Une parole libre et passionnée : le parcours de Fanny Velsin

Ce mois-ci, on poursuit notre série d’interviews de pros de la qualité et nous avons la chance de recueillir le témoignage de Fanny Velsin. On lui doit le livre « Testez votre application web avec Cypress », ainsi que « Le Mag du testeur ». Actuellement, elle vit et travaille à Montpellier.

L’origine d’une vocation

Hightest : Qu’est-ce qui t’a amenée au métier du test ?

Fanny Velsin : J’ai fait mes études pour travailler dans l’informatique, j’avais cette vocation très tôt. Mon père m’a montré comment démonter les ordinateurs. Petite touche geek : ma chambre était décorée de barrettes de RAM récupérées de cet ordi. Mon objectif à l’époque était de travailler comme développeuse. Après mes différents stages dans le développement web, j’ai intégré une entreprise d’édition de logiciel en contrat de professionnalisation. Durant cette période, j’ai vu beaucoup de choses : développement Java, rapport BI avec BIRT, tout ce qui est requêtage SQL, bien chercher les logs … à la fin de mon alternance, je suis restée dans cette société qui m’a donné l’opportunité énorme d’apprendre (réellement !), de comprendre ce que je faisais et pourquoi je le faisais de cette manière. L’équipe était exclusivement composée de développeurs. Après quelques mois, pendant un daily, j’ai appris que l’équipe de QA était sous l’eau. J’étais en avance sur mes tâches dont j’ai proposé à mon manager de l’époque de rejoindre cette équipe pour les soutenir. C’était du Selenium écrit avec du Java. Tout était dans mes compétences. Cependant, très rapidement j’ai vu que les tests étaient flaky. J’en ai référé à notre manager en proposant des solutions techniques. J’ai alors pris le lead technique sur la partie tests. Je suis restée quelques années et ce métier que je découvrais me plaisait énormément. Pour des raisons stratégies, la société m’a remis quelques mois sur le poste de développeur. Était-ce dû à la période du Covid, au management qui ne me convenait pas ou à une technologie qui ne me parlait pas ? Quoi qu’il en soit, je ne m’y retrouvais plus. Nous avons tous été licencié pour raison économique, ça a été une aubaine pour moi : j’ai repris le métier de testeur que j’apprécie tellement.

Le goût du partage de connaissances

Hightest : Tu as aussi de l’expérience en tant que responsable communication et en tant que formatrice, tu as écrit un livre, et il y a quelques mois tu as également lancé le Mag du Testeur. La transmission a une place importante dans ta carrière. Comment vois-tu cet aspect de ton travail ?

Fanny Velsin : Responsable communication, oui ça remonte à l’école, durant la junior entreprise et l’association (mais je crois ne pas y avoir fait mention – association d’histoire qui a malheureusement fermé depuis longtemps). J’ai fait quelques évènements avec la junior entreprise mais je préfère nettement le partage de connaissance en tant que formatrice. C’est très enrichissant d’avoir des apprenants. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le module qualité n’existe plus dans ce parcours. Je me félicitais justement de ce changement par rapport à mon époque où on ne parlait pas de qualité à part le TDD. La transmission a plusieurs avantages : partager ma passion, transmettre un métier qui emploie actuellement partout dans le monde, et être confrontée à des questions ou des certitudes qui me mettent à l’épreuve.

L’écriture de ce livre est un peu un hommage à Cypress en un sens. Je me questionnais beaucoup à cette époque sur mes compétences. Je venais de me faire licencier, même si la raison était économique et que nous étions plus d’une quinzaine. Je me suis remise en question sur mon avenir, sur mes compétences et sur mes envies. Je suis arrivée dans une entreprise très ouverte à la discussion sur les technologies, j’avais carte blanche à partir du moment où je pouvais prouver la nécessité ou l’avantage de cet outil par rapport à un autre. Cypress m’a permis de reprendre cette confiance qui m’avait quittée. J’ai dû faire des démonstrations devant plusieurs personnes alors que j’étais à l’époque tétanisée si je devais prendre la parole même devant 2 personnes.

J’ai commencé par la brique Cypress, puis j’ai monté les tests que j’ai fait dans une pipeline Jenkins avec un collègue et finalement je l’ai fait seule avec la migration Gitlab.

Notre métier, je parle de la qualité d’une manière générale, est tellement riche. Si on est curieux, on peut voir beaucoup d’aspect de l’informatique : le réseau, le front, le back, la sécurité, …

Le mag m’est venu en tête peu après avoir donné les cours, les apprenants ne voyant pas forcément les avantages du test. En discutant avec eux, je me suis aussi rendu compte que finalement les décideurs des entreprises avaient cette même vision : le coût ; les apprenants voient le coût d’apprentissage, l’envie et la maintenance alors que les décideurs voient le coût financier. Le mag est venu pour essayer de convaincre. Ajouter de la qualité dans vos processus, dans vos codes, dans vos critères d’acceptation…

La consultance comme formule de liberté

Hightest : Tu as à la fois travaillé en tant que consultante et chez un client final. Ces dernières années, c’est plutôt la consultance qui l’emporte dans tes expériences. Pour quelles raisons préfères-tu cette modalité ?

Fanny Velsin : Comme on le dit, la liberté n’a pas de prix. Non, en réalité, je me suis mise consultante après le licenciement. Comme dit auparavant, j’ai eu une grosse remise en question à ce moment-là. J’ai eu un doute. Je voulais reprendre ce que je faisais de mieux à ce moment-là : du test et du reporting. J’ai quitté ma région natale et je me suis lancée consultante. Ça m’a permis de me positionner sur plusieurs missions : chez un client tout en donnant des cours et tout en écrivant un livre et un cours en ligne pour Open Classroom.

Je préfère cette modalité pour cette liberté d’avoir des missions de différents types : mission longue chez un client et des missions courtes pour délivrer des cours.

Prise de recul

Hightest : Ta carrière dans l’informatique a commencé il y a plus de 10 ans. Qu’est-ce qui était vrai à ce moment et qui ne l’est plus maintenant ?

Fanny Velsin : Eh oui plus de 10 ans, je ne serai probablement plus jamais la plus jeune du bureau !
C’est une question vaste, mais voici ce que j’en retiens : il y a dix ans, on voulait des tests, point. Maintenant, on parle de retour sur investissement, de couverture, de stratégie. On demande aux testeurs de justifier les choix, de prioriser, de proposer des outils. Le rôle est bien plus stratégique qu’avant. On n’attend plus juste une validation, on attend une vision.

Il y a plus de 10 ans, je pensais qu’il suffisait de bien faire son travail pour que tout roule. Aujourd’hui, je sais que la communication, la posture, et parfois même la diplomatie, sont aussi importants que les compétences techniques. J’ai appris à prendre ma place, à défendre mes choix, et à ne plus m’écraser – chose que je faisais souvent au début.

Le métier du test est plus reconnu au niveau des entreprises. À mes débuts, le test était souvent vu comme une obligation ou une étape de validation finale. Il était rare que les testeurs soient invités dès le début d’un projet, et encore plus rare qu’ils aient un mot à dire sur les choix techniques ou fonctionnels. Aujourd’hui, on voit une évolution : l’approche Shift Left se démocratise, les équipes qualité sont plus intégrées, plus respectées aussi.

L’intérêt de la découverte

Hightest : Quel domaine métier t’a le plus passionnée jusqu’à présent ?

Fanny Velsin : Le milieu médical ! Cette mission dans le domaine médical m’a beaucoup appris. On ne suivait pas vraiment de normes spécifiques au secteur, mais j’en ai découvert quelques-unes au fil du temps, ce qui m’a permis de prendre du recul et de progresser. J’ai aussi appris ce que sont les rayons X et d’autres notions propres à ce milieu, que je ne connaissais pas du tout avant.
C’était aussi une super opportunité pour développer mes compétences en agile et mieux comprendre comment adapter ma façon de travailler dans un contexte aussi particulier.
Cette mission est celle qui m’a ouvert les yeux sur notre métier et la complexité qu’il peut en découdre au niveau technique et « diplomatique ». Si on veut apprendre et s’impliquer, notre métier est riche.

L’image du test

Hightest : Si tu pouvais changer un préjugé sur notre métier, quel serait-il ?

Fanny Velsin : Je veux discuter pour qu’on trouve le meilleur compromis pour la qualité, pour nos utilisateurs. Nous travaillons pour nos utilisateurs, je ne souhaite pas vous embêter avec un bug ou trouver le coupable du développement ou pointer qui que se soit du doigt. Dans tous les cas, nous sommes une équipe, alors travaillons ensemble pour faire évoluer le produit pour nos utilisateurs. Mettons-nous à la place des utilisateurs.

Zoom avant

Hightest : Quels projets aimerais-tu concrétiser dans les prochaines années ?

Fanny Velsin : J’aimerai passer la certification TMMi mais j’aimerais aussi reprendre la transmission de connaissances avec des apprenants et que le mag soit lu par les décideurs !

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Merci à Fanny d’avoir répondu à nos questions ! Nous vous invitons à découvrir le Mag du testeur, un contenu d’excellente qualité.

Cybersécurité, entre illusions et risques réels

Il y a peu, la société calédonienne AdDo, spécialisée en cybersécurité, a publié un rapport faisant l’état des lieux des fuites de données avérées sur le territoire calédonien : le rapport d’étude OSINT 2025.

OSINT signifie “Open Source INTelligence” : ce rapport se base donc “seulement” sur des informations publiquement accessibles. Cela signifie que les chiffres qu’on y trouve, et qui sont déjà préoccupants, illustrent une réalité certainement beaucoup plus inquiétante.

En Nouvelle-Calédonie, on a souvent l’impression d’être “loin de tout”, et d’une certaine façon protégé·es de ce “tout”. On pourrait même se demander, “Qui pourrait bien s’intéresser à nous, qu’on peine souvent même à trouver sur une carte ?”

Mais le rapport d’étude d’AdDo montre bien que la perception du risque en cybersécurité est bien différente du risque physique, et que ce risque est difficile à évaluer avec les outils cognitifs que nous possédons naturellement.

Parole à Laurent Rivaton, fondateur d’AdDo et auteur de ce rapport.

Ce qu’il faut retenir du rapport

Hightest : Bonjour Laurent ! Nous avons lu attentivement le rapport et recommandons vivement de le découvrir dans son intégralité. Toutefois, pour les personnes qui n’auront pas le temps de tout lire, quelle sont les informations les plus importantes que tu souhaites voir circuler au maximum ?

Laurent Rivaton : La première, qui fait directement écho à l’étude et à ses conclusions est que la cybersécurité pose un problème qui est global et collectif, et que la solution est également globale et collective. Pour illustrer le fait qu’on soit tous concernés, j’aime prendre l’exemple de la sécurité routière. Quand je prends ma voiture, pour que je sois en sécurité, il faut que je conduise avec prudence, mais il faut aussi que tous ceux qui sont sur la route en même temps que moi conduisent avec prudence. 1 seul chauffard et tout le monde est en danger !

Et l’autre message qui me tient également hackeur à cœur, c’est que la cybersécurité, ça n’est jamais que de la gestion de risque, et que la gestion de risque on sait tous faire. Nos cerveaux, après des dizaines et des dizaines de milliers d’années d’évolution, sont parfaitement au point pour gérer les risques, question de survie ! Il n’y a donc aucune raison que la cybersécurité soit un domaine accessible uniquement à des petits génies de l’informatique, une sorte de groupe d’élus qui seraient les seuls humains dotés de pouvoirs leur permettant d’appréhender ce sujet.

Former à la cybersécurité en Nouvelle-Calédonie

Hightest : Le rapport souligne l’importance de la formation pour mieux se protéger contre les risques numériques. Mais la cybersécurité est encore à ce jour un domaine mystérieux pour la plupart des gens, et s’y initier peut sembler difficile. As-tu des ressources à conseiller pour débuter ? Des formations en Nouvelle-Calédonie, ou encore des ressources en ligne ?

Laurent Rivaton : Je confirme ! De mon point de vue, la formation permet de comprendre ce qui se cache derrière les technologies numériques, et donc de réaliser qu’en fait, savoir si on doit cliquer ou pas sur un lien qu’on vient de recevoir dans sa messagerie, c’est exactement le même problème à résoudre que de savoir si on doit traverser une rue ou pas alors qu’il y a de la circulation.

On peut aujourd’hui trouver beaucoup de sources d’information et de formation sur le sujet de la cybersécurité. Beaucoup de sources en ligne sont en anglais, ce qui ne facilite pas toujours les choses, mais il y a heureusement beaucoup de matériel intéressant sur le site du Centre Cyber du Pacifique, sur le site de l’ANSSI ou celui de Cybermalveillance. Pour tous ceux qui ont du mal avec l’auto formation, il est également possible de suivre des formations en présentiel destinées aux utilisateurs. J’en dispense une qui dure 6 demi-journées et qui donne de bon résultats !

Pour les professionnels, c’est un peu la même chose, beaucoup de possibilités en ligne, de qualité variable, à des prix allant de gratuit à plusieurs centaines de milliers de francs, avec des parcours qui permettent d’aller jusqu’à des certifications professionnelles y compris les plus connues, les plus reconnues dans notre secteur, les plus difficiles à obtenir. Et pour ceux qui préfèrent des formations en présentiel, c’est également possible sur le territoire avec une offre qui s’étoffe peu à peu (ma prochaine formation aura lieu à la mi juillet !).

Un permis de conduire numérique

Hightest : Dans le rapport est évoqué le “permis de conduire numérique”. Peux-tu nous en dire plus ?

Laurent Rivaton : C’est plus une image ou une analogie qu’autre chose. Le fait est qu’aujourd’hui, pour prendre le volant, il faut apprendre à conduire et il faut même démontrer qu’on en est capable en passant un examen pour obtenir un permis. Pour ce qui est des outils numérique, il suffit de les acheter, et comme c’est facile et intuitif, il n’est même pas nécessaire de lire la documentation. Et pourtant, tous ces nouveaux outils peuvent être mal utilisés, causer des dommages et des préjudice et leur utilisation comporte des risques. Comme ces outils numériques sont de plus en plus sophistiqués, de plus en plus indispensables et qu’en cas de mauvaise utilisation les préjudices sont de plus en plus importants, il me semblerait logique qu’on soit, sinon obligés, mais au moins incités à apprendre quelques notions élémentaires avant de les utiliser.

Que faire quand ses données personnelles fuitent ?

Hightest : Dans le rapport, le site https://haveibeenpwned.com/ est conseillé pour vérifier son adresse e-mail. Par curiosité, j’ai vérifié mon adresse pro (0 occurrence) et perso (4 occurrences !) Ce qui m’a surprise (ndlr : c’est Zoé Thivet qui pose la question :)), c’est de voir apparaître des noms de sites très connus (Gravatar et Canva). Recommandes-tu de vérifier régulièrement ses adresses mail via ce site ? Si une nouvelle fuite apparaît, que conseilles-tu ?

Laurent Rivaton : Ça peut-être une habitude à prendre. Et quand une nouvelle fuite apparait, il faut impérativement changer les mots de passe qui ont été compromis. Mais vérifier régulièrement ses adresses ne remplace pas une bonne pratique élémentaire : le cloisonnement. Le cloisonnement, ça consiste à utiliser des comptes et des mots de passe différents pour tout, ou au minimum sur ses accès importants, par exemple celui à sa banque ! Ainsi, si un mot de passe est volé quelque part sur un site, alors le préjudice est limité à ce site. Je rappelle que les sites comme Have I Been Pwned s’appuient sur des données publiques, par conséquent, si mon adresse est trouvée, ça veut dire que mon compte a été compromis. Par contre, si mon adresse n’est pas trouvée, ça veut seulement dire qu’elle n’a pas été trouvée et j’ai peut être quand même été piraté mais ça n’est pas encore rendu publique.

L’expertise met-elle à l’abri ?

Hightest : Un autre site, IntelligenceX.com, est recommandé pour consulter les fuites de données. J’y ai d’ailleurs retrouvé, pour mon adresse mail, un fichier dont le titre contient le nom “Gravatar”. En tant qu’expert en cybersécurité, es-tu parfaitement protégé, ou as-tu retrouvé des données qui te concernent ?

Laurent Rivaton : Un expert en cybersécurité qui prétendrait être parfaitement protégé, serait, de fait, un mauvais expert en cybersécurité ! En effet, le risque 0 n’existe pas et un expert est forcément parfaitement lucide sur ce point. Je dirai même que plus la compétence et l’expertise augmentent, mieux on mesure l’étendue des risques. Mais parallèlement, plus la compétence et l’expertise augmentent, mieux on sait gérer efficacement le risque.

Et oui, j’ai déjà trouvé des données fuitées concernant le domaine addo.nc. Le dernier cas concernait un site chez lequel j’avais acheté des outils orientés cybersécurité. Mais comme je pratique depuis très longtemps un cloisonnement systématique, cette fuite ne m’a causé aucun préjudice. Elle ne m’a coûté que quelques échanges de courrier électronique avec ce fournisseur pour l’informer !

Hightest : Est-ce via ce site (IntelligenceX.com) que tu as pu découvrir les machines physiques compromises ?

Laurent Rivaton : Oui. Les données qui sont proposées par IntelligenceX permettent d’aller très loin dans les recherches, et de trouver suffisamment d’éléments pour identifier un équipement compromis avec certitude. Ces accès « pro » sont d’ailleurs payants et pas vraiment bon marché !

Hightest : Beaucoup de personnes te consultent-elles pour savoir si leurs propres données ont été exposées ? Si oui, que leur réponds-tu ?

Laurent Rivaton : À la suite de cette étude, très peu. Et comme l’étude a été menée globalement, je n’ai pas de détail sur les postes compromis, seulement leur nombre. Cependant, au début de l’étude, je m’étais fixé comme règle de prévenir les tiers que j’allais reconnaître dans les phases d’échantillonnage qui seraient faites tout au long de l’étude pour vérifier la qualité des résultats des recherches. J’ai donc été amené à contacter un nombre très réduit de personnes…

Une palette de solutions

Hightest : Quels sont les services proposés par AdDo pour aider à se préparer aux risques en cybersécurité ?

Laurent Rivaton : Le travail d’AdDo, c’est d’aider les entreprises et les organisations publiques ou privées à améliorer leur cybersécurité en les accompagnant. Ce sont donc des missions de conseil, avec aussi de l’audit et de la formation. Il m’arrive aussi d’aider en cas d’attaque, dans ce cas, il s’agit aussi d’accompagner les victimes dans la gestion de crise, dans la priorisation des tâches de diagnostic, de remédiation, etc.

Hightest : Comment procèdes-tu pour rendre les risques liés à la cybersécurité plus tangibles auprès de personnes qui découvrent le sujet et ne se sentent pas concernées ?

Laurent Rivaton : Il n’y a pas de recette magique, mais généralement, faire l’exercice théorique de regarder ce qui se passerait, si, un matin, en arrivant au bureau, il n’y avait plus aucun outil numérique de disponible suite à un piratage, peut-être un moyen de prendre conscience de l’importance du sujet.

Hightest : Quelles sont les résistances que tu rencontres le plus souvent de la part des personnes lors des sensibilisations ?

Laurent Rivaton : La plupart des gens d’une part ne se rendent pas compte à quel point ils sont devenus dépendants, et d’autre part estiment qu’ils sont incapable de comprendre quoi que ce soit à la cybersécurité. Dans ce cas, il est très naturel de faire une forme de déni. Mais il suffit donc de contredire ces 2 certitudes avec des exemples simples en fonction du contexte et en général, les résistances s’estompent.

Le point sur les antivirus

Hightest : “Les antivirus en 2025 ça ne sert plus à rien, les OS en disposent déjà de solides.” Cette phrase qu’on entend souvent est-elle justifiée, ou est-ce une idée reçue sans fondement ? Le cas échéant, quel antivirus recommandes-tu ?

Laurent Rivaton : Il y a bien longtemps, les antivirus étaient nécessaires et suffisants. Dans les échantillonnages réalisés pendant l’étude, 100% des postes piratés avaient un antivirus, qui, le plus souvent, était celui fourni avec l’OS. Les antivirus ne sont plus suffisant depuis un moment déjà, mais ils sont toujours nécessaires : sans antivirus, c’est pire ! On peut refaire une analogie avec la sécurité routière. Considérer que les antivirus sont inutiles car ils ne garantissent pas une protection totale, c’est comme se dispenser de mettre sa ceinture de sécurité au motif quelle ne garanti pas la survie en cas d’accident. Conclusion : l’antivirus fourni avec l’OS, c’est tant mieux qu’il soit fourni, en ajouter un plus complet, c’est mieux, et en entreprise, ajouter encore une couche supplémentaire avec des outils de détection avancés, c’est encore mieux. Mais attention, le risque persistera de toutes les façons.

Pour la question sur le choix d’un antivirus, et de toute solution de sécurité, mon conseil est simple : il y a des critères de qualité technique et fonctionnelle à prendre en compte et il faut en tester plusieurs pour voir quel produit nous convient le mieux.

La cybersécurité sur le territoire

Hightest : À ce jour, penses-tu que la population calédonienne soit plus vulnérable aux attaques “techniques” ou à l’ingénierie sociale ?

Laurent Rivaton : Les 2 mon capitaine. Mais de fait, les cybercriminels exploitent davantage les vulnérabilité humaines. Le risque est donc supérieur de ce côté là.

Hightest : Une recrudescence d’attaques a eu lieu lors des émeutes de 2024. As-tu envie d’en dire un mot ?

Laurent Rivaton : Il n’y a pas forcément grand chose à dire à mon sens. Il me semble qu’il y a eu à la fois une pression en terme de désinformation, ce qui est logique dans un tel contexte, et également une augmentation des tentatives d’arnaques de tous genres, ce qui est également « normal » : quand une population est fragilisée économiquement et psychologiquement, elle est plus vulnérable et donc devient une cible de choix pour les cybercriminels.

Hightest : L’édition 2025 de HacKagou se tiendra le 1er octobre prochain. Quel est le rôle d’AdDo dans la mise en œuvre de cet événement ? Par rapport aux éditions précédentes, que souhaiterais-tu pour cette année en particulier ?

Laurent Rivaton : AdDo fait partie des partenaires, des soutiens inconditionnels depuis le début de l’aventure HacKagou. À titre personnel, mon rôle est d’emmener l’évènement et la super équipe d’organisation toujours plus haut et toujours plus loin. Pour 2025, nous sortons de Nouméa. C’est la commune de Païta qui nous accueille avec beaucoup d’enthousiasme dans l’Arène du Sud. Nous attendons beaucoup plus de joueurs, beaucoup plus de public, du contenu encore plus riche autour du CTF (ndlr : Capture The Flag, un type de challenge de cybersécurité), avec des ateliers, des conférences, des animations, l’escape game que nous n’avons pas pu faire en 2024, une décoration et une mise en situation pour que les participants et le public soient complètement immergés dans le thème de l’année qui est : Apocalypse. Une IA devenue folle menace l’humanité.

Nous devrions annoncer bientôt l’ouverture des inscriptions, mais notre vrai challenge cette année, est de trouver les financements nécessaires pour que le HacKagou soit la grande fête que nous imaginons.

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Merci à Laurent Rivaton d’avoir répondu à nos questions ! Nous nous retenons d’en poser d’autres encore, tellement un sujet en amène un autre. Nous espérons en tous cas que cet article vous aura donné envie d’en apprendre plus sur la cybersécurité. Et si vous avez la chance de vivre en Nouvelle-Calédonie, rendez-vous au HacKagou !

Ce QA mène une double vie (et ce n’est pas ce que vous croyez)

Le test logiciel est un véritable carrefour. Julien Escots le prouve avec un parcours qui traverse le développement, l’automatisation, le management… et même l’immobilier ! Découvrez son témoignage qui sort des cases.

Développeur ou testeur ? Un peu des deux !

Hightest : Bonjour Julien ! Parlons d’abord de ton parcours purement informatique, qui présente une particularité intéressante. Tes études supérieures ont été centrées sur le développement, mais dès le début pour tes stages et tes alternances tu as fait du test. Tu as ensuite enchaîné 2 alternances en tant que dev… pour finalement te spécialiser de nouveau dans la qualité ! Un profil comme le tien illustre bien la porosité entre ces deux expertises, et va à l’encontre des stéréotypes. Comment est-ce que tu vois les choses aujourd’hui ?

Julien Escots : Effectivement, mon parcours reflète bien cette porosité entre le développement et la qualité. J’ai commencé par le test, ce qui m’a permis de développer une forte sensibilité aux problématiques de fiabilité, de robustesse et d’expérience utilisateur. Ensuite, mes deux alternances en tant que développeur m’ont apporté une vraie compréhension technique des produits, du code, et des contraintes que peuvent rencontrer les équipes de dev.

Aujourd’hui, je vois la qualité comme une extension naturelle du développement. Ce ne sont pas deux mondes opposés, mais complémentaires. Un bon testeur comprend le code, et un bon développeur gagne à intégrer une logique qualité dès la conception. Mon profil me permet justement de faire le lien entre ces deux univers, de parler le même langage que les devs tout en apportant un regard critique sur la qualité produit. Je pense que c’est cette double casquette qui me permet aujourd’hui d’avoir un rôle à plus forte valeur ajoutée dans une équipe agile.

La troisième casquette

Hightest : C’est très probable ! Ce genre de profil joue souvent un rôle « émulsifiant » dans une équipe (un émulsifiant étant un élément qui aide deux substances à se mélanger…) Et depuis peu, tu as même une troisième corde à ton arc ! Tu peux nous en parler un peu ?

Julien Escots : Depuis quelque temps, je me suis lancé dans l’immobilier en parallèle de mon poste de Lead Test. C’est une activité que j’avais en tête depuis un moment, par envie d’entreprendre, de découvrir un univers totalement différent et aussi d’avoir un impact plus direct dans la vie des gens. Je suis aujourd’hui mandataire immobilier, et j’accompagne des clients dans leurs projets d’achat ou de vente, de l’estimation jusqu’à la signature chez le notaire. C’est très enrichissant, à la fois humainement et professionnellement.

Je consacre toujours la majorité de mon temps à mon rôle de Lead Test (environ 90 %) mais je profite de mes temps libres, soirs et week-ends pour développer mon activité immobilière.

Les deux domaines peuvent paraître éloignés, mais je trouve qu’ils sont étonnamment complémentaires. Mon expérience dans la tech m’a donné une vraie rigueur, une capacité à structurer, à analyser des données, à anticiper les problèmes, et tout cela me sert énormément dans la gestion de mon activité immobilière. À l’inverse, l’immobilier me pousse à sortir de ma zone de confort, à renforcer mes compétences relationnelles, à apprendre à gérer le stress d’une négociation ou d’un accompagnement client dans un moment de vie important. Finalement, c’est un équilibre que je trouve stimulant, et qui me permet de progresser dans les deux domaines.

Le quotidien d’un lead test

Hightest : C’est drôle, il y a quelques temps on avait interviewé des profils issus de reconversions et on en avait conclu que tous les chemins mènent au test. On pourrait se dire que l’inverse est peut-être vrai aussi ! Cette diversité de parcours notamment fait que chaque QA a son propre style de test. Et toi, c’est quoi ta marque de fabrique ?

Julien Escots : Ma marque de fabrique, c’est ma curiosité et mon instinct de testeur. J’adore explorer les cas limites, traquer les comportements inattendus, parfois même farfelus. Ce qui me motive, c’est de comprendre comment un utilisateur (ou un bug) peut sortir du cadre.

J’aime aussi être au cœur des mises en production : valider, accepter, assurer la qualité jusqu’au dernier moment, c’est là que je me sens le plus utile.

En tant que Lead Test, je veille à ce que mes équipes aient une vision claire de la stratégie de test, avec un bon équilibre entre manuel et automatisation. Je pousse pour une automatisation intelligente : ciblée, fiable, et qui donne un feedback rapide. Mon rôle, c’est aussi d’aligner tout le monde autour de la qualité, sans jamais perdre de vue la valeur.

Hightest : Lead Test, c’est un rôle exigeant. Raconte-nous ton plus gros challenge !

Julien Escots : Mon plus gros challenge, ça a été de mettre en place une vraie stratégie de test pour une équipe de 10 testeurs, mêlant profils fonctionnels et automaticiens. Il a fallu trouvé le bon équilibre entre cadrage, autonomie et cohérence d’ensemble.

Ce qui m’a demandé le plus d’effort, c’est de jouer le rôle de chef d’orchestre : comprendre les forces de chacun, aligner les pratiques, définir des priorités claires et des objectifs communs. La cohésion et la création d’une communauté entre nous a été l’un de mes principaux grand challenge.

Une histoire de bug

Hightest : On voit bien tout l’enjeu managérial et organisationnel qui vient se superposer aux problématiques classiques des tests… Dans ton parcours, tu as dû découvrir pas mal d’anomalies, est-ce qu’il y en a une qui t’a marquée plus que les autres ?

Julien Escots : Un bug qui m’a marqué, c’est lors du déploiement d’un nouveau parcours réservé à une poignée de conseillers bancaires. En principe, seuls quelques profils pilotes devaient y accéder. Sauf qu’à quelques minutes de la mise en production, on a découvert qu’il suffisait qu’un seul conseiller accède au parcours pour qu’il soit activé pour tous les conseillers de France.

Heureusement, on l’a détecté juste à temps, ce qui nous a permis de décaler la MEP et de corriger avant que l’impact ne soit réel. Sur le moment, c’était chaud, mais avec le recul, c’est un super rappel de l’importance des tests d’habilitation et des validations de dernière minute !

Rester à la pointe

Hightest : Outch ! Ces gros bugs de dernière minute servent souvent de leçon et aident à alimenter les checklists de tests incontournables… Mais le temps est long et on n’a pas toujours l’occasion d’apprendre de manière intensive. As-tu déjà eu l’impression de stagner ? Qu’est-ce que tu mets en place pour continuer de progresser ?

Julien Escots : Oui, ça m’est déjà arrivé, surtout d’un point de vue technique. Parfois, tu as l’impression d’avoir bien avancé, d’avoir acquis pas mal de compétences… et puis tu te rends compte que la montagne est encore très haute. C’est un peu déstabilisant, mais aussi motivant.

Pour continuer à progresser, je m’impose une veille régulière, je fais des POC sur mon temps perso, je challenge mes pratiques, et surtout, j’échange beaucoup avec mes pairs. Je pense qu’on apprend énormément en partageant : une bonne discussion avec un collègue ou un développeur peut t’ouvrir des perspectives que t’avais pas envisagées.

Et puis, en tant que Lead, je me dois aussi de rester à jour pour pouvoir guider les autres, ça me pousse à ne pas me reposer sur mes acquis.

Un conseil pour QA qui débutent

Hightest : En parlant de guider les autres, quel conseil donnerais-tu à une personne qui voudrait se lancer dans le test ?

Julien Escots : Le conseil que je donnerais à quelqu’un qui veut se lancer dans le test, c’est : sois curieux, et pose-toi toujours la question “Et si… ?”. Le test, ce n’est pas juste suivre des scénarios, c’est chercher à comprendre comment un produit peut se comporter autrement que prévu.

Je lui dirais aussi que le test, aujourd’hui, c’est loin d’être un métier isolé ou secondaire. Il faut savoir collaborer avec les devs, les PO, les ops, comprendre le produit, et même parfois challenger la conception. Et si en plus tu touches un peu au code, l’automatisation devient un vrai levier pour faire gagner du temps à toute l’équipe.

Merci beaucoup à Julien pour cet échange très intéressant !

Bugs d’accessibilité : c’est du vécu !

En janvier, nous avons eu le plaisir de recueillir le témoignage de Cyriaque Delaveau, un développeur qui travaille sans clavier ni souris mais avec une commande oculaire. Aujourd’hui, nous partageons la suite de son témoignage, qui concerne un sujet qui nous tient à cœur : l’accessibilité !

En effet, du fait de ses usages numériques spécifiques, Cyriaque est un aimant un bugs. Une chance quand on fait du test d’accessibilité, mais une vraie galère quand on veut simplement utiliser des services numériques ! Ces bugs sont d’autant plus pernicieux qu’ils peuvent rester des années dans des applicatifs sans que leur équipe projet, si elle n’est pas formée, ne se doute de rien… Il est temps de lever le voile 😉

Parole à Cyriaque Delaveau.

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L’accessibilité est un sujet qui me touche de très près, à la fois comme développeur et comme utilisateur. En tant qu’internaute utilisant une commande oculaire, je rencontre régulièrement des problèmes d’accessibilité qui rendent certaines tâches en ligne inutilement difficiles, voire impossibles.

Menus déroulants

Beaucoup de sites utilisent des menus déroulants ou des éléments interactifs qui ne sont pas navigables sans souris. Ces menus ne répondent pas aux commandes clavier ou aux technologies d’assistances comme les commandes oculaires, au final je me retrouve bloqué pour accéder à certaines sections du site.

Captcha

Certains captchas (surtout les “drag to verify”) sont un cauchemar. Bien qu’il existe des versions accessibles, beaucoup de sites n’en proposent pas. Ça peut complètement bloquer l’accès à un service. J’ai à faire à ces types de captchas très souvent, surtout sur certains sites de streaming gratuit pour animes japonais et mangas (oui j’adore les animes/mangas et non ce n’est pas uniquement réservé aux enfants).

Petits éléments

Des éléments interactifs minuscules (liens, boutons) sont un véritable défi avec une commande oculaire. Le ciblage devient très imprécis, et une mauvaise conception de ces éléments rend leur utilisation frustrante et inefficace. Avec la nouvelle génération de commande oculaire (PCEye 5), je n’ai plus trop ce problème puisqu’il y a une aide à la visée pour le zoom (assistée par IA), mais tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir ce nouveau modèle de commande oculaire, et doivent utiliser les anciens modèles.

Cyriaque a demandé à trois de ses amis en situation de handicap (Élodie, 20 ans, M, 26 ans et T, 30 ans) de s’exprimer au sujet de l’accessibilité.

Témoignage d’amis de Cyriaque

  • Les vidéos sans sous-titres excluent les personnes sourdes ou malentendantes, mais elles compliquent aussi les choses pour tous ceux qui ne peuvent pas interagir avec la vidéo pour trouver des options alternatives.
  • Certaines applications ou sites web n’intègrent aucun raccourci clavier ou navigation structurée. Quand il faut passer par des dizaines de clics pour atteindre une section, c’est épuisant, surtout pour ceux qui dépendent de commandes alternatives comme pour la navigation au clavier.
  • Une interface avec des contrastes faibles, des polices trop petites ou des couleurs mal choisies (par exemple, du gris clair sur fond blanc) rend la lecture extrêmement pénible, surtout pour ceux qui ont une déficience visuelle.

NB : Élodie est née avec une malformation congénitale affectant son cerveau, entraînant un manque d’apport en oxygène. Elle peut utiliser ses jambes pour se déplacer, mais n’a pas l’usage de ses bras et dépend d’une sonde gastrique pour son alimentation. M et T sont tétraplégiques et peuvent boire, manger, parler et bouger les yeux. T a été victime d’un accident de moto, tandis que M a fait une chute dans une rivière.

Cyriaque a également répondu à notre question :

Comment savoir si un élément est accessible via commande oculaire ?

Il n’existe pas de moyen de tester en amont si un élément est accessible à une commande oculaire.

Personnellement, dans certains cas, j’envoie un mail au technicien de ma commande oculaire, qui envoie un mail au siège de l’entreprise en France pour avoir leur avis. Par exemple, je leur avais demandé si avec la commande oculaire je pouvais utiliser un double écran comme les postes de travail que vous avez au bureau. Eux-mêmes ne pouvait pas répondre à ma question, car la commande oculaire n’a pas été créée pour cette utilisation, ils étaient même surpris que je fasse de la programmation avec puisqu’à la base la commande oculaire doit seulement permettre d’utiliser un ordinateur ou écrire alors que je l’utilise pour coder, dessiner, jouer et faire de la modélisation 3D sur Blender.

Si je veux savoir si un élément est accessible à la commande oculaire ou non, j’essaie de l’utiliser et si c’est facile je considère que c’est accessible à la commande oculaire. Si c’est trop compliqué à utiliser, je considère l’élément comme étant inaccessible à la commande oculaire.

En soi, on ne peut pas vraiment appeler ça des bugs d’accessibilité, c’est juste qu’elle n’a pas été pensé dans cette optique et pour ce genre d’utilisation. Les doubles écrans ne fonctionnent pas avec, pareil pour les jeux vidéos beaucoup trop avancés (GTA, Red dead redemption, Fifa, etc.), les tablettes ne fonctionnent pas avec, les mac ne sont pas compatibles. Il existe encore beaucoup de choses avec lesquelles la commande oculaire ne fonctionne pas ou n’est pas compatible.

Le mot de la fin

C’est un peu cliché de dire ça mais je rêve d’un web où tout le monde peut naviguer librement, quelle que soit sa situation. C’est faisable, mais comme beaucoup de choses dans notre société, ça demande une prise de conscience collective et des efforts concrets de la part des développeurs et designers. C’est également ce qui me motive à faire carrière dans le développement web.

Merci à Cyriaque d’avoir pris la parole et merci à vous d’avoir lu. Maintenant, à vous de jouer !

KickTest, votre alliée pour réviser vos certifications ISTQB !

La certification ISTQB est un passage obligé pour une très grande partie des QA. Et tout le monde s’est déjà posé la question, à l’approche de l’examen, “Ai-je suffisamment révisé ?”, “Où trouver d’autres tests blancs” ? Chez Hightest, nous avons nous aussi rencontré cette problématique, ce qui nous a donné envie de concevoir et partager des tests blancs à chaque fois que nous avons préparé un examen.

Ce n’est toutefois pas le sujet de cet article… en effet, ici on va parler d’une toute nouvelle plateforme avec une forte ambition : fournir tellement de questions d’examen qu’il serait presque impossible d’épuiser le stock avant le jour J ! Le code Rousseau de l’ISTQB a un nom qui claque : KickTest. La plateforme est en ligne depuis hier, avec un code promo pour la découvrir gratuitement jusqu’au 31 janvier : FREEKICKTESTJANUARY !

Concept de la plateforme

C’est en 2020 qu’Aurélien Haye et trois de ses amis ont l’idée de créer une plateforme pour aider les QA à réviser ISTQB. Le principe est simple et au plus près des besoins : fournir des questions qui ressemblent au maximum au format de celles de l’examen, classées par chapitre, avec possibilité de réviser de manière ciblée. En effet, à l’issue d’un examen, on ne sait pas précisément à quelles questions on a répondu faux, mais on obtient une note par chapitre.

Le projet a maturé pendant 4 ans. Aujourd’hui, il est en ligne et permet de réviser avec 3 formules au choix : une formule d’un mois pour réviser en autodidacte, une formule de 4 jours pour accompagner les formations qui en général ont cette durée, et une formule de 24h pour faire un maximum de révisions, l’avant-veille idéalement !

L’équipe

L’équipe compte 4 personnes : Aurélien Haye, Enrico Guazzini, Florian Hyvernault et Jonathan Jato. À savoir : un développeur, un designer / graphiste et 2 qualiticiens qui ont rédigé les quiz. “Chacun est resté dans sa spécialité et on a trouvé au fil du temps notre rythme et notre manière de collaborer”, témoigne Aurélien Haye.

Un travail titanesque

6000 questions d’examen : vous ne risquez pas d’en venir à bout avant un bon moment. Pour rédiger tout ça, l’équipe n’a pas ménagé ses efforts. Vous vous demandez si une IA a fait partie de la team ? Aurélien répond : 

Nous avons créé l’intégralité de nos quiz à la main. D’ailleurs, un quiz c’est un peu plus qu’une simple question puisqu’il faut des propositions de réponses, une explication pour que les concepts derrière le quiz soient compris, éventuellement des pièce-jointes, etc. Nous avons testé la production de quiz assistés par l’IA mais les résultats n’ont pas été probants, la grande majorité des quizs générés par les LLM s’est avérée erroné voir complètement fausse. Je pense que les données dont disposent les principales IA sont insuffisantes et que ça explique ces mauvais résultats.

Par contre nous avons collaboré avec d’autres qualiticiens pour augmenter notre rythme de production de quiz et l’équipe est montée jusqu’à 4 rédacteurs (en comptant les 2 de l’équipe historique, NDLR). Ça a plutôt bien fonctionné de ce côté.

Les coulisses du projet

Nous avons demandé à Aurélien s’il y avait eu des idées abandonnées au fil du temps, ou au contraire de nouvelles idées qui ont émergé au fil du développement de la plateforme. Au cours de ce travail de longue haleine, la réponse est évidemment positive.

Au début, on sous-estimait beaucoup la charge de travail nécessaire pour produire une plateforme comme KickTest. Nous avions une idée moins précise de ce qu’on voulait faire et on partait un peu dans tous les sens. Par exemple, on voulait aussi intégrer un comparateur d’outils spécialisés dans les tests au sein de la plateforme. Ce n’était pas une mauvaise idée mais ça n’avait rien à voir avec l’entraînement sur les certifications qualité. Nous avons aussi beaucoup fait évoluer notre stack technique et le rendu graphique tout au long du développement. Comme pas mal de projets, on a itéré pour progresser et on va continuer de le faire. Pour finir avec une idée que nous avons eue en cours de route, c’est la conception de l’administration qui sera invisible pour l’utilisateur mais qui va grandement faciliter notre travail en back office pour gérer la création et la mise à jour de nos quiz, examens blancs et plein d’autres items propres à KickTest.

Un conseil souvent donné aux entreprises ces dernières années est de se focaliser sur un seul besoin pour l’honorer complètement, et la plateforme KickTest est bel et bien allée dans ce sens.

L’avenir de KickTest

À ce jour, KickTest permet de réviser 2 examens : ISTQB Fondation et ISTQB Analyste de test. Toutefois, KickTest ne va pas s’arrêter là, et de nombreuses améliorations et contenus complémentaires sont en route. Aurélien Haye en parle :

On a beaucoup de projets dans les cartons.

Pour le court terme : on veut améliorer l’aspect visuel des résultats d’examens blancs et compléter les informations contenues dans cette page pour apporter plus de valeur à l’utilisateur. On travaille également sur l’intégration d’un glossaire intelligent qui trouvera pas mal de synergies avec nos quiz pour offrir à nos utilisateurs une meilleure expérience et un meilleur apprentissage. Au niveau de nos contenus, on souhaite compléter notre catalogue avec les certifications Testeur agile technique, Scrum.org (PSM & PSPO) et TMMI.

Pour le moyen terme : on planche fort sur la partie administration dont je parle plus haut, c’est un sacré investissement en temps et en énergie mais qui paiera sur le long terme. On continuera à produire des quiz pour d’autres certifications en parallèle.

La question qui tue

Évidemment, on ne pouvait pas s’empêcher de poser la question… Comment cette plateforme de test est-elle testée ? La réponse d’Aurélien aborde à la fois les vérifications de la qualité technique de la plateforme et la validation de la pertinence des questions :

Au niveau du développement, nous avons une couverture de tests unitaires qui nous assure un minimum de sécurité même si on peut faire beaucoup mieux à ce niveau dans les mois à venir. En interne, nous avons fait pas mal de sessions de test et de tests non-scriptés qui nous ont permis de détecter pas mal d’anomalies. Puis nous avons collaboré avec certains experts du test pour leur faire essayer KickTest. Enfin, on a fait des bêta tests en conditions réelles avec des étudiants qui passaient leur certification, les résultats ont été globalement assez positifs et le retour d’information riche.

Pour conclure

La plateforme KickTest est toute jeune et va continuer d’évoluer, toutefois nous vous conseillons d’aller y faire un tour dès maintenant, pour vous-mêmes ou pour les personnes que vous souhaitez former ! Merci à Aurélien pour les réponses apportées, vous pouvez le contacter sur LinkedIn si vous souhaitez en savoir davantage sur la plateforme ou vous rapprocher de l’équipe en vue d’un partenariat.

Vis ma vie numérique – Cyriaque Delaveau, développeur sans clavier ni souris

En décembre 2024, nous avons profité de la fin de l’année pour en apprendre un peu plus sur Cyriaque Delaveau, un étudiant développeur rencontré lors d’une de nos prestations. Cyriaque a comme objectif de devenir Développeur Web Full-Stack et il apprécie particulièrement de travailler sur le Front-End et le Back-End mais aime également tout ce qui touche de loin ou de près à l’analyse de données. Il vient de terminer sa licence professionnelle MIAW (Métiers de l’Informatique Applications Web) et approfondit ses connaissances dans le cadre de son alternance. Un dev comme les autres ? Oui, car il s’intègre parfaitement dans son équipe, tant d’un point de vue technique que méthodologique et relationnel. Et non, car Cyriaque n’utilise ni clavier, ni souris. Vous pensez que c’est impossible ? Continuez de lire !

Interview

Hightest : Bonjour Cyriaque ! Peux-tu te présenter ?

Cyriaque Delaveau : Je m’appelle Cyriaque Delaveau, j’ai 23 ans et je suis atteint d’une myopathie de Duchenne. Je suis actuellement à la fin de ma licence professionnelle MIAW. J’ai eu une scolarité tout à fait normale jusqu’en Seconde, puis en raison d’un souci de santé, j’ai terminé mes années de Lycée en service hospitalier. J’ai validé mon DUT MMI (Diplôme Universitaire de Technologie Métiers du Multimédia et de l’Internet) avant de quitter l’hôpital en Décembre 2022 pour entrer dans un foyer de vie pour adultes en situation de handicap.

Ma recherche d’entreprise pour mon alternance a été très compliquée, après une vingtaine de refus successifs, une seule entreprise à bien voulu me donner une chance. À vrai dire, j’ai songé à plusieurs reprises abandonner mais je m’étais fait une promesse à moi-même quand j’étais au collège, à savoir : intégrer une licence informatique par tous les moyens, et prouver qu’elles avaient tort à ma conseillère d’orientation et toutes les personnes qui m’ont imposé des filières administratives pour seul motif mon handicap, sans même prendre le temps d’écouter mes vœux d’orientation.

En 2019, j’ai perdu un peu de mobilité dans les mains et les doigts à cause de l’évolution de mon handicap, rendant impossible l’utilisation de mon ordinateur portable. J’ai rencontré Christelle, une employée de Mieux-Être (magasin de matériel médical), qui m’a présenté et fait essayer une commande oculaire me permettant d’utiliser mon PC avec le mouvement des yeux. Ça va faire maintenant 5 ans que j’utilise cette technologie au quotidien, l’apprentissage à était plutôt rapide et facile pour apprendre les fonctionnalités de base. Au bout de deux semaines, j’avais fait le tour de toutes les fonctionnalités et possibilités d’utilisation, mais même aujourd’hui, il m’arrive encore d’être surpris par les possibilités de cette technologie, notamment pour le dessin.

Hightest : Quelles technologies utilises-tu afin de développer sans clavier ni souris ?

Cyriaque Delaveau : Pour développer sans clavier ni souris, j’utilise une commande oculaire, le Tobii PCEye 5, qui détecte les mouvements de mes yeux. Pendant l’installation, on crée un profil adapté à mes besoins : si je porte des lunettes ou des lentilles, la vitesse à laquelle je veux scroller, le temps que je dois fixer un point pour cliquer. Le PC Eye 5 remplace la souris et le clavier grâce au logiciel TD Control. En gros, je peux piloter tout mon ordinateur avec mes yeux, même si je porte des lunettes. Il est compact, super facile à installer avec un support aimanté, et il fonctionne sur les ordis et tablettes sous Windows 10 ou 11. Chaque utilisateur peut avoir ses réglages persos, comme la vitesse ou le mode d’activation. Il est même compatible avec Windows Hello, donc je peux déverrouiller mon ordi juste avec mes yeux. Si besoin, je peux ajouter des logiciels comme Track and Learn pour enregistrer les mouvements des yeux. Grâce à cet outil, je peux coder, naviguer et utiliser mon ordi facilement, même sans clavier ni souris.

Avant, j’utilisais une souris sans fil et un clavier virtuel sur un ordinateur portable classique. Quand j’ai dû passer à la commande
oculaire, ça n’a pas été simple. J’étais pas du tout emballé, parce qu’accepter cette technologie, c’était un peu comme accepter que mon
handicap avait évolué. Au début, j’étais réticent, mais après quelques essais, j’ai vite réalisé que cette solution me permettait de garder mon autonomie et de continuer à travailler comme avant. L’apprentissage a été rapide : en deux semaines, je maîtrisais les bases, et avec le temps, j’ai découvert des fonctionnalités que je ne pensais même pas possibles.

Hightest : Concrètement, comment clique-t-on avec les yeux ?

Cyriaque Delaveau : Cliquer avec les yeux, c’est très simple. Tu fixes une zone de l’écran, et après un petit temps d’attente, qui peut être modifié en fonction de tes préférences, le clic se fait automatiquement. Un cercle ou une animation te montre que le clic est en préparation. Tu peux régler la durée de fixation et choisir entre clic gauche, clic droit ou double clic et d’autres fonctionnalités encore via un menu d’interaction. Pour taper du texte, un clavier virtuel s’affiche, et tu sélectionnes les touches avec ton regard. En gros, ton regard remplace le déplacement de la souris et la durée de fixation de ton regard remplace le clic. Pour te donner un ordre d’idée, ma sensibilité pour la durée de fixation avant interaction et la vitesse d’activation des boutons est réglée sur 450 millisecondes, en sachant que le maximum est de 350 millisecondes pour durée et 200 millisecondes pour la vitesse.

Pour permettre de mieux comprendre le fonctionnement de la commande oculaire, Cyriaque a réalisé cette vidéo de démo de PCEYE5 :

Hightest : Qu’est-ce qui t’a amené à choisir le métier de développeur ?

Cyriaque Delaveau : J’ai choisi le métier de développeur parce que je suis passionné par la technologie et fasciné par son potentiel. Mon DUT MMI m’a donné un premier aperçu du développement et a renforcé mon envie de créer des solutions concrètes et utiles. Je me suis également lancé ce défi personnel pour prouver que mon handicap n’est pas une limite et pour tenir la promesse que je me suis faite au collège. Enfin, je vois dans ce métier une opportunité de contribuer à des projets innovants tout en relevant des défis techniques passionnants.

Hightest : Précédemment, tu as contribué au développement d’une application axée sur l’accessibilité. Peux-tu nous en dire plus ?

Cyriaque Delaveau : J’ai participé à la réalisation du module d’accessibilité web Tenjity, pendant mon stage de dernière année de DUT MMI. Mon maître de stage, un Senior Web Developer très engagé sur l’importance de l’accessibilité dans le Web, m’a guidé tout au long du projet. À cette époque, je n’avais pas encore beaucoup de compétences en programmation, donc ma contribution s’est concentrée sur la rédaction des documents techniques des fonctionnalités du module. Tenjity est un module d’accessibilité web gratuit et convivial, conçu pour être facile à installer et compatible avec tous les principaux navigateurs. Il propose des profils prédéfinis pour différents types de handicaps, tout en permettant une personnalisation selon les besoins spécifiques de chaque utilisateur. L’objectif de Tenjity est de rendre le web plus inclusif en offrant des outils qui facilitent l’accès aux contenus en ligne pour tous. Par exemple, si l’utilisateur est dyslexique il peut activer le profil “Dyslexique”, ce qui remplace toutes les polices d’écritures du site par une police plus adaptée (OpenDyslexic). Pour l’anecdote, le nom Tenjity a été inspiré par les Tenji Blocks, des dispositifs japonais destinés à aider les personnes malvoyantes à se déplacer grâce à des blocs tactiles installés au sol. Ce lien avec l’accessibilité et l’innovation a donné toute son identité au projet.

Hightest : Es-tu actuellement en recherche d’emploi ? Si oui, quel serait le type de poste qui te plairait le plus ?

Cyriaque Delaveau : Effectivement je suis en recherche d’emploi, faire de longues études ne fait pas partie de mes perspectives même si j’aurais bien aimé. L’idéal pour moi, serait un poste de développeur web junior, en full télétravail et en temps partiel. Au vue des soins médicaux quotidiens que j’ai, être en temps plein me paraît assez compliqué voire impossible. De plus, j’ai une maladie dégénérative, d’ici trois à cinq ans, je ne serai plus en mesure de faire quoi que ce soit, d’où le temps partiel.

Hightest : L’accessibilité est un sujet qui te concerne non seulement en tant que dev, mais aussi en tant qu’internaute. Quels sont les bugs d’accessibilité les plus fréquents que tu rencontres et qui sont des obstacles pour toi ?

… La réponse de Cyriaque est à découvrir dans notre prochain article. Il a d’ailleurs mobilisé quelques amis qui ont eux aussi témoigné des bugs rencontrés au quotidien !

Merci à Cyriaque pour cet échange qui illustre une fois de plus la diversité des profils d’internautes et l’importance d’intégrer ces profils en entreprise. Nous invitons les organisations numériques calédoniennes offrant des postes de dev web full-stack junior à prendre contact avec lui !

Passing ALL ISTQB certifications: Daniel Van der Zwan’s remarkable achievement

Daniel Van der Zwan is a Quality Assurance Engineer specializing in sea logistics information systems. This QA professional, based in the Netherlands, recently took on an extraordinary challenge: obtaining all ISTQB certifications (27 in total)!

We are delighted to share his story with you.

Discover his new challenges, his tips for passing certifications, and the reaction of his management upon learning of his achievement!

Interview

Hightest: You obtained all the ISTQB certifications in just 4 years and 3 days. Why did you set yourself this challenge?

Daniel Van der Zwan: After I had achieved the first 2 Expert Certifications, I did the first Specialist Certification. The Syllabi for the Specialist Certifications help you get additional insights into those specific topics & contributes to obtain a wider understanding on all aspects of testing in ‘special’ areas, which I really like. Furthermore this is also helpful in the preparation for the Expert level certifications. I decided after the first Specialist to try to obtain all Certifications within 4 years.

Hightest: Now that you have obtained all the ISTQB certifications, what is your next challenge?

Daniel Van der Zwan: First of all, I want to keep my knowledge up-to-date, meaning that I want to retake the exams for updated certifications (like CTAL-TM and CT-TAE) as well as any new Certifications the ISTQB releases. If there is any time left 😉, I am taking the Certification Exams for the UNITED Syllabi of which I have already 3 Certifications. These are helpful in addition to the ISTQB.

Furthermore I am actively involved in reviewing & commenting on new/updated Syllabi for both the ISTQB and UNITED, as well that I am involved in the creation of a brand new UNITED Syllabus together with other experts (I cannot disclose the topic yet)

Hightest: Have you ever set yourself other challenges in the past? (Not necessarily in the field of testing; we can easily imagine you climbing Everest!)

Daniel Van der Zwan: Not as hard as I did with this challenge 🙂

Hightest: How do you feel now that you have achieved this record?

Daniel Van der Zwan: Proud! Especially as I noticed that it is inspiring other people to expand their knowledge as well, that is the greatest reward for me.

Hightest: If you met another person who had all the certifications, what would you infer about them?

Daniel Van der Zwan: As far as I know, I am currently the only one with all 27 ISTQB Certifications, I would welcome & support anyone who is inspired to do the same.

Hightest: What is the quality that helped you the most in passing all these certifications?

Daniel Van der Zwan: There are a few qualities you will need to have, first of all dedication & discipline, support from the people at home (it is taking a LOT of time) and last but not least, you need to be a little bit crazy…

Hightest: What is your favorite method for studying?

Daniel Van der Zwan: I have created my own approach, my 7 step principle

  • Step 1 – read the Syllabus
  • Step 2 – extract all learning objectives
  • Step 3 – try to formulate your own questions
  • Step 4 – answer them
  • Step 5 – check the answer with the syllabus
  • Step 6 – focus on the weak spots
  • Step 7 – take the practise exam from the ISTQB

Hightest: Which certification did you find the most difficult?

Daniel Van der Zwan: Any of the Expert Levels, these are the hardest by far.

Hightest: The most exciting?

Daniel Van der Zwan: I have to choose the same, any of the Expert Levels.

Hightest: What does your employer think of your collection?

Daniel Van der Zwan: My employer is very proud to have me on board, after achieving the 27th Certificate they have created a trophy “World Champion ISTQB Exams”


Hightest: Have you noticed that your profile has become more attractive to companies since you obtained all these certifications?

Daniel Van der Zwan: Yes I have noticed that, however as you can see in the answer on the previous questions, I have a great employer so I am happy to be part of this company.

Hightest: Are TMMi certifications on your radar? What do you think of this framework?

Daniel Van der Zwan: Yes and no, I am interested in doing these as well, however not in the short term. It looks valuable to me to start looking into this in future, I have read a lot about it in my preparation for the Expert Level Test Process Improvement. I have even developed my own model for an assessment on test process maturity which is partly based on the TMMi for the company I work for.

Hightest: You participated in the development of the new version of ISTQB Foundation. How did that go?

Daniel Van der Zwan: I have participated in reviewing & commenting on various Syllabi, for example (not limited to) CTFL4, CTAL-TM, CT-ATLaS, CT-TAE.

It is an honor to be part of these reviews. If you are interested to participate in this as well, you can check with your national ISTQB representative if they need reviewers. Of course you need to sign an NDA and have sufficient knowledge & experience.

 

Thank you to Daniel Van der Zwan for this interview, and good luck to everyone training for a certification!

Passer TOUTES les certifications ISTQB : l’exploit de Daniel Van der Zwan

Daniel Van der Zwan est ingénieur assurance qualité, spécialisé dans les systèmes d’information de logistique maritime. Ce QA basé aux Pays-Bas a dernièrement relevé un remarquable challenge : celui de passer l’ensemble des certifications ISTQB  (27 au total) !

C’est avec beaucoup de joie que nous avons recueilli son témoignage.

Découvrez ses nouveaux challenges, ses astuces pour réussir les certifications, mais aussi la réaction de sa hiérarchie en apprenant son exploit !

Cet article en français est une traduction de notre échange ; le texte original est dans un autre article.

Interview

Hightest : Vous avez obtenu toutes les certifications ISTQB en seulement 4 ans et 3 jours. Pourquoi vous êtes-vous lancé ce défi ?

Daniel Van der Zwan : Après avoir obtenu les 2 premières certifications Expert, j’ai passé la première certification Spécialiste. Les syllabus pour les certifications Spécialistes permettent d’obtenir des informations supplémentaires sur ces sujets spécifiques et contribuent à une compréhension plus large de tous les aspects du test dans des domaines « spéciaux », ce qui me plaît beaucoup. De plus, cela aide également à la préparation des certifications de niveau Expert. J’ai décidé après la première certification Spécialiste de tenter d’obtenir toutes les certifications en 4 ans.

Hightest : Maintenant que vous avez obtenu toutes les certifications ISTQB, quel est votre prochain défi ?

Daniel Van der Zwan : Tout d’abord, je voudrais maintenir mes connaissances à jour, ce qui signifie que je voudrais repasser les examens pour les certifications mises à jour (comme CTAL-TM et CT-TAE) ainsi que toute nouvelle certification publiée par l’ISTQB. S’il me reste du temps 😉, je passerai les examens de certification pour les syllabus UNITED, dont j’ai déjà 3 certifications. Ceux-ci sont utiles en complément de l’ISTQB. De plus, je suis activement impliqué dans la révision et les commentaires des nouvelles versions des syllabus pour l’ISTQB et UNITED, ainsi que dans la création d’un tout nouveau syllabus UNITED avec d’autres experts (je ne peux pas encore divulguer le sujet).

Hightest : Avez-vous déjà relevé d’autres défis dans le passé ? (Pas nécessairement dans le domaine des tests ; on peut facilement imaginer que vous ayez gravi l’Everest !)

Daniel Van der Zwan : Pas aussi difficile que ce défi 🙂

Hightest : Comment vous sentez-vous maintenant que vous avez accompli ce record ?

Daniel Van der Zwan : Fier ! Surtout en constatant que cela inspire d’autres personnes à élargir leurs connaissances également, c’est la plus grande récompense pour moi.

Hightest : Si vous rencontriez une autre personne ayant toutes les certifications, que déduiriez-vous à son sujet ?

Daniel Van der Zwan : Autant que je sache, je suis actuellement le seul à avoir les 27 certifications ISTQB. J’encouragerais et soutiendrais toute personne qui aspirerait à faire de même.

Hightest : Quelle est la qualité qui vous a le plus aidé à réussir toutes ces certifications ?

Daniel Van der Zwan : Il y a plusieurs qualités nécessaires : tout d’abord le dévouement et la discipline, le soutien des proches (cela prend BEAUCOUP de temps) et enfin, il faut être un peu fou…

Hightest : Quelle est votre méthode préférée pour étudier ?

Daniel Van der Zwan : J’ai créé ma propre approche, mon principe en 7 étapes :

  • Étape 1 – lire le syllabus
  • Étape 2 – extraire tous les objectifs d’apprentissage
  • Étape 3 – essayer de formuler mes propres questions
  • Étape 4 – y répondre
  • Étape 5 – vérifier la réponse avec le syllabus
  • Étape 6 – me concentrer sur mes points faibles
  • Étape 7 – passer l’examen pratique de l’ISTQB

Hightest : Quelle certification avez-vous trouvée la plus difficile ?

Daniel Van der Zwan : N’importe laquelle du niveau Expert, ce sont de loin les plus difficiles.

Hightest : La plus enthousiasmante ?

Daniel Van der Zwan : Je dois répondre la même chose, n’importe laquelle du niveau Expert.

Hightest : Que pense votre employeur de votre collection ?

Daniel Van der Zwan : Mon employeur est très fier de m’avoir dans l’équipe, après avoir obtenu la 27e certification, mes collègues ont créé un trophée « Champion du Monde des Examens ISTQB ».

Hightest : Avez-vous remarqué que votre profil est devenu plus attractif pour les entreprises depuis que vous avez obtenu toutes ces certifications ?

Daniel Van der Zwan : Oui, je l’ai remarqué. Cependant, comme vous pouvez le voir dans la réponse précédente, j’ai un excellent employeur et je suis heureux de faire partie de cette entreprise.

Hightest : Visez-vous les certifications TMMi ? Que pensez-vous de ce framework ?

Daniel Van der Zwan : Oui et non, cela m’intéresse aussi, mais pas à court terme. Il me semble utile de commencer à m’y pencher à l’avenir. J’ai beaucoup lu à ce sujet dans ma préparation pour le niveau Expert en Amélioration des Processus de Test. J’ai même développé mon propre modèle d’évaluation de la maturité des processus de test, en partie basé sur le TMMi, pour l’entreprise dans laquelle je travaille.

Hightest : Vous avez participé au développement de la nouvelle version de la Fondation ISTQB. Pouvez-vous nous en parler ?

Daniel Van der Zwan : J’ai participé à la révision et aux commentaires de divers syllabus, par exemple (mais pas exclusivement) CTFL4, CTAL-TM, CT-ATLaS, CT-TAE. C’est un honneur de faire partie de ces révisions. Si vous aussi vous souhaitez participer, vous pouvez demander à votre représentant national ISTQB s’ils ont besoin de réviseurs. Bien sûr, vous devrez signer un accord de confidentialité et avoir des connaissances et une expérience suffisantes.

 

Merci à Daniel Van der Zwan pour cet échange et bon courage à toutes les personnes qui s’entraînent pour passer une certification !

Comment on atterrit dans le test

En septembre 2022, nous vous avons proposé 15 histoires de reconversion dans le test logiciel.

Suite au succès de cet article, nous avons décidé de collecter de nouveaux récits de reconversion ! Les témoignages se suivent et ne se ressemblent pas. Le fil rouge est de suivre ses ambitions et de croire en sa capacité à mettre à profit ses compétences ainsi que ses expériences passées.

Une fois de plus, nous souhaitons bon courage à toutes les personnes qui s’engagent sur ce chemin. C’est une belle carrière dans le test qui s’offre à vous !

Cerise sur le gâteau, cet article vous permettra d’en savoir plus sur quelques profils Hightest issus d’une démarche de reconversion ! Vous reconnaîtrez également des noms du monde du test qui vous seront familiers 😉

Sommaire

  1. Un océan de qualité, avec Alexandrine Philip Brutel
  2. Le goût du test, avec Nancaidah Touré-Chauvin
  3. Serial reconverter, avec Josselin Buisson
  4. De la recherche… à la recherche (de la qualité), avec Olsen Rainness Mouloubou
  5. Comment faire feu de tout bois, avec Jordan Sorvas
  6. Du marketing au testing, avec Rémy Albinet
  7. L’ambition avant tout, avec Vladimir Fouillade
  8. De l’autre côté du miroir, avec Dorian Misser
  9. Many similarities indeed, avec Valentine Lange

Un océan de qualité

Alexandrine Philip Brutel a rejoint Hightest en début d’année 2023. La passion de la qualité l’anime, et ses pratiques prennent leur source dans une longue expérience passée dans un tout autre domaine, celui de la biologie marine.

Mon parcours professionnel est une aventure passionnante marquée par un changement audacieux. Mon amour inné pour les profondeurs océaniques m’a initialement conduite vers le monde fascinant de la biologie marine. Le vaste océan était mon terrain de jeu, et j’ai plongé tête la première dans l’étude des créatures mystérieuses qui peuplent ses eaux.

Les années que j’ai passées dans le domaine de la biologie marine ont été riches en découvertes et en émerveillement. J’ai pu observer les coraux multicolores, étudier les comportements complexes de divers vertébrés et invertébrés, et scruter les écosystèmes marins fragiles avec un sens de l’admiration renouvelé à chaque instant. Cela m’a conduite tout droit à étudier les impacts néfastes des pollutions d’origines diverses, métaux lourds, substances chimiques et pharmaceutiques jusqu’aux changements climatiques, de plus en plus perceptibles et dévastateurs sur les océans et notre environnement tout entier. Mon travail n’était pas seulement une carrière, mais une véritable passion.

Cependant, comme les courants marins en perpétuel mouvement, ma vie a également pris une direction nouvelle et inattendue. Les écueils du monde de la biologie marine, tels que les contraintes budgétaires et les défis logistiques, s’accompagnant du manque de missions pérennes, m’ont obligée à prendre du recul et à me projeter dans une autre direction. J’ai réalisé que mes compétences et mon esprit analytique pourraient être appliqués dans d’autres domaines, et c’est ainsi que je me suis aventurée dans le domaine du test logiciel.

Un diplôme d’ingé en agro et 2 masters en poche m’ont permis de rejoindre une filière en génie logiciel sous un format court mais percutant, puis une POEC en test logiciel. Ma reconversion a été facilitée par de bons formateurs qui ont su me montrer que mes qualités en bio marine seraient essentielles et transposables dans le monde du logiciel. Mon expérience en biologie marine m’a dotée d’une attention méticuleuse aux détails, des qualités essentielles pour garantir la qualité des logiciels sur lesquels je travaille.

Ce changement de cap n’a pas été sans défis, mais chaque obstacle a été une opportunité de croissance. Mon passé en biologie marine m’a appris à être adaptable et résiliente, des traits de caractère qui se sont révélés inestimables dans le monde du test logiciel en constante évolution.

Ainsi, mon parcours professionnel est une fusion harmonieuse de ma passion pour la biologie marine et ma nouvelle expertise dans le test logiciel. Bien que les océans ne fassent plus partie de mon quotidien professionnel, leur esprit d’exploration et de découverte continue à guider chacun de mes pas. Mon parcours est la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer et pour trouver de nouvelles façons d’appliquer nos talents uniques.

Mon parcours est la preuve vivante qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer et pour trouver de nouvelles façons d’appliquer nos talents uniques.

Alexandrine Philip Brutel

Le goût du test

Nancaidah Touré-Chauvin est à la tête de l’excellent podcast Qalisty. Elle est passée, elle aussi, par un chemin de reconversion, qu’elle nous confie aujourd’hui.

À l’origine, j’étais partie vers l’hôtellerie-restauration parce que j’adore manger. C’est vraiment une passion. Donc je voulais m’aventurer dans ce secteur dès le collège. Je m’imaginais pâtissière.

Convaincus qu’un parcours académique m’amènerait plus loin, mes parents ont mis leur véto et m’ont poussée en filière généraliste. J’ai donc passé un bac en sciences économiques et sociales (à l’époque ça s’appelait comme ça, je ne sais pas si c’est toujours le cas). Une fois cette étape franchie, j’ai continué en école hôtelière, avec toujours cette envie de me rapprocher de la gastronomie. Très vite, j’ai constaté que mon niveau de passion ne faisait pas le poids face aux contraintes du secteur.

À l’époque, j’habitais en banlieue éloignée et me levais à 4h30 presque tous les week-ends pour aller travailler sur Paris. Après avoir bossé un peu à gauche, à droite, dans des hôtels et des restaurants, en parallèle de mes études, je me suis dit que je n’allais peut-être pas faire ça pendant 40 ans. Même si le master que j’ai poursuivi par la suite me permettrait d’accéder à des postes d’encadrement, je voyais venir le moment où j’en aurais marre des horaires décalés et des troubles musculosquelettiques.

J’ai effectué une licence et master en alternance, ce qui m’a donné l’occasion de découvrir le monde de la restauration collective. Encore une fois, j’y ai appris beaucoup, mais ça m’a confirmé que je devais changer de secteur rapidement. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je pense qu’on est nombreux à passer par une traversée du désert à la fin de nos études, à se demander si les 3, 4, 5, parfois 8 années qu’on vient de passer à se spécialiser sont vraiment pertinentes. On suit la voie empruntée par défaut mais ce n’est que reculer pour mieux sauter.

Je tenais un blog à l’époque sur lequel je parlais de restaurants dans lesquels j’avais été. Je l’ai tenu pendant 4, 5 ans. J’étais très attirée par tout ce qui a trait à internet (forcément notre génération [Y] passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux) et je me suis dit pourquoi pas aller vers quelque chose comme ça qui allierait médias technologiques et ce pour quoi j’ai été formée, donc l’hôtellerie-restauration. Me voilà donc en recherche de poste dans la foodtech.

J’ai postulé dans une start-up qui était à l’époque un Deliveroo pour entreprises. Et j’ai été prise. Un an plus tard, le covid est arrivé, licenciement économique.

De là, les choses se sont enchaînées. J’ai suivi un bootcamp pour apprendre à coder puis j’ai suivi une formation en test (Fitec). Je ne connaissais pas le métier mais m’orienter dans ce secteur est clairement une des meilleures décisions que j’ai prises. Si bien que j’ai décidé de créer un podcast pour dire au monde que le test méritait d’être vu et reconnu ;).

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, je pense qu’on est nombreux à passer par une traversée du désert à la fin de nos études, à se demander si les 3, 4, 5, parfois 8 années qu’on vient de passer à se spécialiser sont vraiment pertinentes.

Nancaidah Touré-Chauvin

Serial reconverter

Désormais testeur automaticien et développement RPA, le parcours de Josselin Buisson est un exemple par excellence de la valeur ajoutée d’un parcours varié dans une carrière de QA.

Quand on ajoute beaucoup de cordes à son arc 😀

Je commencerais par une impression, celle d’avoir été testeur dès mon plus jeune âge… Je m’explique :

J’ai commencé à me poser beaucoup de questions à l’école : quelles études, pour quel métier, pour quelle satisfaction ?

Ne voulant pas m’embarquer pour plusieurs années d’études et me brider à un seul métier sans savoir si celui-ci me plairait, je me suis donc contenté d’un humble bac +2 dans la comptabilité pour très vite essayer (tester ?) différents métiers.

Avec un premier poste dans la comptabilité histoire de faire suite à ces courtes études, j’ai vite été lassé et commencé quelques projets en parallèle.

D’abord, une première expérience dans la restauration avec la tentative d’ouvrir mon propre restaurant, en partenariat avec un ami cuisinier (projet non abouti car appelé pour participer à l’émission Top Chef 2016 – Xavier P).

Ensuite, une seconde dans le massage et le bien-être puis dans le coaching sportif, toujours en parallèle de mon premier métier de comptable.

Après ces premiers « tests », j’ai définitivement quitté la comptabilité pour me reconvertir une première fois en tant que cadre transport à la SNCF. Beaucoup de choses à découvrir, métier très intéressant mais ne me correspondant pas pour diverses raisons, j’ai finalement tenté une ultime reconversion vers les métiers de l’IT. Jusqu’à il y a peu inaccessibles car pas d’expérience ni de diplôme et encore moins l’envie de recommencer des études d’ingénieur à presque 30 ans… je me suis donc retroussé les manches pour apprendre quelques langages et développer des sites web en autodidacte. Je voulais acquérir quelques bases afin de les ajouter à mes précédentes expériences et avoir un peu plus de chance d’accéder au monde de l’informatique. Par chance, c’est à ce moment-là que Pôle Emploi m’a contacté et proposé une reconversion au sein de l’EQL en tant que Testeur + Automaticien de test.

Plutôt dubitatif au démarrage car il s’agissait d’un métier assez nouveau en France (peu de REX en dehors des fameux testeurs de jeux vidéo), j’ai assez rapidement pu faire le lien avec mes expériences passées et ce nouveau métier.

Voici comment celles-ci viennent aujourd’hui nourrir ma pratique du test :

  • Comptabilité : rigueur, reporting et recherche d’anomalies comptables
  • Restauration : tester des ingrédients et recettes, suivre rigoureusement une recette et vérifier un résultat attendu (mmmh, c’est bon !)
  • Bien-être et sport : analyse du corps et de l’esprit, détecter les maux et proposer une solution pour les soulager ou un programme pour améliorer son quotidien.
  • Transport : aussi rigoureux que la comptabilité, le droit à l’erreur est proche de 0 car la vie des passagers est entre nos mains. Suivi de processus sensibles, mesures à prendre en cas d’urgence, support « utilisateur » (passagers et conducteurs)

Je vous épargne les nombreuses autres expériences que j’ai pu faire en tant que job d’été ou « au black » durant ma jeunesse car principalement dans la restauration, déjà cité précédemment.

C’est en grande partie grâce à l’EQL et leur accompagnement que j’ai pu faire le parallèle avec mes précédentes expériences. En effet, dès l’arrivée dans cette école de reconversion, c’est la première chose à travailler et mettre en avant face aux futurs recruteurs.

Par la suite, j’ai très rapidement évolué dans les métiers du test. En commençant par du fonctionnel, je suis passé à l’automatisation puis à la formation. À ce jour, j’ai l’honneur d’être partagé entre des clients et mon ancienne école de reconversion pour laquelle je suis aujourd’hui formateur. Mon poste actuel est donc à l’image de ma carrière : hybride et très varié !

C’est en grande partie grâce à l’EQL et leur accompagnement que j’ai pu faire le parallèle avec mes précédentes expériences. En effet, dès l’arrivée dans cette école de reconversion, c’est la première chose à travailler et mettre en avant face aux futurs recruteurs.

Josselin Buisson

De la recherche… à la recherche (de la qualité)

Dans son quotidien de QA, Olsen Rainness Mouloubou met à profit l’exigence qu’il a acquise lors de son passé de chercheur.

Je suis docteur en chimie, j’ai ensuite réalisé une reconversion dans le Cobol puis je me suis lancé en autodidacte dans le test (fonctionnel, non fonctionnel, automatisation). Je peux donc dire que j’ai toujours été dans le monde de la qualité, qualification… Le monde de la recherche est peu comme le monde du test, il faut donner aux « clients » un produit sans problème.

Mes expériences passées m’ont aidé à développer les compétences suivantes :

  • Adaptabilité : en effet, on ne teste pas de la même manière un projet, et surtout avec les avancées actuelles il faut évoluer pour que le métier du test ne disparaisse pas.
  • Analyse : un peu comme dans la recherche, il faut savoir tirer l’essentiel d’une campagne de test.
  • Écoute
  • Travail en équipe
  • Dépassement de soi.

Le monde de la recherche est peu comme le monde du test, il faut donner aux « clients » un produit sans problème.

Olsen Rainness Mouloubou

Comment faire feu de tout bois

Jordan Sorvas fait du test depuis 2020 ; il était auparavant dans le domaine bancaire.

Mon ancien poste : stagiaire analyste crédit sur le risque de contrepartie à la Société Générale.

Avant je cherchais à détecter les découverts et les impayés, maintenant je cherche à détecter les bugs.

Avant j’avais une date limite avant de remettre des rapports trimestriels sur les risques, maintenant ça m’aide à tenir des délais, et à adapter mon langage et mes mots en fonction de mes interlocuteurs.

Au-delà de ça, deux expériences me servent :

Les voyages

Ils m’ont permis d’essayer différentes façons pour me faire comprendre, et de considérer de nouvelles cultures.

Très utile lorsque je dois présenter des résultats à des développeurs, chefs de projets, testeurs manuels, AMOA, product owner, car je n’adopte jamais les mêmes termes selon mes interlocuteurs.

Apprendre constamment de nouvelles choses (livres, blogs, vidéos)

De la maternelle au Master 2, j’ai toujours eu à apprendre, même en dehors de mes cours. Maintenant c’est au tour du test !

Avant j’avais une date limite avant de remettre des rapports trimestriels sur les risques, maintenant ça m’aide à tenir des délais, et à adapter mon langage et mes mots en fonction de mes interlocuteurs.

Jordan Sorvas

Du marketing au testing

Travaillant précédemment dans le référencement, Rémy Albinet a pu ensuite mettre à profit de précieux soft skills dans le domaine du test logiciel.

Sorti d’une formation web marketing, je me suis orienté plus naturellement sur l’aspect référencement de cette discipline. La particularité du référencement est qu’il y existait 2 grandes disciplines : naturelle (SEO) et payante (SEA).

Ces 2 disciplines requièrent certaines compétences qui m’ont grandement servi lors de ma reconversion dans le métier du test logiciel : l’esprit critique, l’esprit d’analyse, l’adaptabilité, la connaissance de son environnement et la communication.

Esprit critique et d’analyse

En référencement, notamment en agence, on rencontre souvent des clients ayant déjà des sites en lignes et ou de campagnes en ligne, il faut donc prendre suffisamment de recul pour pouvoir analyser et identifier les points d’amélioration et les défauts existants.

Connaissance de son environnement & adaptabilité

Après avoir identifié les points d’améliorations et défauts existants, on doit pouvoir être capable de proposer des axes d’améliorations, en fonction de différents paramètres et notamment de l’environnement (marché, budget, volonté/objectif du client, concurrence, réglementation…)

Communication

L’un des aspects les plus importants, car il s’agit de présenter à une personne ne parlant pas le même langage (aspect technique/métier VS attente/méconnaissance client), les tenants et les aboutissants des actions à mettre en place et surtout expliquer que l’on ne peut pas être premier sur Google en 2min ^^.

Ces axes m’ont grandement servi lors de ma reconversion et surtout lors de ma première prise de poste, en tant que testeur au sein d’une équipe agile. Et ils me servent toujours actuellement.

En tant que testeur, aujourd’hui j’utilise mon esprit critique et d’analyse, pour challenger les définitions fonctionnelles et le développement d’une feature/appli/interface… La connaissance de l’environnement et l’adaptabilité, afin de pouvoir proposer des cas de tests répondant le plus possible aux attentes de l’utilisateur final et aux possibilités d’utilisations par ses derniers. Et la communication évidemment car dans tous les cas c’est essentiel lorsque l’on travaille en équipe, que ce soit en agilité ou pas, si on veut faire de la qualité.

En tant que testeur, aujourd’hui j’utilise mon esprit critique et d’analyse, pour challenger les définitions fonctionnelles et le développement d’une feature/appli/interface…

Rémy Albinet

L’ambition avant tout

Vladimir Fouillade a démarré sa carrière dans le journalisme de presse quotidienne régionale.

Je n’ai qu’un bac validé mais l’impression d’avoir 5 vies d’expérience concrète derrière moi. Le métier du test ne s’est jamais résumé pour moi à un intitulé de poste : c’est simplement la promesse mouvante de la qualité. […] La clé c’est l’adaptabilité, la curiosité et la souplesse au sens large. Il faut être capable de savoir de quoi on est capable et ce dont on a envie.

Le métier du test ne s’est jamais résumé pour moi à un intitulé de poste : c’est simplement la promesse mouvante de la qualité.

Vladimir Fouillade

De l’autre côté du miroir

Dorian Misser a rejoint la team Hightest en décembre 2023, à l’issue d’une reconversion dans le domaine du test logiciel. Avant cela, il a créé une entreprise dans le domaine du sport. Il revient sur un moment clé de son passionnant parcours d’entrepreneur.

En 2020, mon frère et moi avons pris la décision de nous lancer dans l’entrepreneuriat avec une idée assez simple : permettre aux triathlètes de découvrir des équipements innovants au service de leur pratique.
Nous avons donc traduit cette idée dans une box aux dimensions d’une boîte à chaussure envoyée tous les deux mois, achetable sur internet via un abonnement ou une carte cadeau. C’est lors de la création de notre site internet que j’ai eu ma première interaction avec le test logiciel.

En effet, lors du processus de création du site internet, nous avons pu proposer notre vision tout en faisant confiance à la compétence technique du prestataire pour réaliser le meilleur site web. Et c’est lors de la livraison de ce dernier que nous avons pu découvrir la nécessité d’une stratégie de test au service du produit et par extension du client final.

Pour résumer voici la liste des conseils que j’aurais aimé avoir avant le développement du site internet :

  • La création d’une base d’exigences exhaustive pouvant être challengée et une meilleure compréhension de ces dernières permettent une relation plus apaisée entre les parties prenantes du projet ;
  • Les échanges récurrents lors de l’ensemble du processus de développement peuvent sembler être une perte de temps sur la durée du projet mais ils se ressentent positivement sur la qualité finale du produit ;
  • La nécessité d’avoir la possibilité de tester tôt dans le projet pour prévenir les anomalies majeures ou bloquantes au plus tôt dans le développement.

Cette expérience me permet aujourd’hui d’anticiper ce genre de problèmes, tout en développant mon empathie envers les acteurs métiers, vu que j’ai moi-même déjà été à leur place.

C’est lors de la création de notre site internet que j’ai eu ma première interaction avec le test logiciel.

Dorian Misser

Many similarities indeed

Valentine Lange, avant d’être testeuse, était traductrice.

La traduction nécessite de faire preuve de beaucoup de polyvalence (spoiler, j’adore ça !), entre les compétences linguistiques et techniques nécessaires, les recherches terminologiques, la connaissance des cultures et des langues sources et cibles. C’est cet aspect multitâche et adaptatif que je retrouve et que j’apprécie tout particulièrement dans le métier de testeuse. Il y a bien sûr une dimension technique propre à chacune de ces deux spécialités, la linguistique et l’informatique, qui requièrent des compétences spécifiques, mais on est amené à rencontrer des situations, des applications et des mécaniques variées.

Ces deux métiers exigent aussi une grande curiosité et une ouverture d’esprit. Il convient d’effectuer de nombreuses recherches et explorations pour nourrir ses choix et ses réflexions ainsi que pour enrichir son expérience. De l’organisation, de la rigueur sans oublier une touche de créativité s’avèrent être des qualités essentielles. Il me paraît important de développer ses capacités d’analyse et de réflexion pour s’adapter au mieux à la situation rencontrée et pour répondre à la demande exprimée. J’ai aussi appris à savoir faire preuve de flexibilité et à m’adapter aux différents outils, aux divers produits, aux multiples clients…

La communication représente un autre point commun important entre ces deux professions. J’ai acquis grâce à la traduction une bonne aisance rédactionnelle, qui me sera très utile dans le métier de testeuse. En effet, la lisibilité, l’argumentation et la clarté constituent des éléments indispensables à la mise au point de cas de tests et de reportings efficaces.

Je suis ravie d’avoir trouvé une nouvelle carrière qui me permet de réutiliser bon nombre de compétences et de qualités développées depuis de nombreuses années, et qui correspond tout autant à ma personnalité 🙂

Valentine Lange

Conclusion

La diversité des profils est l’une des grandes richesses du monde du test logiciel. Votre vie professionnelle vous a apporté de nombreuses compétences utilisables dans un grand nombre de métiers, à vous de vous essayer à cette profession si elle vous attire ! On vous attend !

[Témoignage] Un site web à l’épreuve du crowdtesting !

Cette année 2023, la plateforme de crowdtesting Testeum, dont Hightest a posé les fondations, offre une campagne par mois à un projet calédonien innovant !

Vous trouverez dans cet article un nouveau témoignage, de la part des personnes en charge du site web Agripedia.

Pour rappel, un premier témoignage a été produit concernant une application mobile, celle de Domaine NC.

Qui êtes-vous ?

Je suis Estelle Bonnet-Vidal, consultante en communication scientifique (Lincks), prestataire pour l’institut agronomique néo-calédonien (IAC), AMO et rédactrice scientifique pour le site internet Agripedia depuis 2018. Je suis accompagnée de Christina Do, rédactrice scientifique pour Agripedia et assistante de communication à l’IAC. Nous sommes mandatées par Laurent L’Huillier, le directeur de l’IAC, qui est à la tête de la création d’Agripedia.

À quoi sert le site Agripedia et à qui s’adresse-t-il ?

Agripedia met à disposition des fiches techniques sur l’agriculture locale au sens large. Le site compte actuellement plus de 220 fiches techniques dans des domaines très variés : les plantes utiles (alimentaires, ornementales, médicinales, revégétalisation), les animaux d’élevage, la lutte contre les ravageurs, les auxiliaires de culture…

Notre volonté est d’en faire un site de référence régional, une encyclopédie qui permet aux agriculteurs, aux agricultrices et à tous ceux qui jardinent de trouver des informations précises, utiles, faciles à trouver, faciles à lire pour qu’ils puissent cultiver et mener à bien leurs productions et gagner un temps précieux. C’est un enjeu important de sécurité alimentaire dans un contexte de dérèglements globaux et de transition agroécologique.

Crédit : Midjourney

À quelle(s) question(s) vouliez-vous que la campagne de crowdtesting réponde ?

Nous voulions savoir si les contenus mis en ligne étaient agréables et faciles à lire et si les internautes naviguaient agréablement dans le site et trouvaient facilement certaines fonctionnalités innovantes, telles que les filtres et les PDF.

Je vous mets les questions que nous avons posées (nldr : ci-dessous sont les objectifs de test saisis dans Testeum) :

  • Vérifiez que la navigation est intuitive et agréable
  • Vérifiez que vous trouvez comment faire une recherche multicritères avec plus de 5 critères et que les résultats vous paraissent cohérents
  • Vérifiez que vous trouvez facilement quelles sont les plantes ornementales en fleurs pour le mois d’avril
  • Vérifiez que vous arrivez à générer et télécharger le PDF d’une fiche sur plusieurs thématiques différentes
  • Vérifiez la clarté du contenu, à savoir si les fiches sont faciles à lire et à comprendre

Qu’avez-vous pensé des retours des crowdtesters ?

J’ai été étonnée par la rapidité des réponses, moins de 24 h. Les crowdtesteurs nous ont signalé plusieurs bugs (à 75 % mineurs) que nous n’avions pas vus et ils le font avec sérieux. Cela nous a permis de nous conforter dans les pistes d’amélioration que nous avions en tête.

Qu’avez-vous pensé de la plateforme elle-même ?

Tout d’abord, je tiens à remercier toute l’équipe Testeum de nous avoir offert cette campagne. J’ai vraiment apprécié de découvrir cette plateforme que je ne connaissais pas. Je l’ai trouvée facile à prendre en main et on peut aisément interagir avec les crowdtesteurs.

Tiens, c’est quoi qui brille par terre ? Une lampe ? HA, voici le génie de Testeum, vous pouvez faire 3 vœux de nouvelles fonctionnalités sur la plateforme !

Selon moi, je pense que pour tout achat de la première campagne, vous devriez offrir une campagne-test, par exemple avec trois crowdtesteurs. Cela permettrait de découvrir la plateforme, la prendre en main, et surtout de voir comment il faut formuler correctement nos questions aux internautes. C’est très stratégique et cela demande de comprendre comment l’outil marche pour ensuite formuler nos questions avec précision.

Je pense également qu’il faudrait offrir la possibilité d’interagir en visio, via une petite fenêtre vidéo avec un ou deux crowdtesteurs. Les rapports des crowdtesteurs sont pertinents mais ils sont courts et on aimerait creuser un peu pour aller plus dans les détails. Les échanges humains par messagerie se concentrent sur les bugs et ne permettent pas de détecter la palette d’émotions qui accompagnent la découverte d’un site. Est-ce qu’il est agacé de ne pas trouver certaines infos ? est-ce qu’il est heureux d’avoir appris des choses ?

Avoir la possibilité de poser plus de questions avec le forfait proposé.

Dernier point, je pense qu’un PDF qui résume l’ensemble des bugs trouvés par les crowdtesteurs et que l’on peut ensuite archiver serait pertinent.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui envisagerait une démarche de crowdtesting pour tester son produit ?

De bien réfléchir aux questions à poser. C’est la clé pour avoir des réponses pertinentes et améliorer ensuite son site.

Crédit : Midjourney

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Merci à Estelle et Christina d’avoir misé sur la qualité logicielle, et d’avoir pris le temps pour ce témoignage ! Vous voulez jeter un oeil à la campagne Testeum d’Agripedia ? En voici l’adresse !

Et si vous voulez vous inscrire sur Testeum pour réaliser des tests et obtenir un revenu complémentaire, c’est par ici !

L’image mise en avant contient des photos générées par Midjourney.