JavaScript non essentiel, et d’utiliser des techniques de chargement asynchrone pour réduire la quantité de données transférées.

Mais au-delà de l’optimisation, un travail de réduction est à envisager. Cette image, peut-on s’en passer ? Idem pour les animations.

Le nombre de nœuds d’une page ?

Les nœuds d’une page web sont les différents éléments de sa structure (le « body » d’une page HTML est un nœud, une image est un nœud, un paragraphe est un nœud…). Un grand nombre de nœuds entraîne une charge de travail plus importante pour le navigateur et une consommation d’énergie accrue. Dans une optique green IT, il est donc recommandé de réduire le nombre de nœuds, ou éventuellement d’utiliser des techniques de chargement progressif de la page.

Le nombre de requêtes envoyées par une page ?

Une page web est un document, qui bien souvent fait appel à d’autres documents pour bien s’afficher. Une image doit s’afficher dans la page ? Une requête est envoyée au serveur pour aller la chercher. Une feuille de style ordonne l’apparence de la page ? De la même façon, ce fichier doit être récupéré sur le serveur. Un script permet d’afficher telle ou telle animation ? Même chose. À noter que ces requêtes peuvent être envoyées sur le même serveur que celui qui héberge la page, ou sur un autre. Regrouper les fichiers ou utiliser la mise en cache sont des techniques préconisées pour réduire l’impact environnemental lié à ces requêtes. Mais aussi, évidemment, simplifier la page et son fonctionnement.

Alors, les résultats ?

Un constat a pu être fait très tôt dans l’analyse : beaucoup des meilleures notes ont été attribuées à des sites en construction qui avaient échappé à notre filtre. Nous avons donc écartés ces sites car hors de notre périmètre cible, ce qui a fait descendre la taille de l’échantillon à 2231. Cela rappelle que ce n’est donc pas parce qu’un site est « écologique » qu’il est écoconçu ; cela peut être simplement parce qu’il ne propose guère de contenu !

Suite à cet ultime écrémage, l’analyse EcoIndex lancée sur les sites web calédoniens a permis de constater les résultats suivants.

Des scores en courbe de Gauss triste

Sur EcoIndex, les scores des pages sont notés de A à G. La lettre A est attribuée aux sites les plus économes, la lettre G est attribuée aux sites les plus énergivores et impactants au niveau écologique.

La note la plus fréquente est E, ce qui tire la courbe de Gauss vers le côté obscur.

La répartition est la suivante :

NoteNombre de sites
A89
B195
C431
D524
E562
F341
G89

Les chiffres !

Poids des pages

Alors qu’EcoIndex préconise un poids maximum cible de 1,084 mégaoctets pour une page web, la moyenne des pages calédoniennes analysées est de 4,087 Mo, et la médiane à 2,824 Mo.

À titre de comparaison, EcoIndex partage les résultats de l’ensemble de ses >200 000 analyses précédentes (donc, sur un échantillon beaucoup plus vaste que la Nouvelle-Calédonie), et ceux-ci révèlent un poids médian de 2,41 Mo.

Les pages web calédoniennes analysées sont beaucoup plus lourdes que ce que préconise EcoIndex.

Nombre de noeuds

Pour ce qui est de la complexité des pages, basée sur leur nombre de nœuds, EcoIndex préconise une cible de maximum 600 nœuds. La moyenne calédonienne est à 810 nœuds, et la médiane à 617, c’est-à-dire un score très proche de la cible. La médiane de l’ensemble des pages web analysées par EcoIndex est à 693.

En termes de complexité, les pages web calédoniennes analysées sont quasiment conformes à la préconisation EcoIndex.

Nombre de requêtes

Combien de requêtes envoient les pages d’accueil des sites web calédoniens ? En moyenne, 98, et le nombre médian est de 86. Le nombre médian pour l’ensemble de tous les résultats EcoIndex est de 78, avec une cible préconisée de 40 requêtes.

Les pages web calédoniennes analysées envoient deux fois plus de requêtes que ce que préconise EcoIndex.

Et maintenant… la question qui tue !

Est-ce pire qu’ailleurs ?

Difficile de consulter ces résultats calédoniens sans se demander : « Faisons-nous pire qu’ailleurs ? » Au sein de la commission NID, c’est une question qui s’est posée dès le début : aurons-nous la possibilité de comparer les résultats avec ailleurs ? C’est donc une chance qu’EcoIndex partage les chiffres obtenus sur les autres sites !

Mais quelle conclusion tirer de ces chiffres ? Les écarts sont-ils significatifs ? Parole à notre confrère Thomas Avron, de la société Apid ; datascientist, il est accoutumé à ce type de questions.

Parole à Thomas Avron

La question que l’on va se poser sur l’échantillon des sites de Nouvelle-Calédonie est la suivante : sa distribution est-elle la même que celle de l’ensemble des analyses faites par EcoIndex ?

Poids des sites

Nous savons que le poids médian de l’ensemble des sites analysés par EcoIndex est inférieur à celui des sites du territoire. Comme nous n’avons pas la certitude que la distribution de notre échantillon suit une loi Normale (la fameuse courbe de Gauss, centrée sur la moyenne et en forme reconnaissable de cloche), nous allons donc utiliser un test non-paramétrique pour voir si la distribution des données est la même pour les deux groupes (EcoIndex et NC)… Ou si elle est différente.

Le test utilisé est le test U de Mann-Whitney aussi appelé test de Wilcoxon. Et d’après ses résultats, on peut dire que la médiane de notre échantillon de sites calédoniens est significativement différente de la médiane des poids de l’ensemble des sites analysés par EcoIndex !

Aïe ! Comme notre médiane est significativement au-dessus du total des sites analysés, on en conclut que nos sites locaux sont globalement plus lourds que ceux de l’extérieur. Et ce n’est pas un effet statistique.. La bonne nouvelle est la suivante : avec un tel résultat, on ne peut que s’améliorer !

Nombre de nœuds

Pour ce qui est du nombre de nœuds, nous sommes bons élèves : nos pages (avec le même test non paramétrique que pour les poids médians) sont significativement moins complexes. Pour autant, avec un nombre moindre de nœuds, nous avons des pages plus lourdes. Mais l’étude des écarts types révèlent que dans l’échantillon calédonien, il y a une très forte variabilité ! Que ce soit pour le poids, la complexité, ou le nombre de requêtes.

Nombre de requêtes

Et pour ce qui est du nombre de requêtes, il est significativement plus élevé dans les pages d’accueil de nos sites web calédoniens. Devons nous en conclure que tous les sites calédoniens sont moins “green” que leurs homologues du reste du monde ? En moyenne on le pourrait mais il faut se méfier des moyennes. La variabilité forte de l’échantillon calédonien révèle tout de même que nous avons des sites web très bien classés et qui se défendent bien au regard des objectifs, pourtant ambitieux, d’EcoIndex. Alors haut les cœurs ! Nous avons des efforts globaux à faire mais la compétence pour faire des sites de qualité est là !

Conclusion à six mains

Ce comparatif ne joue pas en notre faveur. Plus lourds alors que moins complexes, un plus grand nombre de requêtes… les sites calédoniens dans leur ensemble ne sont pas les bons élèves du green IT.

Et au-delà de ce comparatif avec les autres sites, l’objectif à avoir en tête est bien celui proposé par EcoIndex ; à ce titre, seule une très faible proportion de sites passe le test avec succès. Quand il s’agit de performance environnementale, nous n’irons nulle part, collectivement ni individuellement, si notre unique souci est de “ne pas faire pire que les autres”.

Sensibilisons-nous donc au plus tôt aux bonnes pratiques d’écoconception des sites web, et s’il n’est pas possible d’améliorer l’existant dans l’immédiat, engageons-nous à en faire une priorité sur tout nouveau projet !

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Ont contribué à cet audit : 

Xavier Liénart, MSI : expertise green IT, conseil technique notamment sur le choix de l’outil, contribution aux articles

Maeva Leroux : suivi de l’audit et animation de l’équipe, contribution à l’audit, conseil, veille technologique

Thomas Avron, APID : expertise en statistiques, interprétation des résultats, contribution au présent article

Mehdi Hassouni : commanditaire de l’audit dans le cadre de la commission NID du cluster OPEN NC

Le contact Hightest est Zoé Thivet : pilotage de l’audit et de la rédaction des articles, constitution du jeu de données, collecte automatisée des résultats EcoIndex

Et bien sûr un grand merci au Collectif Green IT pour son outil EcoIndex !

Pssst… ce n’est pas fini ! Sur le même échantillon de sites, un audit sera mené prochainement sur l’accessibilité !

Le web calédonien au peigne fin : coulisses d’un audit

Nous en parlions précédemment ; l’écoconception et le green IT de manière générale représentent désormais un aspect crucial lorsqu’on se lance dans la création d’un produit numérique, quel qu’il soit.

En 2024, ces concepts sont encore trop méconnus du grand public (et aussi des personnes qui travaillent dans le secteur informatique !) alors même que ces problématiques concernent tout le monde. Alors comment faire pour que tout le monde se sente réellement concerné ? Notre hypothèse : en donnant des chiffres précis qui permettent d’y voir plus clair ! D’où l’intérêt de lancer un audit sur l’ensemble des sites web de Nouvelle-Calédonie.

Oui, tous les sites web actifs dont l’extension est en « .nc » !

Et dans un premier temps, on va vous dire comment on a procédé pour trouver cette liste de sites !

Avertissement préalable : la page web que vous êtes en train de consulter n’est pas écoconçue. Si lancez une analyse dessus, vous ne trouverez pas un bon résultat. Nous ne nous déchargerons pas du problème en disant que les cordonniers sont les plus mal chaussés ; c’est une problématique que nous avons en tête et qui sera présente lors de la prochaine refonte de notre site web. Fin de la parenthèse ; bonne lecture !

L’origine de cet audit

Pendant quelques mois, notre société Hightest a consacré du temps, à titre bénévole, à une commission nommée NID au sein du Cluster OPEN (Organisation des Professionnels de l’Economie Numérique de Nouvelle-Calédonie). Pourquoi NID ? Pour Numérique Inclusif et Durable, ce qui englobe des questions aussi larges et passionnantes que l’accessibilité, la performance environnementale des sites web, l’accès au numérique au plus grand nombre, ou encore la valorisation du matériel informatique inutilisé. Une opération d’envergure de la commission NID, la Grande Collecte Numérique, a permis par exemple de donner une seconde vie à un grand nombre de PC qui « dormaient » dans nombre d’entreprises (dont Hightest !) ; ces PC sont désormais au service d’associations locales.

Parmi les nombreux projets de cette commission, il existait un souhait de réaliser un audit de performance environnementale des sites web calédoniens. Une mission que nous avons acceptée, en même temps que celle d’auditer l’aspect accessibilité. Nous avions déjà effectué un exercice similaire en 2018 avec ces premiers chiffres sur l’accessibilité des sites calédoniens.

Nous avons pris plaisir à travailler sur ce projet et espérons qu’il permettra de favoriser de meilleures pratiques en termes de performance environnementale des sites web.

Le principal challenge a été de trouver le bon jeu de données, car c’est bien de vouloir faire un audit, mais quels sites analyser ? Etonnamment peut-être, c’est le chantier qui a pris le plus de temps et de réflexion, et qui est retracé dans cet article ; ce qui a suivi a été une part de gâteau.

Critères de sélection des sites à analyser

Pour mener à bien cette sélection de sites, les quelques lignes directrices suivantes ont été respectées :

  • Analyse de tous les sites dont l’extension est « .nc », avec acceptation du risque qu’une petite partie de ces sites pourraient être des sites non calédoniens
  • Mise à l’écart des sites :
    • Vides
    • En construction
    • En maintenance
  • Automatisation au maximum du processus de sélection des sites

Récupération de tous les domaines en « nc »

Maeva Leroux, notre contact principal au sein de la commission NID, nous a fourni cette page listant l’ensemble des sites web dont l’extension est « nc ». Pour extraire cette liste, nous avons utilisé le moyen du bord qui nous passait sous la main, à savoir l’extension Chrome XPath Helper, bien utile pour l’automatisation des tests web.

Il a suffi de saisir le xPath « //a[contains(@href, ‘.nc’)] » et de récupérer le texte des résultats. Près de 7000 URLs ont ainsi été récupérées très rapidement.

Ces URLs ont été stockées dans un fichier csv, après avoir été préalablement préfixées par « http:// ».

Vérification des codes de statut HTTP

Cette première liste n’était que notre matière première brute : il s’agissait en effet uniquement de noms de domaines, et non pas des sites web effectivement liés à ces noms de domaines. Il peut arriver qu’une personne ou une organisation achète un nom de domaine et n’en fasse rien. Il n’y a donc pas d’analyse à envisager sur ce genre de donnée vide.

C’est à ce moment que nous avons utilisé un autre outil pour vérifier ces noms de domaines : Postman. Postman est un outil de développement et de test qui permet notamment d’interagir avec des API et d’envoyer des requêtes HTTP à des serveurs pour tester la disponibilité des sites web.

Dans notre cas, c’est ce deuxième usage qui nous a intéressé.

Une requête très simple a été créée dans une nouvelle collection Postman, c’est-à-dire un ensemble organisé de requêtes qui peut être lancé selon des paramètres spécifiques. Cette requête a été programmée pour contrôler les codes de statut HTTP de chacune de ces URL. Ce que l’on recherche, c’est une liste d’URL renvoyant le code 200, qui signifie que l’adresse a pu être atteinte avec succès. Un log d’info a également été ajouté pour pouvoir récupérer facilement le résultat des tests à la fin.

La collection a ensuite été jouée en utilisant, en donnée d’entrée, le fichier des URLs mentionné précédemment. Il n’y a plus qu’à attendre ! Voici à quoi ressemblent les résultats dans la console Postman :

Cela a beaucoup allégé la liste, puisqu’elle est passée de 6908 noms de domaine à un peu moins de 4000.

Mais ce n’est pas fini !

Validation des sites

Tentative 1 : screenshots en folie

Afin d’optimiser les résultats de l’audit, nous souhaitions laisser hors de notre périmètre d’étude les sites en construction. Nous avons donc imaginé une solution automatisée, qui génère un screenshot de chaque page d’accueil et range ce screenshot dans un dossier. Cela avait pour objectif de faciliter la revue des sites, en permettant de visualiser rapidement les screenshots sans avoir à ouvrir un navigateur, attendre que la page charge, etc.

Nous n’aurions peut-être pas eu l’idée d’utiliser JUnit et Selenium pour réaliser ce travail si nous n’étions pas en contact avec ces outils à longueur de journée. Cela peut peut-être donner l’impression que « pour qui possède un marteau, tout ressemble à un clou » ! Mais peu importe ; ce code jetable a bien rempli son usage, et nous avons pu générer les screenshots voulus.

Le dossier de sortie, en train de se remplir de screeenshots :

Est venue ensuite la partie la plus fastidieuse : consulter chaque screenshot afin de dresser la liste finale des URL. Comment faire pour que cette analyse dure le moins de temps possible et surtout ne soit pas un calvaire pour la ou les personnes qui s’en chargent ?

Tentative 2 : affinage de la liste en automatique

Après une première tentative d’analyse à l’œil humain, il est apparu que cela prendrait beaucoup trop de temps ; non seulement parce que la liste était longue, mais aussi parce que beaucoup de screenshots révélaient que le site était en construction (ou tout simplement vide) et qu’il fallait donc l’écarter. Pas question d’infliger ce travail rébarbatif à qui que ce soit !

Il a donc été temps de trouver une solution de « dégrossissement » automatique, qui permette de filtrer davantage ces sites. Qui dit « automatique » dit aussi « moins fin » ; nous courions donc le risque de passer à côté de certains jeux de données légitimes. Tant pis : done is better than perfect.

Voici la nouvelle règle pour la génération des screenshots, inspirée par les conseils de Xavier Liénart (merci à lui !) :

  • La page web doit contenir au moins une image
  • La page web doit contenir au moins un lien interne (typiquement : onglet de menu)
  • La page web ne doit pas contenir certains termes très spécifiques tels que Plesk (le nom d’une interface de gestion de serveurs très répandue, et qui signale de fait que le site est en construction)

Le script Selenium est donc ajusté en fonction :

Après lancement de ce script, le nombre de sites à analyser à considérablement baissé. Nous voilà à présent avec un peu moins de 2400 screenshots. Après analyse d’un échantillon aléatoire de ces screenshots, le résultat est concluant et ne nécessitera pas de nouveau filtre.

Cette liste de sites est donc désormais notre outil de travail, notre précieux !

À ce stade, il n’y avait plus qu’à lancer l’audit sur cette liste de sites, ce dont nous parlerons dans le prochain article. À très bientôt !

[WEBINAR] Carrière informatique à Nouméa, osez le grand saut !

L’informatique en Nouvelle-Calédonie est, comme partout, un secteur très dynamique et en constante recherche de nouveaux talents.

Ce qui est dommage, c’est que ce territoire est encore à ce jour assez méconnu, et que beaucoup de personnes passent encore à côté de ce choix de vie pourtant fantastique !

C’est donc avec beaucoup de plaisir que nous avons concocté et animé ce webinar avec Céline Quevilly (Tealforge), Elodie Luz (Atlas Management), Laurent Rivaton (Addo).

L’idée était de faciliter la prise de décision en donnant un maximum d’informations concrètes sur le territoire et son tissu numérique. Nous avons parlé sans tabou aussi bien des bons moments que des éventuelles galères que l’on peut rencontrer en découvrant le territoire.

A (re)découvrir sur Youtube !

Atelier « Visions de la qualité »

Objectif de l’atelier

Vous souhaitez provoquer des discussions de fond sur le thème de la qualité logicielle, entre des personnes qui travaillent ensemble mais n’ont peut-être jamais eu l’occasion d’en parler directement ? Cet atelier est fait pour vous !

Lors de cet atelier, les personnes vont :

  • Exprimer des représentations, besoins, ressentis et autres visions subjectives de la qualité logicielle
  • Apprendre à mieux se connaître les unes les autres
  • Prendre conscience des différences de points de vue, pour mieux travailler ensemble au quotidien
  • Eventuellement corriger des idées reçues, en bonne intelligence

Avertissement important : c’est un atelier qui est là avant tout pour que les membres d’une équipe se connaissent mieux professionnellement, pas pour juger dans l’absolu « qui a raison » !

Cet atelier n’est pas forcément recommandé aux équipes qui traversent de fortes tensions. Dans tous les cas, sa facilitation nécessite un soin particulier. Votre équipe en ressortira grandie.

Préparation de l’atelier

Pour mener à bien cet atelier en présentiel, il vous faudra :

  • 3 personnes + 1 guide de jeu. S’il y a plus de 3 personnes, compter 3 équipes de N personnes + 1 guide de jeu.
  • Des cartes « Visions de la qualité », faites maison c’est mieux ! Le principe : chaque carte contient une phrase plus ou moins clivante sur le thème de la qualité logicielle.
  • Une salle avec une table centrale, pour y poser les cartes « Visions de la qualité »

La posture de guide de jeu

La personne qui endosse le rôle de guide de jeu se prépare à :

  • Faciliter les échanges en établissant un cadre d’ouverture et de respect
  • Faire en sorte que la parole soit équitablement répartie
  • Prendre des notes pendant l’atelier
  • Faire une synthèse de ce qui a été exprimé pendant l’atelier

Déroulement de l’atelier

Les cartes « Visions de la qualité » sont réparties en tas thématiques au milieu de la table, face cachée.

Lors de la première session, l’équipe 1 pioche une carte sur la pile de son choix et la lit à voix haute. L’équipe se concerte rapidement pour choisir de défendre ou contredire ce qui est écrit, puis se lance. En fonction du temps dont vous disposez, cette prise de parole peut être limitée, à 2 minutes par exemple.

A la fin de ce « plaidoyer », l’équipe 2 doit tenter de défendre l’avis contraire à l’équipe 1.

L’équipe 3 doit ensuite synthétiser le débat et attribuer le point à l’équipe qui, selon elle, a été la plus convaincante.

Pendant tout cet échange, la personne qui endosse le rôle de guide de jeu prend des notes. Elle pourra ensuite envoyer une synthèse des résultats de l’atelier.

Ensuite, ça tourne ! Ainsi, lors de la deuxième session, l’équipe 2 tire une carte et fait son plaidoyer, l’équipe 3 contredit et l’équipe 1 arbitre.

Autant de sessions que de cartes peuvent avoir lieu, mais en pratique les débats peuvent prendre un peu de temps et ce n’est pas forcément possible de tout parcourir en une fois. Pas grave : conservez les paquets de cartes et proposez un nouvel atelier quelques mois plus tard !

Exemples de cartes

Pour confectionner vos carte « Visions de la qualité », vous pouvez noter des phrases que vous avez entendues au fil du temps ; des phrases auxquelles vous adhérez mais aussi des phrases avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord. Vous pouvez bien sûr créer d’autres catégories ou remanier celles présentes ci-dessous.

Gestion de projet

  • « Le test représente souvent un goulet d’étranglement dans un projet. »
  • « Pour un projet donné, on ira plus vite avec 5 personnes qui développent, plutôt que 4 qui développent et une qui teste. »
  • « Le test est à un projet ce qu’un complément alimentaire est à un corps humain : sympa, mais pas essentiel. »
  • « Le nombre de cas de test joués est un bon indicateur de performances. »
  • « La véritable mission des tests est de prévenir les bugs, plutôt que simplement les trouver. »

Pratiques de test

  • « Les tests d’une fonctionnalité commencent quand elle a été développée. »
  • « Il est important de suivre strictement les scénarios de test sans dévier. »
  • « Les tests sont déduits logiquement des spécifications fonctionnelles. »
  • « Vérifier et valider, c’est la même chose, ce sont des synonymes. »
  • « Le test ne peut avoir lieu que si les spécifications sont complètes. »

Rôles et responsabilités

  • « Comme les devs connaissent bien le produit, ce sont ces personnes qui sont les plus à même de trouver des tests pertinents à faire. »
  • « Dans un projet agile, c’est à l’équipe de test de rédiger les tests d’acceptation d’une User Story. »
  • « Dans un esprit d’agilité, c’est plutôt l’équipe de développement qui fait les tests. »
  • « Les tests fonctionnels sont du ressort du métier, et les tests techniques sont du ressort des profils techniques. »
  • « L’équipe de test est garante de la qualité logicielle. »
  • « Pour bien tester, il faut avoir accès à la base de données de l’appli. »

Tech

  • « Les tests à automatiser sont ceux qui couvrent les fonctionnalités les plus critiques. »
  • « L’automatisation des tests doit démarrer juste après la première mise en production d’une application donnée. »
  • « L’objectif premier des tests automatisés est de réduire la durée des campagnes de test. »
  • « C’est à la fin du projet qu’il est le plus pertinent de procéder à des tests de charge. »
  • « Les tests manuels deviennent peu à peu obsolètes à l’ère de l’automatisation. »
  • « Les tests de sécurité constituent un domaine à part et ne concernent pas les profils de test lambda. »
  • « Une bonne qualité de code suffit à éliminer la plupart des bugs. »

Bonne session de jeu ! Envoyez-nous votre feedback, et aussi si vous le souhaitez, les phrases que vous avez rajoutées !

4 manières de conjuguer green IT et accessibilité

Votre éthique professionnelle vous pousse à réfléchir à des solutions qui soient à la fois inclusives et durables. Et vous n’avez aucune raison de choisir entre green IT et accessibilité ! Dans cet article, nous vous proposons 4 points concrets à passer en revue pour conjuguer ces deux exigences.

NB : cet article ne s’adresse pas spécifiquement aux QA, mais aussi à toute personne impliquée dans la conception et la création de produits numériques !

1. Parlez-en à un stade précoce des projets

L’accessibilité et la performance énergétique partagent un point commun : elles ne concernent pas les fonctionnalités de ce que vous allez offrir (le « quoi »), mais plutôt les caractéristiques de la manière dont votre solution est conçue et fonctionne (le « comment »).

Comme tous les aspects non-fonctionnels d’un produit, elles ont malheureusement tendance à être étudiées trop tard, voire complètement oubliées.

Afin de maximiser vos chances de succès, intégrez ces problématiques dès le cadrage de vos projets, pour établir clairement les objectifs et identifier les ressources nécessaires.

Lors de la conception du produit, faites en sorte que ces sujets soient incontournables. Par exemple, lors de la définition des objectifs initiaux du projet, vous pouvez spécifier des critères d’accessibilité mesurables, tels que la conformité aux WCAG (Web Content Accessibility Guidelines). Pour la performance énergétique, cela peut être un score Ecoindex à viser.

Y penser dès le début est susceptible d’orienter les choix de certaines solutions technologiques, mais aussi de vous faire gagner du temps.

2. Pensez “Less is more”

L’utilisation de produits numériques peut être pénible pour une personne porteuse d’un handicap. Proposer un nombre restreint de fonctionnalités, avec un contenu qui va droit au but et sans fioritures inutiles, représente une réelle valeur ajoutée. D’ailleurs, comme presque tout ce que vous proposerez pour favoriser l’accessibilité, cela profitera également aux populations non porteuses de handicap ! Une expérience plus fluide est un atout pour l’ensemble de votre cible.

Moins de fonctionnalités signifie moins de requêtes envoyées aux serveurs, moins de code à maintenir… Et cela représente donc également un gain en termes de performance environnementale.

Faites l’expérience pour vous entraîner. Consultez vos sites web préférés et demandez-vous : qu’y a-t-il en trop ? Qu’est-ce qui m’est réellement utile ? Vous en ferez vous-mêmes le constat : au quotidien, vous nagez dans les images inutiles (non informatives) et dans des animations qui ne font rien d’autre que vous ralentir. Et aussi, dans les features qui ont pris un temps fou à développer, mais qui ne correspondent tout simplement pas à votre usage.

3. Texte > Image > Vidéo

On dit qu’une image vaut mille mots. Cela signifie communément qu’une image peut transmettre une information beaucoup plus facilement qu’un texte. C’est, en effet, parfois vrai.

Mais d’un point de vue green IT, on pourrait dire aussi qu’une image “coûte” mille mots… ou beaucoup plus, en fonction de la taille de l’image et de sa résolution !

Et c’est sans parler des vidéos, particulièrement énergivores.

Un simple texte est le support qui est à la fois le plus accessible et le plus performant d’un point de vue environnemental.

  • Un texte peut être lu “tel quel”, ou bien être agrandi d’un simple clic, ou encore être lu par synthèse vocale ou même en braille.
  • Il peut être rapidement mis à jour, ce qui réduit à la fois l’empreinte énergétique et le budget de maintenance.
  • Il se charge beaucoup plus rapidement que toute autre ressource.

Cela ne veut pas dire que les images et les vidéos sont à bannir, mais il faudra veiller à ne conserver que celles qui apportent le plus de valeur ajoutée, et à optimiser leur compression.

4. Les valeurs d’abord, les actions ensuite

La performance énergétique et l’accessibilité ne sont pas des sujets anodins. Loin d’être de simples concepts techniques, ce sont des engagements envers un avenir meilleur. Affirmer leur importance au sein d’une organisation, en les portant au rang de valeurs, donne une signification décuplée à la démarche… et certainement aussi, beaucoup plus d’enthousiasme aux équipes, à l’heure où une grande part de la population souffre d’éco-anxiété et d’un sentiment général de perte de sens. 

A lire pour aller plus loin : le manifeste agile radical.

 

Cet article a été écrit dans le cadre de notre participation à la commission NID (Numérique Inclusif et Durable) de l’organisation OPEN NC. Il bénéficie de la précieuse contribution de Xavier Liénart (MSI), dont la relecture a permis d’enrichir le fond de l’article.

 

Découvrez d’autres articles sur l’accessibilité

Quelques RIB et IBAN fictifs pour démarrer son jeu de données

Vous testez un logiciel contenant un formulaire qui demande de saisir un RIB ? Voici quelques éléments pour vous aider !

Les différentes parties d’un RIB

Un RIB se compose de 23 caractères répartis en 4 éléments :

  • Le code banque (5 chiffres)
  • Le code guichet (5 chiffres)
  • Le numéro de compte (11 chiffres et/ou lettres)
  • La clé RIB (2 chiffres)

Peut-on « inventer » un RIB ?

Oui et non.

Non, parce qu’on ne peut pas « imaginer » un RIB de tête, parce que la clé RIB doit être le résultat d’un calcul que vous ne ferez pas facilement de tête !

Oui, parce qu’il n’y a pas besoin que le RIB existe « dans la vraie vie » pour valider le formulaire de saisie.

Tout est donc dans la clé RIB.

Quelques exemples de RIB et IBAN fictifs et bien formés

Ces RIB sont destinés à réaliser des tests passants de validation de RIB. N’effectuez pas de transactions en utilisant ces RIB et IBAN. Si vous devez effectuer des tests de virements réels, constituez votre propre jeu de données en bonne intelligence avec le reste de votre équipe.

  • Faux RIB avec le code banque de la BCI (Banque Calédonienne d’Investissement) : 17499 12345 12345678901 53
    • IBAN associé : FR7617499123451234567890153
  • Faux RIB BNC (Banque de Nouvelle-Calédonie) : 14889 12345 12345678901 28
    • IBAN associé : FR7614889123451234567890128
  • Faux RIB BNP Paribas Nouvelle-Calédonie : 17939 12345 12345678901 81
    • IBAN associé : FR7617939123451234567890181
  • Faux RIB OPT NC (Office des Postes de la Nouvelle-Calédonie) : 14158 12345 12345678901 97
    • IBAN associé : FR7614158123451234567890197
  • Faux RIB SGCB (Société Générale Calédonienne de Banque) : 18319 12345 12345678901 17
    • IBAN associé : FR7618319123451234567890117
  • Faux RIB avec des zéros à gauche (hors clé RIB) : 01234 09999 01234567890 46
    • IBAN associé : FR7601234099990123456789046
  • Faux RIB avec zéro au début de la clé RIB : 12345 12345 01234567890 06
    • IBAN associé : FR7612345123450123456789006
  • Faux RIB avec un numéro de compte avec lettres : 12345 12345 KLMNOPQRSTU 83
    • IBAN associé : FR051234512345KLMNOPQRSTU83

Idées de cas non-passants

Un formulaire de saisie de RIB devrait refuser certaines données, par exemple les suivantes :

  • RIB avec clé erronée
  • RIB avec lettres dans le code banque
  • RIB avec lettres dans le code guichet
  • RIB avec caractères spéciaux, espaces…

Bons tests !

Testez-vous mieux qu’en 1987 ?

En 1987, David Gelperin et Bill Hetzel publiaient l’article scientifique The growth of software testing dans la revue Communications of the ACM. Un article dans lequel, regardant en arrière, ils définissaient différents seuils où le métier du test a évolué.

Un article de référence

Quel est donc ce découpage temporel ?

Première époque, orientée débogage

Les processus de test ne sont pas traités en tant que tels ; les tests sont effectués de manière ad hoc essentiellement, et les succès ne sont guère reproductibles puisqu’ils dépendent avant tout du bon vouloir et du talent d’individus isolés.

Deuxième époque, orientée démonstration

Pour résumer, on teste pour prouver que le logiciel fonctionne.

Troisième époque, orientée destruction

Ca fait peur, non ? Cela veut dire tout simplement que cette période est marquée par le cliché (toujours vivant) des QA qui sont là pour « tout casser » ! Même si, on le sait, le test logiciel met plutôt en lumière ce qui est déjà cassé.

Quatrième époque, orientée évaluation

L’activité de test donne lieu à des métriques. On la suit de manière formelle.

Cinquième époque, orientée prévention

L’objectif principal des tests est d’éviter en premier lieu l’apparition des anomalies, et ce grâce à des méthodes statistiques.

Les suites de cet article

Ce découpage en périodes historiques a fait date ; il est toujours mentionné notamment dans les documents relatifs au modèle TMMi. En effet, les 5 niveaux de maturité TMMi font écho aux 5 époques mentionnées par les auteurs de l’article.

Mais, bien que ce soit fort intéressant, ce n’est pas le sujet le plus croustillant de cet article ! 😃

En pratique, comment testait-on jadis ?

Une partie un peu moins connue de cet article fait en effet référence à un sondage diffusé à l’occasion de la 4ème conférence internationale sur le test logiciel, qui s’est tenue à Washington en 1987. Préparez-vous à un voyage dans le temps !

Résultats du sondage en anglais

Traduction du sondage en français

  1. Un historique des défauts trouvés pendant les tests est maintenu : 73 % oui / 16 % parfois
  2. Une personne est désignée en tant que responsable du processus de test : 65 % oui / 13 % parfois
  3. Un plan de test décrivant les objectifs / l’approche est requis : 61 % oui / 29 % parfois
  4. Le test est une activité systématique et organisée : 61 % oui / 30 % parfois
  5. Des profils de test réalisent des tests système à temps plein : 62 % oui / 19 % parfois
  6. Le test est séparé du développement : 60 % oui / 20 % parfois
  7. Les tests doivent être rejoués lorsque le logiciel change : 51 % oui / 35 % parfois
  8. Les tests sont conservés et maintenus en vue d’une utilisation ultérieure : 51 % oui / 28 % parfois
  9. Les spécifications et la conception des tests est documentée : 48 % oui / 36 % parfois
  10. La procédure de test est documentée dans le manuel des standards : 45 % oui / 15 % parfois
  11. Un historique des tests joués est maintenu : 42 % oui / 35 % parfois
  12. Le temps consacré aux test est suivi : 40 % oui / 30 % parfois
  13. Les documents de test font l’objet d’une revue par les pairs formelle : 31 % oui / 29 % parfois
  14. Des profils de test réalisent des tests d’intégration à temps plein : 24 % oui / 24 % parfois
  15. Les coûts des tests sont mesurés et suivis : 24 % oui / 19 % parfois
  16. Des formations en test sont fournies périodiquement : 22 % oui / 26 % parfois
  17. Les résultats des tests font l’objet d’une revue par les pairs formelle : 20 % oui / 31 % parfois
  18. Les utilisateurs et utilisatrices ont une forte implication dans les activités de test : 8 % oui / 39 % parfois
  19. Les tests sont créés avant le développement  : 8 % oui / 29 % parfois
  20. Une mesure de la couverture de code est requise : 5 % oui / 16 % parfois

Il faut garder à l’esprit que les personnes ayant répondu au sondage participaient à un congrès sur le test logiciel. Elles avaient donc a minima un intérêt pour le sujet. Cet état des lieux représente donc certainement les pratiques des entreprises les plus à la pointe dans le domaine à l’époque !

Tout en reconnaissant que les pratiques de 1987 avaient aussi, potentiellement, des atouts que nous avons peut-être perdu en cours de route, ces résultats de sondage ne sont-ils pas rafraîchissants ?

De retour au XXIème siècle, comment vous sentez-vous après avoir fait ce petit saut dans le passé ?

Et surtout, d’après vous, lesquelles de nos pratiques sembleront désuètes aux QA de 2059, dans 36 ans ?

Le voyage dans le temps n’est pas fini et nous devons continuer de perfectionner nos pratiques ! 😃

Crédit image : Midjourney