Jeu d’immersion – Test management – ISTQB CTAL-TM

Introduction

Pour bien démarrer l’année 2026, nous vous proposons une expérience interactive inédite ! 🤩

Ce blog va devenir momentanément un jeu dont vous serez l’illustre détective…

En 2024, l’ISTQB a publié une nouvelle version du syllabus sur le management des tests. Un document très riche en ressources, et dont les questions d’examen sont assez exigeantes. D’une durée de deux heures (contre une heure pour les examens de niveau Fondation et Spécialiste), l’examen propose des questions à 1, 2 ou 3 points.

La longueur des questions est parfois intimidante. De notre côté, nous les trouvons particulièrement bien faites : bien souvent, « trop » d’informations sont données, et il faut faire le tri pour trouver l’indice véritablement pertinent. Et ça, c’est tout à fait représentatif d’un quotidien de test manager !

Il y a quelques mois, nous vous proposions un QCM pour réviser les notions du syllabus ISTQB CTAL-TM (Certified Tester Advanced Level – Test Management). Ce genre de format de révision est pratique pour revoir rapidement les concepts. Toutefois, ces questions de révision ne donnent qu’un nombre assez limités d’informations sur le contexte, et ne ressemblent pas vraiment aux longues questions qu’on peut trouver lors de l’examen.

Pour compléter cette ressource, nous vous proposons donc aujourd’hui un jeu d’immersion !

Cette immersion se présente comme une boîte de réception fictive, dans laquelle vous trouverez des mails contenant des informations dispersées, utiles pour répondre aux questions.

Vos meilleures réponses seront publiées dans un prochain article !

Vous pouvez bien sûr choisir de ne répondre qu’à certaines questions.

Voici le lien pour fournir vos réponses.

Et maintenant, place au jeu !

Contexte

Vous êtes test manager au sein de la société Tekmanyax. Hier soir, pendant votre promenade, vous avez senti une fleur mystérieuse. Son odeur capiteuse a troublé votre esprit, et vous avez perdu une bonne partie de vos souvenirs. Votre médecin traitant vous assure que les effets vont se dissiper en 24 heures. Elle vous recommande de poser un arrêt de travail, mais vous avez l’intuition qu’on va avoir particulièrement besoin de vous aujourd’hui, et que vous allez très bien vous en sortir même avec ces troubles de la mémoire. Vous vous dites même que ce serait l’occasion de porter un regard nouveau sur votre quotidien !

Vous arrivez au travail sans rien dire à personne au sujet de votre amnésie. Heureusement, vous avez toujours votre boîte de réception pour vous fournir des informations précieuses, et vous savez que le syllabus ISTQB CTAL-TM vous donnera les bonnes clés pour avancer dans la compréhension de votre contexte…

Pour découvrir la boîte de réception, 💌 cliquez ici !

À vos réponses ! Nous avons hâte de les lire 😀

Faux positifs, faux négatifs… comment ne plus jamais les confondre ?

Il est courant de confondre les notions de faux positifs, faux négatifs, vrais positifs et vrais négatifs.

Dans cet article, nous proposons quelques astuces pour bien s’en souvenir. Ces notions ne sont pas seulement utiles lors d’un examen ISTQB, mais aussi dans son quotidien de QA !

Positif ou négatif ?

Concentrons-nous d’abord sur la première partie de l’expression.

Un test positif, c’est un test qui déclare qu’il a trouvé quelque chose. Un test de grossesse positif déclare “Il y a un embryon”. Un test PCR positif déclare “Il y a un virus”. Et un test logiciel positif déclare “Il y a un bug” !

Plusieurs moyens mnémotechniques peuvent être utilisés.

Moyen mnémotechnique 1 : les couleurs

La première voyelle de “positif” est la même première voyelle que “rouge”.

La première voyelle de “négatif” est la même première voyelle que “vert”.

Quand on exécute un test logiciel et qu’on considère qu’il nous a permis de détecter un bug, on lui met un statut “KO”, qui s’affiche bien souvent avec une pastille rouge. Positif = rouge !

De même, quand on exécute un test et qu’on ne trouve rien, on le met en “OK”, et c’est à ce moment-là une pastille verte qui s’affiche. Négatif = vert.

Moyen mnémotechnique 2 : une présence… ou une “n’absence” ?

Un test Positif déclare la Présence d’un bug.

Un test Négatif déclare qu’il N’y a pas de bug.

Vrai ou faux ?

Aucun résultat de test, que ce soit un test médical ou logiciel, n’est fiable à 100 %.

Ainsi, un test “en rouge” l’est peut-être à tort.

Prenons un exemple.

Adèle se base sur une spécification pour écrire des tests pour une application mobile. Or, cette spécification a été mise à jour, mais personne ne lui a transmis la dernière version. Au moment où elle exécute les tests, 10 tests échouent. Ces tests sont donc positifs (en rouge). Plus tard, elle découvre que sur ces 10 tests échoués, 8 sont en réalité conformes à des règles de gestion présentes dans la nouvelle version de la spécification. Les 8 tests sont donc positifs (rouges) à tort ; ils donnent un résultat faux : ce sont de faux positifs.

Les 2 autres tests positifs (rouges) expriment en revanche de réels écarts entre le comportement observé et le comportement attendu. Ces 2 tests positifs (rouges) disent donc vrai : ce sont des vrais positifs.

Inversement, un test OK, un test négatif (vert), peut passer à côté d’un bug. C’est donc un négatif qui dit faux ; un faux négatif.

Et enfin, le dernier, c’est le test qui annonce une bonne nouvelle (vert, négatif), et qui a raison de le faire : le vrai négatif !

Conclusion

Nous espérons que vous y voyez plus clair dans ces expressions. On vous souhaite beaucoup de vrais négatifs !

Comment devenir QA ?

Note : cet article a été mis à jour la dernière fois le 28 novembre 2025. Publication initiale : 12 décembre 2021.

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Il y a quelques années encore, il était relativement difficile de recruter des QA, y compris au niveau junior. Aujourd’hui, le marché a évolué et est devenu bien plus concurrentiel. Les pratiques d’automatisation des tests ont gagné en maturité, la généralisation des usages de l’IA est passée par là également… les exigences sont désormais assez élevées et aucun coup de pouce ne doit être négligé pour se lancer !

Voici donc quelques pistes à l’usage des personnes qui aspirent à embrasser ce métier.

Dans cet article, nous employons le terme « QA » au sens générique du terme ; cela englobe beaucoup de dénominations particulières que l’on peut retrouver par ailleurs (testeuse / testeur, automaticien / automaticienne, analyste qualité, spécialiste en test logiciel, test manager, gestionnaire de la qualité, etc).

Sommaire

  • Quelles sont les activités des QA ?
  • Quels prérequis pour devenir QA ?
  • Quels sont les outils des QA ?
  • Quelles sont les formations pour devenir QA ?

Quelles sont les activités des QA ?

Que font les QA de leurs journées ? C’est la première question que nous vous proposons d’aborder, car c’est aussi grâce à ça que vous pourrez vous projeter au mieux dans cette nouvelle profession.

Il n’y a pas de réponse unique. Les activités de test varient d’une entreprise à l’autre et même d’un poste à l’autre. Cela dépend du type de projet, du mode de développement, du domaine métier et d’autres facteurs encore. N’oubliez pas l’un des 7 principes généraux du test : les tests dépendent du contexte !

Voici tout de même une liste de quelques tâches qui brossent, dans les grandes lignes, un schéma plausible du quotidien d’un grand nombre de QA.

L’exécution des tests manuels à partir d’un référentiel de tests

L’exécution des tests manuels est la partie la plus visible de l’iceberg du test. Selon les cas, elle représente 0 à 99% du temps de travail. Vous avez bien lu : 0%. C’est la première idée reçue à combattre sur le métier : on ne passe pas notre temps à cliquer sur des boutons en suivant minutieusement d’austères modes opératoires.

Quoi qu’il en soit ; quand cela se présente, les QA se trouvent devant une fiche de test (ou, bien plus souvent, devant un outil de gestion des tests) qui détaille un scénario de test à exécuter. Un scénario de test décrit d’une part les actions à réaliser, d’autre part les vérifications à effectuer.

Un exemple de cas de test : « Se rendre sur la page d’accueil et cliquer sur le bouton « En savoir plus ». Une popup doit s’ouvrir, dont le contenu doit être défilable verticalement mais pas horizontalement. »

Les QA lisent la fiche de test et exécutent le scénario indiqué. Si le logiciel fait ce qui est demandé, on signale et passe au test suivant. Sinon, on rédige un rapport d’anomalie en respectant le format en vigueur dans son organisation.

Le risque de s’ennuyer existe, car les tests sont souvent répétitifs. Mais il faudra plus que de la patience pour exceller en tant que QA : il faudra faire en sorte de toujours tester comme si c’était la première fois !

Si vous débutez, il est possible qu’on vous demande de suivre à la lettre les scénarios de tests du référentiel. Cependant, si le contexte vous le permet, n’hésitez pas à sortir des scénarios indiqués pour faire des tests en complément. Au fur et à mesure, vous allez « flairer » les bugs de mieux en mieux ! L’exécution des cas de tests est une activité qui peut être fastidieuse, mais qui sera d’autant plus efficace que vous vous autoriserez à être créatif.

À noter que l’exécution des tests manuels à partir d’un référentiel est l’une des activités de test les plus susceptibles d’être prises en charge, à terme, par l’intelligence artificielle. De nos jours, il serait périlleux d’orienter sa carrière uniquement sur cette activité. Toutefois, elle nécessitera toujours un regard humain pour s’assurer que les tests ont été correctement exécutés et que les anomalies créées ne sont pas des faux positifs.

La conception des tests

La conception des tests est l’activité qui permet de construire le référentiel de tests, qui est utilisé pendant l’exécution des tests.

Cette conception se fait à partir d’un cahier des charges ou de tout autre document décrivant comment un logiciel devra fonctionner (spécifications, user stories… ce qui constitue ce qu’on appelle la base de test). À partir de ces documents faisant autorité, on imagine des scénarios à exécuter. La rédaction de cas de test est bien souvent outillée, de manière à améliorer la productivité de cette activité.

Les QA, pendant la conception des tests, doivent garder à l’esprit le fait que le temps alloué à l’exécution des tests est limité. Il faut donc bien cibler l’effort de test sur les fonctionnalités qui demandent le plus de test. Cela nécessite d’avoir une vue d’ensemble sur le logiciel à tester, et de définir, seul ou le plus souvent en équipe, une véritable stratégie de test.

Les tests exhaustifs sont impossibles, mais des tests excessifs sont bel et bien possible ; c’est ce qu’on appelle la surqualité.

Tester, c’est un travail d’équilibre !

La conception des tests est, au même titre que l’exécution manuel des tests à partir d’un référentiel, une activité pouvant être en bonne partie prise en charge par l’intelligence artificielle. La valeur ajoutée principale le cas échéant est de savoir exprimer correctement le besoin en conception des tests, fournir une relecture rigoureuse de ce qui est produit par l’IA, et apporter les éléments manquants. La conception des tests est un travail intellectuel exigeant qui ne sera pas « remplacé » de sitôt, si tant est que l’on développe un esprit critique affuté.

La gestion des anomalies

Créer des rapports d’anomalies est une chose ; faire en sorte que les bugs soient corrigés en est une autre. Les QA ne déboguent pas, c’est-à-dire ne corrigent pas les bugs). Il doit donc les prioriser, les rendre faciles à reproduire, bref orchestrer au mieux le travail de correction. Ce travail se fait souvent en bonne intelligence avec d’autres acteurs du projet.

La gestion des anomalies est un travail effectué tout au long d’un projet ; la criticité, la priorité et les étapes de reproduction d’un bug peuvent évoluer au fil du temps. Il est important d’avoir toujours des informations fiables sur la qualité du logiciel.

Les QA doivent donner une visibilité sur les anomalies ouvertes. Il s’agit de créer notamment des rapports indiquant les informations importantes sur le nombre et la nature des anomalies ouvertes. Ces rapports sont très importants, car ils permettent de prendre des décisions impactant la vie du projet (changement de priorités, décalage de la mise en production du logiciel).

La gestion des anomalies est un travail de compromis entre ce qu’il faut corriger et ce qu’il faut laisser tel quel à court terme. Cette activité présente un certain nombre de pièges organisationnels à anticiper autant que possible.

Les tests exploratoires

Quand on parle d’exécution des tests, un référentiel formel de tests n’est pas toujours utilisé. La conception des tests a parfois lieu… en même temps que l’exécution ! On parle alors de test exploratoire, qui représente un sous-ensemble important de méthodes de test. Ces pratiques permettent de sonder les produits en profondeur en se basant sur des hypothèses et problématiques spécifiques (exemple : « nos internautes se plaignent du moteur de recherche ; passons 40 minutes à explorer à fond cette fonctionnalité »).

L’automatisation des tests

Ah, là on s’attaque à un gros morceau !

Jouer les tests à la main encore et encore, ça a un coût et ça prend du temps. En tant que QA, il vous sera peut-être (probablement !) demandé d’automatiser une partie de vos tests.

Concrètement, vous allez écrire des scripts qui, une fois lancés, vont exécuter, comme en imitant une vraie personne, le scénario au sein du logiciel à tester. Un petit exemple en vidéo ?

Cela demande encore une fois de mettre en place une stratégie : on ne peut pas tout automatiser. Pour cette activité, on vous demandera certainement des compétences techniques (souvent, des connaissances en développement orienté objet). Vous devrez aussi faire preuve d’esprit critique afin de mettre au mieux à profit ce temps d’automatisation.

L’automatisation des tests est un autre domaine où l’intelligence artificielle apporte beaucoup. Toutefois, attention à ne pas trop lui déléguer, sous peine de ne pas savoir réellement ce que font vos scripts. Prenez le réflexe de relire rigoureusement tout le code produit, de vous assurer que vous le comprenez et qu’il réalise bien ce dont vous avez besoin.

Le management des tests

Cette famille d’activités est plutôt prise en charge par des profils aguerris en test. Au sein du processus standard de test, elle comporte le pilotage et le contrôle des tests, la planification des tests et la clôture des tests. Elle nécessite aussi d’avoir une vue d’ensemble sur les activités de test au sein du projet, voire de l’organisation.

En bref : un métier polyvalent

Bien d’autres activités encore pourraient être évoquées. Le métier de QA est un métier largement polyvalent. Vous aurez parfois l’opportunité d’inventer, de modeler votre poste selon les besoins en qualité que vous identifierez. L’esprit d’initiative sera valorisé, et il vous faudra développer vous-mêmes des stratégies, des tactiques et des astuces pour vous adapter à un grand nombre de situations ! Cela sera d’autant plus vrai dans les équipes agiles.

Ci-dessous, à titre d’exemple, voici la répartition du temps d’un QA sur une de nos dernières missions. Ce n’est pas un exemple à suivre absolument, simplement une illustration parmi d’autres de ce qu’il est possible de vivre dans le monde du test.

repartition-activité-du-testeur-logiciel

Pour finir, rien de tel que d’échanger avec d’autres QA pour se rendre compte des multiples facettes du métier ! Et pour ce faire, nous conseillons de rejoindre le groupe LinkedIn « Le métier du test ».

Quels prérequis pour devenir QA ?

Compétences professionnelles

Disposer d’une formation en informatique, que ce soit en formation initiale ou continue, paraît aujourd’hui indispensable, alors que c’était moins le cas il y a quelques années. Au cours de votre formation, il est très probable que vous passiez une ou plusieurs certifications, qui vous aideront à trouver votre premier emploi dans le test.

Savoir-être

Outre les compétences professionnelles propres au métier du test lui-même, les qualités ci-dessous sont également recherchées :

  • Rigueur
  • Curiosité
  • Adaptabilité
  • Aisance relationnelle
    • Diplomatie
    • Humilité
    • Assertivité…
  • Goût pour l’apprentissage continu
  • Aisance rédactionnelle

Le contexte est important et les compétences et qualités requises dépendront d’un environnement à l’autre !

Authentique motivation

Pour vous épanouir dans cette carrière, il est avant tout important… d’en avoir envie ! A noter tout de même que beaucoup de QA le sont devenus « par hasard » et ne le regrettent pas. Ce choix de carrière est tout à fait pertinent dans une démarche de reconversion. Un passé dans la biologie, la comptabilité, l’enseignement, la traduction… ne peut être qu’un atout dans ce métier. Premièrement, parce que votre expertise peut vous être directement utile (connaissance fonctionnelle de l’applicatif à tester). Deuxièmement, parce qu’en tant qu’« outsider », vous porterez un regard neuf sur les process, les produits et tout ce qui gravite autour. Et cette prise de recul est bénéfique à toute entreprise !

Les outils des QA

C’est une question récurrente, surtout de la part des étudiants. Pour maîtriser le métier du test, il est important d’en maîtriser les outils principaux. Toutefois, nul besoin de suivre tous les cours en ligne de tous les outils de test les plus utilisés ! Maîtriser un outil de chaque type vous donnera suffisamment d’aisance pour pouvoir évoluer et en maîtriser d’autres par la suite.

Les outils de gestion des tests

Peut-on organiser une campagne de test sur un fichier Excel ? Ce n’est sans doute pas impossible, mais nous conseillons d’utiliser plutôt un outil optimisé pour cet usage. Les outils de gestion des tests permettent de concevoir les tests, de les rédiger, de les maintenir, d’organiser les campagnes de test (qui fait quoi ?), de suivre les résultats de celles-ci et, souvent, de générer des rapports.

Chez Hightest, nous sommes fans de Squash TM, un outil français (cocorico !), open source et simple d’utilisation. Si vous découvrez l’outil, nous vous conseillons de vous penchez sur ces quelques bonnes pratiques.

Les outils d’automatisation des tests

Difficile de citer ne serait-ce que tous les différents types de tests qui peuvent être automatisés ! Toutefois, lorsqu’on parle de « tests automatisés », il est souvent question de tests fonctionnels dynamiques automatisés ; c’est-à-dire d’automates qui vont parcourir l’applicatif comme s’ils étaient des utilisateurs, réaliser des parcours clients, vérifier ce qui est affichés sur l’écran à l’issue d’une transaction, etc.

Il existe cependant beaucoup d’autres outils de tests automatiques : des scans de vulnérabilité, des outils de scripting de tests de performance, de charge, de stress, des outils permettant d’identifier les problèmes d’accessibilité, des plateformes permettant de mesurer la qualité d’un code source

Chez Hightest, nous utilisons toutes sortes d’outils de tests automatisés ; cela dépend notamment du contexte, du besoin et des acteurs impliqués dans la démarche d’automatisation des tests.

Bien que l’ensemble des QA ne fassent pas d’automatisation, nous ne pouvons que vous encourager à découvrir cette importante facette du métier.

Les outils transverses

Beaucoup d’outils qui ne sont pas spécifiquement des outils de test pourront vous être utiles. Pensez à toutes les tâches transverses que vous devrez effectuer :

  • reporting
  • brainstorming
  • rédaction, synthèses
  • communication interne, voire externe
  • gestion du temps, gestion de la productivité
  • prise de notes

Nous vous invitons à rester en veille sur les outils transverses (notamment les plugins de navigateur si vous testez des sites web) qui pourraient vous aider dans vos multiples tâches de QA.

Et surtout…

Un seul outil vous manque, et tous les autres ne servent à rien. Il s’agit d’un freeware que tout le monde a sur soi ! C’est notre capacité d’attention et de réflexion. Si vous abordez chaque projet de test avec un regard neuf, que vous posez toutes les questions qui vous viennent, et que vous gardez toujours à l’esprit les enjeux réels de votre activité de test, vous aurez avec vous le meilleur outil de la place.

Les formations

Les-formations-pour-devenir-testeur

Si les activités que nous avons citées vous ont fait envie, voici quelques pistes pour vous préparer avant de candidater à un poste de QA junior.

Les formations universitaires

Note du 28/11/2025 : cette section n’a pas encore été entièrement mise à jour.

Il est important de noter qu’à l’heure actuelle, sur le territoire français, l’offre de formation universitaire en test logiciel est peu fournie.

Licence professionnelle Test et Qualité Logicielle (LP-TQL)

Proposée par l’IUT de Laval, cette formation est accessible à niveau bac +2 (filières informatiques ou scientifiques), en formation initiale, continue ou VAE. Elle existe depuis 2009 et accueille une trentaine de personnes par an. Classiquement, à l’issue de cette formation, les personnes l’ayant suivie rejoignent le monde du travail sans besoin de passer par la case master.

16 semaines de stages sont obligatoires (+ 150 heures de projet tuteuré), à moins que vous ne choisissiez d’augmenter ce nombre en optant pour l’alternance.

Merci à Lahcen Ouhbassi, responsable de cette formation, d’avoir répondu à nos questions.

Master Ingénierie du Test et de la Validation Logiciels et Systèmes (ITVL)

Le master ITVL, proposé par Polytech Angers (anciennement ISTIA) en collaboration avec l’Université de Franche-Comté, offre un cursus de deux ans comprenant un stage de 6 mois, 50 heures de projet et le passage de plusieurs certifications reconnues (dont ISTQB et IREB).

Ce master est ouvert uniquement en formation continue. Il se déroule 75% à distance et 25% en présentiel, à Angers. Les promotions oscillent pour l’instant entre 8 et 10 personnes par promotion, mais la formation pourrait à l’avenir accueillir davantage de personnes (pour un total de 16 à 18 étudiants). La formation en est à sa troisième promotion en 2019, et à ce jour le taux d’obtention du diplôme est de 100 %. A l’issue de cette formation, la très grande majorité des personnes ont obtenu des évolutions importantes de poste, soit dans la même entreprise, soit dans une autre entreprise. Deux personnes ayant suivi la formation se sont mises à leur compte.

Pour ce qui est du processus d’entrée, les responsables de la formation organisent un entretien individuel pour comprendre les motivations du projet professionnel du candidat ainsi que ses compétences, son expérience métier et son niveau d’études – en relation ou non avec le métier. L’éventuelle prise en charge financière par l’entreprise est également évoquée, de même que l’organisation de cette formation et le travail à fournir pendant les 2 années. Suite à cet entretien, les responsables de la formation expriment leur avis sur cette candidature et la personne postule ou non à la formation.

Merci à Alexis Todoskoff, responsable de cette formation, de nous avoir communiqué ces éléments.

Les formations éligibles au CPF

Si vous êtes en poste, il vous est peut-être possible d’utiliser votre CPF pour bénéficier d’une formation au test logiciel. Si celle-ci prépare à passer la certification ISTQB de niveau Fondation, cela pourra donner un vrai plus à votre CV. En tant que QA qui débute, vous devez savoir que les certifications ISTQB, s’ils ne sont pas obligatoires pour trouver un emploi, sont tout de même une excellente manière de montrer patte blanche dans le monde du test !

Comme elles sont assez nombreuses et que leur liste est amenée à fluctuer, nous ne listerons pas ici l’ensemble des établissements proposant ces formations.

La POE

La POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi, aussi appelée POEIC pour « individuelle et collective ») est un dispositif permettant d’acquérir une formation professionnalisante avec un emploi à la clé. Elle est particulièrement intéressante pour les entreprises recherchant des profils rares, et les QA avec de l’expérience sont en effet très recherchés.

L’auto-formation

Des MOOCs en français sur le test logiciel ? Il y en a quelques-uns sur la plateform OpenClassroms. Des MOOCs en anglais abondent également sur plusieurs plateformes.

Pensez aussi à Test Automation University, une plateforme qui contient notamment des cours débutants en automatisation. Si vous partez de zéro, ce site vous aidera à acquérir de précieuses notions ! Pour en savoir plus, jetez un oeil à l’article que nous avons écrit sur cette plateforme.

A noter qu’il est possible de passer la certification ISTQB en candidat libre ; voir la liste des prochaines sessions. Il est également possible de passer l’examen en distanciel. À ce jour, la plupart des certifications sont d’ailleurs passées en distanciel, avec un système de surveillance à distance.

Un autre axe, non certifiant, mais qui permet de faire un premier pas dans le métier, est le crowdtesting. Même si cela ne vous occupera pas forcément à plein temps, l’expérience acquise peut être très riche et valorisante. Vous serez en contact avec un nombre important d’applications dans des domaines différents, ce qui représente autant d’opportunités de monter en compétences. Nous vous encourageons à découvrir Testeum, qui vous permettra de vous initier à cette activité.

Conclusion

Beaucoup de routes mènent au test, et vous trouverez la vôtre si tel est votre ambition !

Pour poursuivre votre lecture, nous vous conseillons les ressources suivantes :

Les certifications de test logiciel : comment en tirer le maximum ?

Faut-il se certifier pour construire une belle carrière dans le test logiciel ? Pas forcément. Est-ce qu’on le recommande ? Si vous le pouvez, oui ! Dans cet article, nous faisons le point sur les (bonnes) raisons de se certifier, et vous offrons quelques conseils pour faire des certifications des atouts riches de sens, plutôt que de simples documents administratifs !

Pourquoi (continuer de) se certifier ?

Depuis de nombreuses années, en France, la plupart des nouvelles personnes qui arrivent dans le monde du test logiciel suite à un dispositif de reconversion passent une, voire plusieurs certifications via leur organisme de formation. C’est une bonne chose, car cela assure un socle commun, une compréhension qui leur permet de maîtriser certaines notions essentielles. La certification ISTQB Fondation est la plus couramment présentée comme une sorte de passeport pour Testland.

Toutefois, une fois le premier emploi décroché, continuer de se certifier apporte un grand nombre de bénéfices. En voici quelques-uns !

Se démarquer sur le marché de l’emploi

Tout d’abord, d’un point de vue purement pratique, le marché de l’emploi du test tend à devenir plus concurrentiel. Les certifications permettent de rendre un profil plus attractif en y apportant un capital symbolique, c’est-à-dire une reconnaissance légitime et facilement reconnaissable. Elles agissent comme un signal auprès des personnes qui doivent parcourir de nombreux CV, surtout s’il s’agit de certifications réputées comme étant difficiles à obtenir.

Les certifications permettent aussi d’acter certaines spécialisations. Par exemple, une personne travaillant comme testeuse « généraliste » et détenant à la fois de l’expérience en tests de performance ET une certification portant sur ce type de test, rend visible cette appétence. Elle augmente ses chances d’être recrutée en tant que spécialiste en tests de performances.

Maintenir une habitude d’apprentissage

Si vous êtes en poste, il peut arriver de traverser des périodes où vous ne développez plus de nouvelles connaissances et compétences. Ce n’est pas grave en soi et c’est même assez courant. Faire de la veille et essayer de nouveaux outils sont de bonnes idées pour se tenir à jour, mais ces habitudes se retrouvent souvent enterrées sous le fourbi des autres activités « prioritaires ». Avoir en ligne de mire le passage d’une certification motive à dégager des plages de temps pour apprendre. Implémenter cette habitude au plus tôt dans sa carrière aide à garder un état d’esprit d’apprentissage constant !

Apprivoiser les situations stressantes

Passer une certification est un moment susceptible de provoquer un panel d’émotions pas toujours des plus agréables au premier abord. Elles peuvent rappeler d’autres moments stressants de son parcours professionnel : examens de fin d’études, entretiens d’embauche… La différence importante, c’est qu’il y a souvent beaucoup moins d’enjeux. Typiquement, si vous ratez une certification, vous pouvez en général la passer de nouveau quelques jours plus tard.

Provoquer une exposition graduée à ce genre de situation permet à terme de les apprivoiser. Il est possible même que cela vous donne envie de les rechercher. Vous connaissez l’expression galvaudée « sortir de sa zone de confort » ; d’année en année, vous soumettre à des situations de stress contrôlées a plutôt tendance à élargir cette zone de confort, et à rendre ce stress synonyme de croissance et de progression.

Nos conseils

Créer un plan de vol précis

Quelle forme souhaitez-vous donner à votre carrière ? Qu’est-ce qui vous fait le plus vibrer : développer une spécialité en particulier, ou cultiver un profil touche-à-tout ?

Si vous souhaitez vous spécialiser, il existe des dizaines de certifications utiles au métier du test. Réfléchissez à ce qui vous plaît, à ce qui vous intéresse ; il y a certainement une ou plusieurs certifications qui peuvent vous accompagner dans cette voie. D’ailleurs, il est possible que votre prochaine certification utile ne soit pas forcément une certification orientée vers le test !

Par exemple, si les tests d’utilisabilité vous passionnent, des certifications spécifiques à l’UX peuvent être la piste pertinente à suivre.

Si vous souhaitez développer un profil généraliste, il est évidemment possible de « piocher » des certifications qui ne soient pas centrées vers le même objectif. Exercez-vous cependant à créer un fil rouge entre toutes ces certifications ; pourquoi les avez-vous choisies, celles-là en particulier ? Cela donnera davantage de cohérence à votre profil.

En parler à votre organisation

Selon l’organisation où vous travaillez, votre direction n’est pas forcément au courant de toutes les certifications qui existent ainsi que de leur utilité. Vous pouvez les sensibiliser, non seulement pour pouvoir passer vous-mêmes des certifications, mais aussi pour construire une approche plus globale qui pourra profiter à toute votre équipe.

Privilégier les certifications récemment mises à jour

La thématique d’une certification est évidemment importante, mais regardez aussi de quand date son contenu. Certains domaines, comme l’intelligence artificielle, évoluent très rapidement ces dernières années. Même si la plupart des certifications sont valables « à vie », cette caractéristique ne doit pas cacher le fait que les contenus peuvent devenir obsolètes ou incomplets.

Rester humble

C’est une évidence mais il faut le rappeler : une certification seule ne garantit pas l’expertise. Quand on découvre un domaine par le simple biais de supports théoriques associés à une certification, on peut avoir l’impression que le domaine est plus simple qu’il ne l’est réellement. Cette tendance, en tant que novice, à surévaluer ses compétences, s’appelle l’effet Dunning-Kruger.

Pour vous en prémunir, lisez attentivement le contenu d’une certification : vous remarquerez souvent une grande variété de sources et de pistes à explorer. Même une fois votre certification obtenue, il vous reste énormément de choses à étudier et à maîtriser pour justifier d’une véritable expertise.

C’est d’ailleurs assez paradoxal : dans une logique parfaite, on ne passerait de certifications que pour formaliser une compétence préexistante, alors qu’il peut arriver qu’on commence par la certification (et donc la reconnaissance sociale) avant d’avoir réellement pratiqué. Ce qui nous amène au conseil suivant…

Varier les approches

Quand vous étudiez un sujet en vue de passer une certification, complétez les enseignements du syllabus par des recherches personnelles. Cela vous permettra de développer une vision d’ensemble du sujet et de le contextualiser avec des exemples pratiques.

Ancrer les connaissances sur la durée

Pendant vos études, vous avez peut-être remarqué que ce que vous connaissiez quasiment par cœur à un moment donné, vous l’aviez oublié l’année d’après. La courbe de l’oubli a tôt fait de catapulter les connaissances dans le néant. Le risque ici, c’est de détenir une certification valable à vie… et de ne plus pouvoir s’en souvenir quelques mois plus tard !

Mobiliser régulièrement les connaissances acquises permet de les mémoriser durablement. Se forcer à relire régulièrement les documents de la certifications n’est pas forcément l’approche la plus efficace, ni la plus simple à mettre en œuvre. Utiliser un outil d’organisation des connaissances, comme Obsidian, peut être plus adapté pour assimiler durablement ce qu’on apprend.

Voici une capture d’écran du graphe Obsidian d’une des collaboratrices d’Hightest. Les notes prises lors des révisions de la certification ISTQB CTAL-TM (Management des Tests) sont éclatées en notes atomiques, chaque note étant consacrée à un concept précis. Elle a obtenu cette certification il y a des mois, mais peut rapidement mobiliser ces connaissances car elles sont intégrées à un ensemble de connaissances plus larges, et propre à son parcours spécifique.

Quelques ressources en libre accès

Qui dit certification dit entraînement… En plus de nos formations en présentiel, nous proposons en libre accès des questions de révision pour quelques certifications.

ISTQB GenAI – Tester avec l’IA générative

Notre dernier quiz porte sur la certification ISTQB GenAI. Le contenu du syllabus offre quelques bases théoriques pour comprendre le fonctionnement de l’IA, et une palette importante d’application de l’IA génératives dans la pratique des activités de test.

Nous pensons que cette certification va rapidement s’imposer et peut-être avoir un succès comparable à la certification ISTQB Fondation.

Pour vous entraîner sur ISTQB GenAI

ISTQB CTAL-TM – La certification de niveau avancé pour le management des tests

Attention, pour passer cette certification il est nécessaire de détenir la certification ISTQB Fondation.

Au niveau Fondation, les 7 activités principales du processus de test standard sont abordées ; avec la certification CTAL-TM, on se concentre sur 3 d’entre elles qui concernent spécifiquement le management des tests. Le pilotage et le contrôle des tests, la planification des tests et la clôture des tests sont ainsi approfondis.

Cette certification est particulièrement intéressante, car elle permet de comprendre la véritable portée de l’un des 7 principes généraux des tests : « Les tests dépendent du contexte » !

Pour vous entraîner sur ISTQB CTAL-TM

TMMi Professional

Cette certification n’est pas une certification ISTQB. Toutefois, les dialogues sont nombreux entre l’univers TMMi et ISTQB, et TMMi Professional est une certification qui complète parfaitement un bagage ISTQB. Inversement, pour pouvoir prétendre à des certifications supérieures de TMMi, certaines certifications ISTQB sont requises !

TMMi Professional aborde la gestion du processus de test à l’échelle de l’organisation, quand la certification CTAL-TM est plutôt pensée à l’échelle du projet ou du produit.

Pour vous entraîner sur TMMi Professional

Conclusion

Les certifications ne sont pas une fin, mais un outil puissant pour vous aider à progresser dans vos compétences, vos connaissances et votre carrière. À vous de vous approprier cet outil et de lui donner le maximum de sens !

[RETEX] Mise en place d’une politique de test

Mettre en place une politique de test est une étape importante dans la vie d’une entreprise concernée par la qualité logicielle. Toutefois, il existe peu de ressources qui expliquent concrètement comment procéder. Au travers de ce retour d’expérience, nous souhaitons proposer un exemple, à reprendre et adapter. 

Mais pour commencer, faisons un rappel de vocabulaire ! 

Qu’est-ce qu’une politique de test ? 

La politique de test est un document qui vise à orchestrer la gestion des tests d’une organisation. Le glossaire CFTL/ISTQB (dont vous pouvez retrouver le contenu ici) la définit ainsi : 

Un document de haut niveau décrivant les principes, l’approche et les principaux objectifs de l’organisation en matière de tests. 

C’est un document qui peut être très concis, tant qu’il répond correctement à ces questions élémentaires : 

  • « Pourquoi teste-t-on ? » 
  • « Qu’est-ce qui est important quand on teste ? » 

À l’inverse, ce document ne contient d’éléments temporels ou de bas niveau. Par exemple, si vous voulez lister les outils de test préconisés par l’entreprise, ce n’est pas dans la politique de test qu’il convient de le faire ! 

De la politique de test vont découler les autres documents importants qui concernent les tests : 

  • la ou les stratégies de test 

La politique de test est en général unique au sein d’une entreprise.

La mise en œuvre d’une politique de test est préconisée par TMMi aussi bien que par l’ISTQB. 

Une ressource méconnue 

Cela étant dit, regardons les choses en face : quelle minime pourcentage d’organisations possède effectivement une politique de test ? Et celles qui en ont une l’utilisent-elles vraiment ?

Marc Hage Chahine témoignait ainsi en 2021, dans un très bon article de La Taverne du Testeur : 

Je vais être honnête, je n’ai jamais connu, dans aucune de mes missions à ce jour, de politique de test. 

Chez Hightest, nous avons pu faire le même constat. Se pose alors la question… 

Pourquoi réhabiliter la politique de test ? 

Car en effet, on peut faire de très bons tests dans une organisation qui n’a pas de politique de test. 

Toutefois, la politique de test est un symbole fort. Elle atteste du fait que la direction de l’organisation se soucie de la qualité logicielle et la traite comme un levier de performance à part entière. Elle permet de faire de lien entre la raison d’être de l’organisation, et la pratique (parfois inconnue des hautes couches de la hiérarchie) des tests logiciels. Bref, de mettre en lumière ce qui est souvent invisible ! 

En découlent deux effets. 

La politique de test symbolise un engagement 

Si une organisation déclare faire du test un sujet important, alors elle doit aligner les moyens nécessaires à leur bonne mise en œuvre.

Mettons qu’une entreprise ait un comité de direction très sensible aux tests. Des moyens sont fournis année après année. Mais un jour, le comité de direction change du tout au tout, et compte désormais des personnes peu renseignées sur le test. La politique de test est la porte d’entrée qui permet de comprendre la logique de ce qui se pratique concrètement. Elle fait le lien entre ce qui intéresse vraiment la nouvelle direction, et les pratiques concrètes de test que l’on va retrouver dans d’autres documents (stratégie de test, plans de test maître, plans de test de niveau…) En l’absence de politique de test, le sujet restera peut-être trop obscur au yeux du nouveau comité. Les moyens qui seront alloués au test déclineront peut-être.

La politique de test aide à mieux tester 

Toutes les activités de test doivent découler de la politique de test : il y a une recherche de cohérence, ce qui est déjà un début d’harmonisation des pratiques. 

Mettons qu’une autre entreprise possède une stratégie de test et un respectable troupeau de plans de test en tous genres. En l’absence d’une politique de test qui récapitule les véritables enjeux du test, une nouvelle recrue pourrait se sentir un peu perdue, et tester sans vraiment comprendre ce qu’on attend d’elle, l’intention du test dans cette entreprise. C’est un peu comme si on enlevait les nuances d’une partition ! 

On comprend donc bien pourquoi TMMi insiste sur l’importance de mettre en place, en tout premier lieu, une politique de test. Celle-ci doit être validée par la direction de l’organisation, être dûment diffusée, et périodiquement révisée. 

When an organization wants to improve its test process, it should first clearly define a test policy.

(TMMi v 1.3, p. 24. C’est nous qui mettons en italique.) 

Mais alors, comment faire une politique de test ? 

C’est le moment de faire notre REX ! 

Dernièrement, nous avons animé une démarche de création de politique de test avec l’une de nos sociétés clientes. Voici comment nous avons procédé.

Sensibilisation du personnel 

Tout d’abord, il est à noter que cet atelier s’inscrivait dans une démarche globale visant à améliorer les pratiques de test de l’entreprise. En amont de la planification de la réunion, nous avions en effet mené un état des lieux des pratiques de test de cette société. Lors de la restitution, nous avions notamment expliqué la nécessité de partager une même vision, et pour ce faire, que la société se dote d’une politique de test. 

Il est essentiel de donner du sens à cet exercice, sous peine de se retrouver avec un document qui sonne creux. 

Mobilisation de personnel concerné par les tests 

Afin de réaliser cette politique de test, nous avons identifié des personnes clés, fortement impliquées dans les tests. Nous avons ajusté la forme de l’atelier en fonction du nombre d’individus ayant accepté l’invitation, afin de garantir des échanges à la fois fluides et riches. 

Collecte des valeurs de la société 

En amont de la réunion, nous avons demandé à ce qu’on nous transmette des documents résumant les valeurs de la société. Nous avons « ratissé large » afin d’avoir le plus de matière possible. Ceci pouvant inclure : 

  • Des livrets d’accueil distribués aux nouvelles recrues 
  • Des publicités orientées vers la clientèle 
  • Des présentations globales de l’entreprise 
  • Tout autre document de haut niveau reflétant l’entreprise et ses valeurs 

Cette étape nous paraissait indispensable. Nous avons d’ailleurs décalé une première fois l’atelier, ayant collecté trop peu de documents pour avoir une vision suffisamment précise des valeurs de l’organisation. 

Pour un peu plus de contexte, cette organisation étant complexe, plusieurs « systèmes de valeurs » y coexistent, ce qui a conduit à une liste d’une dizaine de valeurs. 

Préparation de l’atelier 

Une partie du groupe de travail se situant dans une autre zone géographique, il était important d’inclure tout le monde en proposant un atelier au format numérique. C’est ainsi que nous avons prévu, au lieu de traditionnels post-its, un atelier sur l’outil Draft.io. 

À noter que cet outil est gratuit pour une utilisation légère ; au-delà d’un certain nombre d’éléments créés, il est nécessaire de prendre un abonnement. 

En amont de la session, nous avons créé un tableau blanc dans Draft.io. Dans ce tableau, chacune des valeurs identifiées possède une colonne.

Nous avons également prévu (en bleu sur le schéma) des postits vierges, à disposition des membres de l’équipe le jour J.

Animation de l’atelier

Le jour de l’atelier, nous avons eu soin de réexpliquer les enjeux de la politique de test, et avons utilisé une variante du Bingo des Recettes à la Noix pour briser la glace et aider les personnes à rassembler des souvenirs, bons ou mauvais, relatifs à la qualité logicielle.

Après cela, le tableau blanc a été passé en revu et rempli d’idées. Il était initialement prévu de laisser les personnes remplir les post-its elles-mêmes sur leur PC ; l’ambiance étant plutôt à l’échange à bâtons rompus, nous avons proposé de plutôt prendre le rôle de scribe tandis que les personnes discutaient ensemble à l’oral au sujet des différentes colonnes.

Le résultat de l’atelier

Cet atelier a duré une heure et demie.

Synthèse suite à l’atelier

Pour la suite, nous avons proposé deux choix aux personnes ayant participé à l’atelier :

  • Organiser un autre atelier pour synthétiser les idées
  • Organiser une réunion de revue de la politique de test, proposée par nous suite à un travail de synthèse de notre côté.

C’est la deuxième solution qui a été retenue.

Nous avons donc passé en revue toutes les idées et créé un document très concis (une page A4) les regroupant.

Les idées non retenues pour le document :

  • Les idées d’applications très spécifiques (exemple : l’utilisation de tel ou tel outil)
  • Celles qui nécessiteraient des décisions nouvelles (exemple : organiser un recueil systématique des opinions de la population utilisatrice)
  • Celles qui coulaient de source (exemple : tenir compte du décalage horaire quand on s’adresse à des personnes d’autres zones géographiques)

Nous avons également procédé à une synthèse des valeurs, afin de n’en conserver que 3 : ambition, solidarité et efficacité. Elles permettent de classer les idées ayant émergé, tout en fournissant un rappel des valeurs initiales.

Réunion de revue de la politique de test

Une fois ce travail de synthèse terminé, une nouvelle réunion a eu lieu afin de revoir ensemble le brouillon. Nous avons réalisé quelques changements et ajouté 2 items. La politique de test est désormais prête, mais l’aventure n’est pas finie !

La politique de test… et après ?

La prochaine étape est de faire valider officiellement la politique de test par la direction de l’entreprise.

NB : idéalement, il aurait fallu que la direction prenne part directement aux ateliers, mais cela n’était pas envisageable pour des raisons d’organisation.

L’étape finale, et non des moindres : la diffusion ! Divers canaux sont envisageables, tous étant cumulables :

  • Diffusion initiale par mail
  • Mise à disposition pérenne via l’intranet de l’entreprise
  • Distribution à chaque nouvelle recrue impliquée dans les activités de test
  • Affichage physique dans des lieux appropriés

Il faudra également songer à revoir périodiquement cette politique de test. Il est important que ce document évolue au rythme de l’organisation. Ainsi, il continuera de donner du sens aux activités de test au fil du temps.

Conclusion

La politique de test n’est pas un document qui s’improvise. Comme il engage l’organisation dans une démarche de qualité logicielle, il est essentiel qu’il soit coécrit par des personnes à la fois représentatives, impliquées et influentes.

Sa forme finale n’a pas besoin d’être imposante : inutile d’écrire un épais document. Bien au contraire, une politique de test concise a beaucoup plus de chances d’être bien assimilée par toutes les parties prenantes.

Encore une fois, notre retour d’expérience n’est pas un exemple « parfait », mais une possibilité dont vous pouvez vous inspirer.

Et vous, avez-vous des expériences de mise en place de politique de test à partager ?

Nous vous conseillons de compléter cette lecture avec celle d’un autre article de la Taverne du Testeur. Vous y trouverez quelques exemples de politiques de test actionnables et qui ne prendront pas la poussière !

 

 

 

Accessibilité : ressources pour se lancer en 5 minutes

L’accessibilité, mieux vaut y penser en amont du projet, lors du cadrage et de la définition des exigences.

D’accord, mais si ce sujet est passé à la trappe, est-ce que c’est trop tard ?

Bien sûr que non 😉

La première chose à faire (temps : 5 minutes)

Si votre site web existe déjà, vous pouvez vous aider d’outils très simples d’utilisation pour effectuer un diagnostic rapide.

Des extensions de navigateur gratuites telles que WAVE vous donneront des informations de base. C’est avec WAVE que nous avons réalisé l’audit de l’accessibilité du web calédonien l’an dernier (lien vers la vidéo) !

Pour creuser un peu plus (temps : une heure)

L’extension de navigateur va vous fournir des informations de base que vous pourrez communiquer à votre équipe.

Mais il est important de se plonger un peu plus dans ce qui sous-tend l’écrasante majorité des outils d’accessibilité : les WCAG.

WCAG veut dire « Web Content Accessibility Guidelines » (en bon français, « Règles pour l’accessibilité des contenus web »). Ces règles ne datent pas d’hier : les premiers pas des WCAG ont eu lieu 1995, il y a donc 30 ans !

Ces règles sont aujourd’hui au nombre de 13, et réparties en 4 principes. Il faut que les services soient :

  • Perceptibles
  • Utilisables
  • Compréhensibles
  • Robustes

Chaque règle a ses propres critères de réussite, positionnés sur 3 niveaux : A, AA et AAA (AAA étant le niveau le plus exigeant).

Nous vous recommandons de prendre une heure pour explorer ces 13 règles, qui sont résumées ici.

Pour gagner en profondeur (temps : toute une vie)

L’accessibilité est un principe d’apparence simple, mais qui soulève énormément de questions.

Pour gagner en profondeur de réflexion, la meilleure chose à faire est d’aller à la rencontre des personnes qui sont le plus souvent confrontées à ces problématiques.

C’est une démarche que nous avons initiée dès 2018 lorsque nous avons fait la connaissance de Marie-Françoise Pierre, entrepreneuse malvoyante, qui nous a appris beaucoup de choses en nous présentant concrètement sa vie numérique.

Cette année, nous avons également eu la chance d’échanger avec Cyriaque Delaveau, développeur web, dont le handicap moteur l’amène à utiliser ses outils numériques avec les yeux, grâce à une commande oculaire.

Ces deux personnes sont calédoniennes et leurs profils, même s’ils sont individuellement rares, ne sont pas isolés ! L’accessibilité peut être un sujet qui semble lointain au premier abord, mais il faut se souvenir que les handicaps ne sont pas toujours visibles et concernent une partie importante de la population.

Si elles sont ouvertes à la discussion, prenez le temps d’interroger les personnes que vous rencontrez sur leurs problématiques particulières : c’est aussi ainsi que vous développerez un regard plus aiguisé sur l’accessibilité numérique.

Bonne découverte !

LinkedIn 2024 : un an de posts

En 2024, pour partager sa passion du test en Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, Hightest a publié un post LinkedIn par jour ouvrable !

Cette page fournit un best of de ces posts, afin de vous permettre (et aussi de nous permettre, car parfois nous en avons besoin nous-mêmes !) de retrouver un sujet ou une discussion passée. Nous avons choisi un classement par thématiques plutôt que par date.

Nous avons beaucoup repartagé des pépites produites par notre réseau et remercions au passage la communauté francophone du test logiciel pour sa créativité et son dynamisme.

Cela vous donnera peut-être envie à vous aussi de partager votre quotidien de QA… On l’espère en tous cas !

Bonne (re)découverte !

Mieux tester

Mieux automatiser

Test management

Savoir être

Inclusion et accessibilité

Autres aspects non fonctionnels de la qualité

Jeux de données de l’espace

Memes !

Culture informatique

Explication de concepts

ISTQB, CFTL, JFTL…

Recrutement de QA

C’était un plaisir d’échanger sur LinkedIn avec une multitude de personnes passionnées par la qualité logicielle. Et si on réitérait le défi en 2025 ? 😉

Bouchons et pilotes : qu’est-ce que c’est ?

En feuilletant un syllabus ISTQB, vous avez peut-être rencontré les termes de « bouchon » (« stub » en anglais) et « pilote » (« driver »). Vous souhaitez clarifier ces notions ? Cet article est pour vous !

Les définitions officielles

Voici les définitions de ces termes tels qu’ils apparaissent dans le glossaire ISTQB.

Bouchon

Type de doublon de test fournissant des réponses prédéfinies.

Pilote

Un composant ou un outil temporaire qui remplace un autre composant et contrôle ou appelle un élément de test de manière isolée.

Ces définitions sont très concises et méritent un petit approfondissement pour y voir plus clair !

Qu’est-ce qu’un bouchon ?

Comme souvent, une métaphore permet de mieux comprendre de quoi il s’agit.

Pour comprendre ce qu’est un bouchon, on peut imaginer une comédienne qui doit répéter un passage, mais son acolyte de scène est encore en route. Pas question d’attendre. Une doublure la rejoint alors sur les planches avec le texte imprimé. À chaque fois que la comédienne dit une réplique, elle lit les réponses de la personne absente.

Un bouchon, c’est comme cette doublure. C’est une simulation de composant qui remplace un autre composant logiciel. Cela peut être pour deux raisons : soit ce composant n’est pas encore disponible, soit on veut réaliser un test en isolant bien les composants.

Imaginons un service en ligne qui permet de calculer les frais d’expédition d’un colis et d’imprimer un timbre en conséquence. Tout est prêt, sauf l’interface avec le service externe qui fournit les tarifs postaux en fonction du poids du colis. Un bouchon peut alors être utilisé pour simuler ce service, et ainsi permettre de réaliser une première simulation du scénario final.

Qu’est-ce qu’un pilote ?

Là encore, utilisons une métaphore ! Un pilote est un composant qui, comme son nom l’indique, va venir diriger, « donner des ordres » au composant à tester. Le pilote est la télécommande, la voiture télécommandée est le composant à tester.

Reprenons le même exemple avec une variante. Si le composant de calcul des frais d’expédition prêt mais que l’interface cliente n’est pas encore développée, un pilote peut être utilisé pour simuler cette interface et fournir les entrées nécessaires. Ainsi, on peut vérifier que le calcul est correct sans avoir à attendre que l’interface soit terminée.

Des petits bouts de code pour expliquer

Un petit bouchon

// Bouchon pour le service de tarifs
public class BouchonTarifsPostaux {
    public double getTarifExpedition(String destination) {
        // Retourne des tarifs fixes en attendant les "vrais"
        if (destination.equals("local")) {
            return 5.0;
        } else {
            return 10.0;
        }
    }
}

Ce bouchon pourrait être utilisé dans cette classe :

public class CalculatriceDeTarifs {
    private BouchonTarifsPostaux bouchon;

    public CalculatriceDeTarifs(BouchonTarifsPostaux bouchon) {
        this.bouchon = bouchon;
    }

    public double calculPrixExpedition(String destination, double poids) {
        double tarif = bouchon.getTarifExpedition(destination);
        return tarif * poids;
    }
}

Un petit pilote

import static org.junit.jupiter.api.Assertions.assertEquals;
import org.junit.jupiter.api.Test;

public class TestCalculPrix {

    @Test
    public void testCalculPrixExpedition() {
        // Utilisation du bouchon
        BouchonTarifsPostaux bouchon = new BouchonTarifsPostaux(); // Création du bouchon
        CalculatriceDeTarifs calculatrice = new CalculatriceDeTarifs(bouchon); //

        // **Pilote**
        double prix = calculatrice.calculPrixExpedition("local", 2.0);
        assertEquals(10.0, prix, "Le coût d'expédition pour une expédition locale devrait être 10.0");

        prix = calculatrice.calculPrixExpedition("international", 3.0); // Appel de la méthode à tester
        assertEquals(30.0, prix, "Le coût d'expédition pour une expédition internationale devrait être 30.0");
    }
}

Explications

Le bouchon (BouchonTarifsPostaux) simule le service de tarifs postaux, fournissant des tarifs fixes pour les destinations.
Le pilote est le test unitaire (TestCalculPrix). Il initialise les objets nécessaires, appelle la méthode à tester (calculPrixExpedition) et vérifie que les résultats sont corrects.

Et vous, quelles métaphores et exemples utiliseriez-vous pour expliquer ce que sont les bouchons et les pilotes ?

Jeu d’introduction à la qualité logicielle

La qualité logicielle est un sujet qui peut paraître aride au premier abord. Voire, osons le dire, carrément fade.

Si vous travaillez dans le domaine, vous savez qu’il n’en est rien, et qu’il suffit d’y plonger un orteil pour découvrir un monde passionnant. Mais le plus dur, c’est de plonger ce premier orteil !

Voici donc un jeu qui vous aidera à sensibiliser un public néophyte aux enjeux de la qualité logicielle. Ce jeu se base sur la norme ISO 25010.

Durée

Entre 15 et 30 minutes (plus il y a de personnes, plus il faut s’attendre à des questions, reformulations, temps morts, blagounettes, quintes de toux, etc).

Nombre de personnes

De 1 à… beaucoup ! À partir de 4 personnes, faites des équipes de 2, 3 ou 4 personnes, c’est plus sympa.

Matériel

  • Post-its (un paquet de ~20 par personne ou par groupe de personnes)
  • Feutres (1 par personne ou par groupe de personnes)
  • Dessin de montagnes russes (faites-le vous-même, ne soyez pas timide !)
  • Si possible : tableau blanc et aimants
Du grand art

Phase 0 : préparation

Préparez le matériel.

Sur un tableau blanc, si vous en avez, dessinez un mystérieux tableau à larges colonnes.

C Pe Fi Fo S M U Po

Plus tard, vous compléterez le tableau en mettant le nom des 8 facettes de la qualité logicielle définies par la norme ISO 25010 :

Compatibilité Performance Fiabilité Fonctionnalité Sécurité Maintenabilité Utilisabilité Portabilité

Révisez donc bien ces 8 facettes ! Vous pouvez par exemple consulter la série d’articles qui existe sur le sujet dans le blog la Taverne du Testeur.

Phase 1 : brainstorming

Présentez le dessin de montagnes russes à votre auditoire. Puis, demandez-lui tout ce qui pourrait mal se passer dans ces montagnes russes, ou aux alentours.

Pendant un laps de temps donné (5 minutes peuvent faire l’affaire), chaque personne ou groupe de personnes écrit une idée par post-it. L’objectif de cette phase est de générer un maximum d’idées. Si vous sentez qu’une personne ou qu’un groupe se retrouve à court d’idée, vous pouvez lancer quelques pistes :

  1. Ça peut être de gros problèmes, qui se soldent par des articles de journaux, ou bien des petits problèmes, qui vont faire passer un moment un peu agaçant à une ou plusieurs personnes.
  2. Ça peut être des problèmes liés à l’expérience vécue sur les montagnes russes, ou des problèmes qui peuvent avoir lieu avant ou après.
  3. Ça peut être des problèmes qui ne surviennent que dans certaines circonstances. Par exemple, des problèmes qui ont lieu lorsque le parc d’attraction est plein à craquer. Ou quand une personne effectue une action inattendue.
  4. Ça peut être des problèmes qui ont lieu pendant l’installation, ou pendant des réparations, ou encore pendant le démontage une fois que les montagnes russes sont vétustes et doivent être remplacées.
  5. Ça peut être des problèmes liés au lieu où se situe ce manège. Par exemple, quels sont les bâtiments qui existent déjà autour ?
  6. Ça peut être lié au climat, à la météo…

Proposition de speech à adapter

Bonjour, c’est un plaisir d’être avec vous aujourd’hui pour parler de qualité logicielle.

Qui se sent déborder d’enthousiasme à l’idée de lire la norme ISO 25010, une des normes les plus connues dans le domaine de la qualité logicielle ? Personne ? Je comprends bien. Les normes en général ça sonne comme quelque chose d’assez ennuyeux.

Alors au lieu de parler de cette norme, on va plutôt la réécrire nous-mêmes, au moins dans ses grandes lignes.

Juste, avant de commencer, est-ce que par hasard il y a des personnes parmi vous qui ont déjà entendu parler de la norme ISO 25010 ?

  • OUI tout le monde -> Super, ça va être l’occasion de la revisiter !
  • OUI certaines personnes -> Est-ce que tu voudras/vous voudrez bien m’aider à un moment ?
  • NON tout le monde -> C’est bien, personne ne va s’ennuyer !

Et puisque j’ai la chance présentement de ne pas avoir d’écran sous les yeux, je vous propose également d’oublier les logiciels pour quelques instants, et de parler d’autre chose.

Est-ce que quelqu’un comprend ce que j’ai dessiné ?

Bien, et effectivement on ne va pas parler de qualité logicielle, on va parler de qualité de montagnes russes. Qui parmi vous a déjà osé monter dans des montagnes russes ? (Note de l’autrice : pas moi.)

Le système dessiné ici avec un grand talent est constitué des montagnes russes elles-mêmes, des petits chariots, du poste de contrôle, et du guichet qui permet d’acheter ses tickets.

Je vais maintenant faire appel à la facette la plus malicieuse de votre personnalité, et je vais vous inviter à imaginer TOUT ce qui pourrait mal se passer dans ce système. Vous pouvez réfléchir (par groupes de 2 ou 4, le cas échéant), en notant vos idées sur ces post-its. Vous avez 5 minutes, c’est parti !

Phase 2 : restitution de l’exercice et complétion

Une fois que le temps est écoulé, c’est le moment de la restitution !

Chaque groupe présente maintenant les idées générées au cours du brainstorming. Attendez-vous à des moments de rigolade ! Mais vous, conservez bien votre concentration ; il vous faut classer chaque idée dans le tableau. Attention, à ce stade, les noms des 8 facettes ne sont pas encore visibles.

Quelques exemples de réponses auxquelles vous pouvez vous attendre :

Facette de la qualité logicielle Exemple lié aux montagnes russes
Compatibilité Ce système posera problème s’il est installé à côté d’une église, parce que les cris des personnes peuvent indisposer les gens qui cherchent à se recueillir. De même si les montagnes russes sont installées à côté d’un hôpital, les malades pourraient avoir du mal à dormir, ou ressentir de la frustration à ne pas pouvoir être de la partie.
Performance Ce système posera problème s’il tombe en panne quand il y a plus de 10 personnes dans les chariots.
Fiabilité Ce système posera problème si le démarrage échoue 1 fois sur 2. (Ou même, une fois sur 50.)
Fonctionnalité Ce système posera problème si les animations (par exemple les jets d’eau ou la musique) se déclenchent en décalage avec le passage des chariots.
Sécurité Ce système posera problème si les barrières sont trop espacées et que les personnes risquent de tomber.
Maintenabilité Ce système posera problème s’il est livré sans mode d’emploi pour les réparations, si son fonctionnement requiert une formation très complexe et spécifique, ou encore si les pièces de rechange sont introuvables dans le pays d’installation.
Utilisabilité Ce système posera problème si les chariots sont conçus pour avancer très lentement et que personne ne s’amuse, ou que les chariots ne sont pas adaptés aux personnes de grande taille.
Portabilité Ce système peut ne pas être adapté à tous les climats, par exemple si le métal de la structure est sensible à l’air marin.

Une fois que toutes les idées ont été classées, vous pouvez maintenant donner un sens au mystérieux tableau dessiné tout à l’heure, en le complétant. Le cas échéant, vous pouvez solliciter les personnes qui ont déclaré connaître la norme ISO 25010, pour qu’elles vous aident à compléter le tableau.

Compatibilité Performance Fiabilité Fonctionnalité Sécurité Maintenabilité Utilisabilité Portabilité

Vous pouvez à présent raccrocher les wagons de la qualité logicielle ! Donnez du sens à ce tableau en demandant à votre auditoire de faire le lien entre le monde des logiciels et les 8 facettes.

Vous aboutirez probablement à des réponses similaires à celles ci-dessous :

Facette de la qualité logicielle Exemple lié aux logiciels
Compatibilité Un logiciel doit pouvoir coexister avec d’autres logiciels dans un même système.
Performance Un logiciel doit pouvoir s’exécuter rapidement, même si plusieurs personnes l’utilisent en même temps.
Fiabilité Un logiciel doit être disponible avec un minimum d’interruptions.
Fonctionnalité Un logiciel doit pouvoir réaliser les actions qui lui ont été spécifiées. Cette facette accapare, en général, la plupart des efforts concernant la qualité logicielle.
Sécurité Un logiciel doit sécuriser les personnes qui l’utilisent ainsi que leur matériel et, ce qui est le plus connu, leurs données.
Maintenabilité Un logiciel doit pouvoir être maintenu au fil du temps, et bien souvent par d’autres personnes que celles qui l’ont initialement développé.
Utilisabilité Un logiciel doit être agréable à utiliser et compréhensible par un maximum de personnes parmi celles ciblées.
Portabilité Un logiciel doit pouvoir s’installer dans un maximum d’environnements parmi ceux ciblés.

Voilà, votre petit groupe a maintenant une idée un peu moins floue de ce qu’on veut dire quand on parle de qualité logicielle ! En complément, vous pouvez leur montrer les 8 facettes développées (merci à la Taverne du Testeur pour ce schéma).

Pour aider à mémoriser les 8 facettes, vous pouvez donner ce moyen mnémotechnique :

« Les ComPères dans leur Fiat Font Sécher leurs Mains en Utilisant les Portes. »

Vous pouvez également leur conseiller cet article sur les tests non-fonctionnels. Il est plus complet que ce que vous aurez le temps de détailler à l’oral !

Fin de l’atelier

Éventuellement, pour clôturer l’atelier vous pouvez ouvrir sur d’autres perspectives :

Maintenant qu’on a ça en tête, c’est très bien, et on va pouvoir s’en servir au moment où on prévoit d’évaluer la qualité des logiciels et d’imaginer des tests. Ça fournit un cadre de pensée. Mais on peut ne pas s’arrêter là.

George Box disait « Tous les modèles sont faux, mais certains sont utiles ». La norme ISO 25010 est utile parce qu’elle permet d’avoir en tête pas mal de critères de qualité, mais elle est fausse dans le sens où elle ne prend pas en charge l’intégralité de l’expérience qu’on peut avoir de la qualité, ou des exigences qualité qui peuvent exister. Est-ce que vous voyez d’autres choses qui pourraient être ajoutées ?

(Réponse typique : qualité environnementale, mais il pourrait y en avoir d’autres !)

Conclusion

Cet exercice permet non seulement de comprendre que la qualité logicielle a plusieurs facettes, mais aussi que c’est un sujet qui nous fait poser beaucoup de questions, et que, même s’il existe une norme pour essayer d’organiser ces questions, celles-ci vont toujours au-delà.

Nourrissez votre réflexion de toutes les remarques qui proviendront de votre audience : vous découvrirez peut-être de nouveaux angles d’approche !

______________

Cet article a été écrit en langage épicène. Si vous voulez en savoir davantage, regardez notre vidéo sur le sujet !