Portrait de Matthieu Bridoux, créateur de Mission Playwright

Matthieu Bridoux, dans le test depuis plus d’une décennie, combine une activité de testeur et une activité de formateur. Dans ce cadre, il a développé une plateforme d’entraînement à Playwright : Mission Playwright, qui propose désormais une large gamme d’exercices pratiques. Une initiative précieuse dans le monde du test francophone ! Matthieu a accepté de répondre à nos questions sur cette plateforme et sur sa pratique du test.

Les origines de Mission Playwright

Hightest : Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer ces exercices Playwright en ligne ?

Matthieu Bridoux : Tout est parti d’un constat terrain : quand j’enseigne l’outil Playwright en formation, les apprenants manquent de terrain d’entraînement réaliste. Les exercices qu’on trouve en ligne sont souvent trop simples, trop statiques, ou pas du tout représentatifs de ce qu’on rencontre en mission. Je voulais un endroit où on puisse s’entraîner sur de vrais scénarios – des formulaires capricieux, des éléments dynamiques, des comportements asynchrones, bref, la vraie vie.

Il y a aussi un problème plus concret avec les sites d’entraînement existants : ils sont truffés de publicités. Et ce n’est pas qu’une question de confort visuel, ces pubs interfèrent directement avec les scripts d’automatisation. Un banner qui s’affiche au mauvais moment, une popup qui bloque l’interaction… et le test plante. Ce n’est pas ce qu’on veut faire vivre à quelqu’un qui apprend.

En parallèle, en tant que testeur en mission, je me retrouvais régulièrement dans une situation frustrante : je voulais tester rapidement une fonctionnalité précise de Playwright comme gérer un upload de fichier, simuler un drag and drop mais je n’avais pas d’application sous la main pour le faire. 

Donc j’avais besoin d’un bac à sable fiable, propre et ciblé où je peux aller directement sur l’exercice qui m’intéresse, valider mon approche, et une fois que la solution fonctionne, la réutiliser sereinement sur l’application de mon client si besoin.

Hightest : Comment as-tu procédé ?

Matthieu Bridoux : Honnêtement, j’aurais pu passer des semaines à construire ça de zéro. Mais j’ai fait un choix pragmatique : j’ai utilisé Lovable, un outil de génération d’interfaces par IA.

Ce qui m’a convaincu, c’est sa rapidité. En décrivant les comportements que je voulais, un champ qui apparaît sous condition, un tableau paginé, une modale avec délai, je pouvais avoir un composant fonctionnel en quelques minutes. Pour quelqu’un qui pense en cas de test plutôt qu’en composants React, c’est un game changer.

Mon workflow était simple : je réfléchissais d’abord au type de difficulté que je voulais entraîner chez l’automaticien, je le décrivais à Lovable, j’ajustais, et je passais à l’exercice suivant. La valeur que j’apporte, c’est la pédagogie et l’expertise métier, pas la technique.

Ce projet m’a aussi confirmé quelque chose : l’IA ne remplace pas le testeur, elle lui enlève les frictions pour qu’il se concentre sur ce qui compte vraiment.

Témoignage d’un apprentissage

Hightest : Peux-tu nous parler d’une mission qui t’a particulièrement marqué dans ton parcours de testeur ?

Matthieu Bridoux : La mission qui me vient immédiatement, c’est celle où j’ai mis les mains dans Playwright pour la toute première fois.

J’arrivais avec une vraie expérience en automatisation, mais plutôt sur des outils no-code notamment Cerberus. Donc j’avais les réflexes du testeur automaticien, la logique de couverture, la rigueur sur les parcours critiques… mais pas le code. Passer à Playwright, c’était changer de registre.

Ce qui est intéressant, c’est que je me suis formé en autonomie. Pas de formation officielle, pas de mentor désigné. Je me suis appuyé sur la doc, sur mes expérimentations, et surtout sur la communauté QA interne de mon client. Ces échanges informels avec d’autres automaticiens ont été précieux. C’est souvent là qu’on débloque les vrais problèmes, ceux que la doc ne couvre pas.

Au bout de trois mois, je me sentais vraiment à l’aise. Ce qui m’a confirmé ce sentiment, ce n’est pas tant d’avoir tout compris, c’est d’avoir développé le réflexe de débloquer rapidement. Dès qu’un problème surgissait, je savais où chercher, comment isoler, comment résoudre.

Et concrètement, les résultats étaient là :

  • Mes parcours critiques automatisés
  • Intégrés dans une CI/CD
  • Avec un rapport automatisé dans XRAY
  • Et des notifications Slack en temps réel

Cette mission m’a appris que la courbe d’apprentissage sur Playwright est raide au début, mais qu’elle s’aplatit vite si on est entouré et qu’on pratique vraiment. C’est d’ailleurs une des convictions qui m’a poussé à créer mon accompagnement sur Playwright.

L’IA dans tout ça ?

Hightest : Quelle est l’utilisation que tu fais de l’IA aujourd’hui, dans le cadre de tes missions de test, mais aussi dans ton quotidien de formateur ?

Matthieu Bridoux : Mon usage de l’IA est pragmatique et ancré dans le quotidien. Je l’utilise quand elle me fait vraiment gagner du temps.

En mission, je travaille actuellement sur des tests d’application mobile avec Appium. Et mon réflexe dès qu’une erreur apparaît en console, c’est de la soumettre directement à Claude IA. Plutôt que de passer de longues minutes à éplucher la doc ou chercher sur Stack Overflow, j’obtiens une explication contextualisée et des pistes de correction rapidement. L’important pour moi, c’est de comprendre pourquoi ça plante, pas juste corriger en aveugle.

Côté Playwright, j’ai réalisé un POC autour des agents IA où plusieurs agents collaborent : l’un rédige les cas de test, un autre génère les scripts, un autre les corrige. C’est encore expérimental, mais les résultats sont prometteurs. La vraie question maintenant c’est de valider ça sur un projet concret avec toute sa complexité. J’ai aussi Claude Code dans ma liste de choses à tester prochainement, ça m’intéresse particulièrement pour voir ce que ça donne sur des projets d’automatisation bout en bout.

Au quotidien dans mon éditeur, j’utilise GitHub Copilot sur VS Code. L’autocomplétion change vraiment le rythme d’écriture, on code plus vite, et ça réduit la charge mentale sur les parties répétitives.

Ce que je retiens de tout ça : l’IA est un accélérateur. L’expertise du testeur reste indispensable pour poser les bonnes questions et valider ce qui est produit.

Prise de hauteur

Hightest : Comment dirais-tu que le monde du test a évolué depuis que as débuté ta carrière ?

Matthieu Bridoux : Avec 12 ans dans le métier, j’ai une perspective assez large sur ce chemin parcouru et honnêtement, l’évolution est massive.

Quand j’ai commencé, mon quotidien c’était HP ALM : on rédigeait des cas de test, on les exécutait manuellement, on remontait les anomalies. C’était rigoureux, structuré, mais lent. Et surtout, l’automatisation était encore un sujet de niche, on en parlait peu et peu d’équipes la pratiquaient vraiment, et la CI/CD c’était presque de la science-fiction pour la plupart des projets.

Aujourd’hui, c’est un autre monde. L’automatisation est devenue une attente de base sur la plupart des missions. La CI/CD est partout. Les testeurs doivent comprendre les pipelines, savoir intégrer leurs tests dans un workflow DevOps, lire du code. Le profil du testeur a profondément changé — on est passé d’un métier de vérification à un métier de qualité intégrée dans le delivery.

Et maintenant on voit arriver l’IA par-dessus tout ça. Une nouvelle couche de transformation qui s’accélère encore.

Ce qui me frappe le plus, c’est que le fond du métier reste le même — comprendre le risque, protéger l’utilisateur, poser les bonnes questions. Mais les outils et les compétences attendues ont été complètement redéfinis. C’est ce qui rend ce métier stimulant : il ne se fige jamais.

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Merci à Matthieu Bridoux d’avoir répondu à nos questions ! Si vous souhaitez vous entraîner, rendez-vous donc sur Mission Playwright.

Accessibilité numérique en Nouvelle-Calédonie : entretien avec le Collectif Handicaps

L’accessibilité est un critère non-fonctionnel très important à prendre en compte quand on crée un service numérique. Au-delà de l’aspect éthique indispensable de la démarche, l’accessibilité est de plus en plus encadrée par la règlementation, et les pénalités peuvent être lourdes. Chez Hightest, nous recherchons au maximum à sensibiliser notre écosystème à cet enjeu, ce qui a conduit notamment à réaliser un audit sollicité par le cluster OPEN NC en 2024.
Aujourd’hui, nous avons la chance de rencontrer Ugo Klinghofer, responsable du Collectif Handicaps Nouvelle-Calédonie, qui va pouvoir nous donner des informations de première main sur l’accessibilité numérique sur le territoire.

Présentation du Collectif Handicaps

Hightest : Bonjour Ugo ! Peux-tu nous parler du Collectif Handicaps Nouvelle-Calédonie et de ses actions sur le territoire calédonien ?
Ugo Klinghofer : Le Collectif Handicaps est une association de loi 1901 créée en 2004. Elle regroupe une trentaine d’associations du secteur et membres individuels.
Ces missions sont :
– D’être un interlocuteur privilégié au niveau institutionnel en portant la voix des associations.
– D’impulser une dynamique et des réflexions en matière de politiques publiques du handicap en participant au cadre réglementaire.
– De sensibiliser les acteurs publics et privés à toutes questions relatives au handicap et de promouvoir des actions et projets favorisant l’inclusion des personnes en situation de handicaps sur le territoire.

Comment le Collectif Handicaps promeut l’accessibilité numérique

H : Quelles sont les actions menées par le Collectif pour promouvoir l’accessibilité numérique ?
U : En 2024, le Collectif Handicaps a participé avec le gouvernement et les différents acteurs du numérique a tracé la feuille de route du territoire sur l’inclusion numérique. Il était important que les personnes en situation de handicap soient prises en compte dans les politiques publiques d’accessibilité au numérique dont elles sont souvent les « grands oubliés ».
Le Collectif Handicap milite également pour rendre l’accès à internet et aux outils numériques accessibles financièrement, il a échangé à ce sujet de nombreuses fois avec l’OPT.
Tout récemment le Collectif a développé un projet de recensement des lieux de loisirs et de tourisme accessibles sur le territoire. Il a donc collaboré avec Glorytech et leur application mobile Grall pour répertorier l’ensemble de ces sites.
 En 2026, le Collectif, en partenariat avec le cluster OPEN NC, met en place via le projet Numé-Rai de nombreux ateliers numériques sur des thématiques diverses comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le numérique au service de l’insertion professionnelle à destination des personnes en situation de handicap. Aussi, le Collectif reste vigilant à toute initiative en matière de numérique afin d’amener son concours pour le développement de projet, c’est actuellement le cas avec un fournisseur d’accès internet local. Enfin, le Collectif Handicaps siège au sein de la commission numérique inclusive et durable mise en place par le cluster OPEN NC.

Le retour d’Ugo sur l’audit de 2024

H : En 2024, nous avons réalisé un scan d’accessibilité avec l’outil WAVE sur ~2000 sites web calédoniens. 99 % d’entre eux présentaient au moins 1 alerte, 91 % au moins une erreur. 88 % présentaient au moins un problème de contraste, ce qui est l’erreur la plus commune d’accessibilité. Que penses-tu de ce constat ?
U : Ces résultats sont édifiants et démontrent qu’il reste encore beaucoup d’efforts à fournir en matière d’accessibilité numérique. Je note tout de même que des progrès sont réalisés en ce sens afin de réduire la fracture numérique par une meilleure accessibilité.

Construire un site web accessible : l’expérience et les conseils du Collectif Handicaps

H : Votre site web est entièrement pensé pour l’accessibilité. Il permet d’adapter le contenu à volonté : police pour faciliter la lecture aux personnes dyslexiques, augmentation de l’interlignage, changement des couleurs et de la taille du texte, version FALC (Facile À Lire et à Comprendre). Comment s’est déroulée la création du site web ? Comment l’avez-vous testé ? Quelles ont été les problématiques ou questions d’accessibilité les plus difficiles à adresser ?
U : Le site Web a subi une refonte en 2021 par une société calédonienne avec la création et l’intégration des outils d’accessibilité.
A ma connaissance, il n’y a pas eu de phase de test mais des remontées de terrain des usagers ont permis d’apporter des améliorations dans la lisibilité des différents onglets.
H : Au-delà de la bonne application des standards (WCAG, RGAA…), il est en effet important de faire tester ses applicatifs par des personnes en situation de handicap. Comment prendre contact avec elles, mais aussi et surtout, comment les rétribuer au plus juste pour ce travail de validation ?
U : Pour tout contact avec les associations membres du Collectif, vous pouvez joindre le Collectif Handicaps ou vous procurer l’handicap mag qui répertorie l’ensemble des acteurs du handicap en Nouvelle-Calédonie. Il est possible d’organiser une session de test avec une association au sein des locaux du Collectif si cela est nécessaire. Le Collectif peut agir comme un facilitateur dans la mise en réseau en fonction des envies et/ou besoins des uns et des autres. Pour remercier la participation, on peut imaginer un accès prioritaire au service ou une gratuité en fonction de la prestation proposée. Toutes autres formes de partenariat ou de soutien sont envisageables.
H : As-tu un conseil à donner à une organisation qui souhaiterait rendre ses services plus accessibles ?
U : Je ne peux qu’encourager ce type d’initiatives, bien souvent cela peut bénéficier à un public plus large que celui qu’on pense toucher au départ. Lorsque qu’on améliore l’accessibilité des trottoirs ou des routes, cela bénéficie aux personnes en fauteuil roulant, ou aux personnes malvoyantes mais aussi aux familles avec des poussettes ou encore aux cyclistes etc… Il en va de même pour tous types d’accessibilité et cela contribue à construire une société connectée avec l’ensemble de ses composantes.

Synergies entre le Collectif Handicaps et le Pacifique

H : Le site du Collectif Handicaps Nouvelle-Calédonie mentionne qu’il a été créé avec le soutien du consulat de Nouvelle-Zélande en Nouvelle-Calédonie. Y a-t-il des synergies entre votre action implantée sur le territoire calédonien, et d’autres zones géographiques ?
U : Le Collectif Handicaps essaie de développer des synergies régionales afin dans un premier temps de comprendre la manière dont les autres pays de la région traitent la question du handicap dans leurs sociétés afin de voir ce qui fonctionne et de s’en inspirer et voir ce qui ne fonctionne pas. A ce sujet, nous sommes membres depuis 2016 du PDF (Pacific Disability Forum) qui est une ONG basée à Suva, Fidji.
Nous aimerions aussi nous associer à Wallis et Futuna avec lequel nous avons des contacts mais souhaiterions développer plus de partenariats car les liens entre nos deux îles sont évidents.
En local, nous avons de bonnes relations avec le consulat d’Australie pour qui les questions d’inclusions sont importantes.
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Merci à Ugo pour ses réponses, nous espérons qu’elles vous inviteront à inviter davantage l’accessibilité dans vos projets.
Dans les prochains jours, nous publierons un article en langage FALC (Facile À Lire et à Comprendre), préconisé pour s’adresser aux personnes en situation de handicap mental, ou à toute personne ayant des difficultés de compréhension. Cet article a été relu et amélioré par Ugo, merci encore à lui.

Une parole libre et passionnée : le parcours de Fanny Velsin

Ce mois-ci, on poursuit notre série d’interviews de pros de la qualité et nous avons la chance de recueillir le témoignage de Fanny Velsin. On lui doit le livre « Testez votre application web avec Cypress », ainsi que « Le Mag du testeur ». Actuellement, elle vit et travaille à Montpellier.

L’origine d’une vocation

Hightest : Qu’est-ce qui t’a amenée au métier du test ?

Fanny Velsin : J’ai fait mes études pour travailler dans l’informatique, j’avais cette vocation très tôt. Mon père m’a montré comment démonter les ordinateurs. Petite touche geek : ma chambre était décorée de barrettes de RAM récupérées de cet ordi. Mon objectif à l’époque était de travailler comme développeuse. Après mes différents stages dans le développement web, j’ai intégré une entreprise d’édition de logiciel en contrat de professionnalisation. Durant cette période, j’ai vu beaucoup de choses : développement Java, rapport BI avec BIRT, tout ce qui est requêtage SQL, bien chercher les logs … à la fin de mon alternance, je suis restée dans cette société qui m’a donné l’opportunité énorme d’apprendre (réellement !), de comprendre ce que je faisais et pourquoi je le faisais de cette manière. L’équipe était exclusivement composée de développeurs. Après quelques mois, pendant un daily, j’ai appris que l’équipe de QA était sous l’eau. J’étais en avance sur mes tâches dont j’ai proposé à mon manager de l’époque de rejoindre cette équipe pour les soutenir. C’était du Selenium écrit avec du Java. Tout était dans mes compétences. Cependant, très rapidement j’ai vu que les tests étaient flaky. J’en ai référé à notre manager en proposant des solutions techniques. J’ai alors pris le lead technique sur la partie tests. Je suis restée quelques années et ce métier que je découvrais me plaisait énormément. Pour des raisons stratégies, la société m’a remis quelques mois sur le poste de développeur. Était-ce dû à la période du Covid, au management qui ne me convenait pas ou à une technologie qui ne me parlait pas ? Quoi qu’il en soit, je ne m’y retrouvais plus. Nous avons tous été licencié pour raison économique, ça a été une aubaine pour moi : j’ai repris le métier de testeur que j’apprécie tellement.

Le goût du partage de connaissances

Hightest : Tu as aussi de l’expérience en tant que responsable communication et en tant que formatrice, tu as écrit un livre, et il y a quelques mois tu as également lancé le Mag du Testeur. La transmission a une place importante dans ta carrière. Comment vois-tu cet aspect de ton travail ?

Fanny Velsin : Responsable communication, oui ça remonte à l’école, durant la junior entreprise et l’association (mais je crois ne pas y avoir fait mention – association d’histoire qui a malheureusement fermé depuis longtemps). J’ai fait quelques évènements avec la junior entreprise mais je préfère nettement le partage de connaissance en tant que formatrice. C’est très enrichissant d’avoir des apprenants. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le module qualité n’existe plus dans ce parcours. Je me félicitais justement de ce changement par rapport à mon époque où on ne parlait pas de qualité à part le TDD. La transmission a plusieurs avantages : partager ma passion, transmettre un métier qui emploie actuellement partout dans le monde, et être confrontée à des questions ou des certitudes qui me mettent à l’épreuve.

L’écriture de ce livre est un peu un hommage à Cypress en un sens. Je me questionnais beaucoup à cette époque sur mes compétences. Je venais de me faire licencier, même si la raison était économique et que nous étions plus d’une quinzaine. Je me suis remise en question sur mon avenir, sur mes compétences et sur mes envies. Je suis arrivée dans une entreprise très ouverte à la discussion sur les technologies, j’avais carte blanche à partir du moment où je pouvais prouver la nécessité ou l’avantage de cet outil par rapport à un autre. Cypress m’a permis de reprendre cette confiance qui m’avait quittée. J’ai dû faire des démonstrations devant plusieurs personnes alors que j’étais à l’époque tétanisée si je devais prendre la parole même devant 2 personnes.

J’ai commencé par la brique Cypress, puis j’ai monté les tests que j’ai fait dans une pipeline Jenkins avec un collègue et finalement je l’ai fait seule avec la migration Gitlab.

Notre métier, je parle de la qualité d’une manière générale, est tellement riche. Si on est curieux, on peut voir beaucoup d’aspect de l’informatique : le réseau, le front, le back, la sécurité, …

Le mag m’est venu en tête peu après avoir donné les cours, les apprenants ne voyant pas forcément les avantages du test. En discutant avec eux, je me suis aussi rendu compte que finalement les décideurs des entreprises avaient cette même vision : le coût ; les apprenants voient le coût d’apprentissage, l’envie et la maintenance alors que les décideurs voient le coût financier. Le mag est venu pour essayer de convaincre. Ajouter de la qualité dans vos processus, dans vos codes, dans vos critères d’acceptation…

La consultance comme formule de liberté

Hightest : Tu as à la fois travaillé en tant que consultante et chez un client final. Ces dernières années, c’est plutôt la consultance qui l’emporte dans tes expériences. Pour quelles raisons préfères-tu cette modalité ?

Fanny Velsin : Comme on le dit, la liberté n’a pas de prix. Non, en réalité, je me suis mise consultante après le licenciement. Comme dit auparavant, j’ai eu une grosse remise en question à ce moment-là. J’ai eu un doute. Je voulais reprendre ce que je faisais de mieux à ce moment-là : du test et du reporting. J’ai quitté ma région natale et je me suis lancée consultante. Ça m’a permis de me positionner sur plusieurs missions : chez un client tout en donnant des cours et tout en écrivant un livre et un cours en ligne pour Open Classroom.

Je préfère cette modalité pour cette liberté d’avoir des missions de différents types : mission longue chez un client et des missions courtes pour délivrer des cours.

Prise de recul

Hightest : Ta carrière dans l’informatique a commencé il y a plus de 10 ans. Qu’est-ce qui était vrai à ce moment et qui ne l’est plus maintenant ?

Fanny Velsin : Eh oui plus de 10 ans, je ne serai probablement plus jamais la plus jeune du bureau !
C’est une question vaste, mais voici ce que j’en retiens : il y a dix ans, on voulait des tests, point. Maintenant, on parle de retour sur investissement, de couverture, de stratégie. On demande aux testeurs de justifier les choix, de prioriser, de proposer des outils. Le rôle est bien plus stratégique qu’avant. On n’attend plus juste une validation, on attend une vision.

Il y a plus de 10 ans, je pensais qu’il suffisait de bien faire son travail pour que tout roule. Aujourd’hui, je sais que la communication, la posture, et parfois même la diplomatie, sont aussi importants que les compétences techniques. J’ai appris à prendre ma place, à défendre mes choix, et à ne plus m’écraser – chose que je faisais souvent au début.

Le métier du test est plus reconnu au niveau des entreprises. À mes débuts, le test était souvent vu comme une obligation ou une étape de validation finale. Il était rare que les testeurs soient invités dès le début d’un projet, et encore plus rare qu’ils aient un mot à dire sur les choix techniques ou fonctionnels. Aujourd’hui, on voit une évolution : l’approche Shift Left se démocratise, les équipes qualité sont plus intégrées, plus respectées aussi.

L’intérêt de la découverte

Hightest : Quel domaine métier t’a le plus passionnée jusqu’à présent ?

Fanny Velsin : Le milieu médical ! Cette mission dans le domaine médical m’a beaucoup appris. On ne suivait pas vraiment de normes spécifiques au secteur, mais j’en ai découvert quelques-unes au fil du temps, ce qui m’a permis de prendre du recul et de progresser. J’ai aussi appris ce que sont les rayons X et d’autres notions propres à ce milieu, que je ne connaissais pas du tout avant.
C’était aussi une super opportunité pour développer mes compétences en agile et mieux comprendre comment adapter ma façon de travailler dans un contexte aussi particulier.
Cette mission est celle qui m’a ouvert les yeux sur notre métier et la complexité qu’il peut en découdre au niveau technique et « diplomatique ». Si on veut apprendre et s’impliquer, notre métier est riche.

L’image du test

Hightest : Si tu pouvais changer un préjugé sur notre métier, quel serait-il ?

Fanny Velsin : Je veux discuter pour qu’on trouve le meilleur compromis pour la qualité, pour nos utilisateurs. Nous travaillons pour nos utilisateurs, je ne souhaite pas vous embêter avec un bug ou trouver le coupable du développement ou pointer qui que se soit du doigt. Dans tous les cas, nous sommes une équipe, alors travaillons ensemble pour faire évoluer le produit pour nos utilisateurs. Mettons-nous à la place des utilisateurs.

Zoom avant

Hightest : Quels projets aimerais-tu concrétiser dans les prochaines années ?

Fanny Velsin : J’aimerai passer la certification TMMi mais j’aimerais aussi reprendre la transmission de connaissances avec des apprenants et que le mag soit lu par les décideurs !

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Merci à Fanny d’avoir répondu à nos questions ! Nous vous invitons à découvrir le Mag du testeur, un contenu d’excellente qualité.

Cybersécurité, entre illusions et risques réels

Il y a peu, la société calédonienne AdDo, spécialisée en cybersécurité, a publié un rapport faisant l’état des lieux des fuites de données avérées sur le territoire calédonien : le rapport d’étude OSINT 2025.

OSINT signifie “Open Source INTelligence” : ce rapport se base donc “seulement” sur des informations publiquement accessibles. Cela signifie que les chiffres qu’on y trouve, et qui sont déjà préoccupants, illustrent une réalité certainement beaucoup plus inquiétante.

En Nouvelle-Calédonie, on a souvent l’impression d’être “loin de tout”, et d’une certaine façon protégé·es de ce “tout”. On pourrait même se demander, “Qui pourrait bien s’intéresser à nous, qu’on peine souvent même à trouver sur une carte ?”

Mais le rapport d’étude d’AdDo montre bien que la perception du risque en cybersécurité est bien différente du risque physique, et que ce risque est difficile à évaluer avec les outils cognitifs que nous possédons naturellement.

Parole à Laurent Rivaton, fondateur d’AdDo et auteur de ce rapport.

Ce qu’il faut retenir du rapport

Hightest : Bonjour Laurent ! Nous avons lu attentivement le rapport et recommandons vivement de le découvrir dans son intégralité. Toutefois, pour les personnes qui n’auront pas le temps de tout lire, quelle sont les informations les plus importantes que tu souhaites voir circuler au maximum ?

Laurent Rivaton : La première, qui fait directement écho à l’étude et à ses conclusions est que la cybersécurité pose un problème qui est global et collectif, et que la solution est également globale et collective. Pour illustrer le fait qu’on soit tous concernés, j’aime prendre l’exemple de la sécurité routière. Quand je prends ma voiture, pour que je sois en sécurité, il faut que je conduise avec prudence, mais il faut aussi que tous ceux qui sont sur la route en même temps que moi conduisent avec prudence. 1 seul chauffard et tout le monde est en danger !

Et l’autre message qui me tient également hackeur à cœur, c’est que la cybersécurité, ça n’est jamais que de la gestion de risque, et que la gestion de risque on sait tous faire. Nos cerveaux, après des dizaines et des dizaines de milliers d’années d’évolution, sont parfaitement au point pour gérer les risques, question de survie ! Il n’y a donc aucune raison que la cybersécurité soit un domaine accessible uniquement à des petits génies de l’informatique, une sorte de groupe d’élus qui seraient les seuls humains dotés de pouvoirs leur permettant d’appréhender ce sujet.

Former à la cybersécurité en Nouvelle-Calédonie

Hightest : Le rapport souligne l’importance de la formation pour mieux se protéger contre les risques numériques. Mais la cybersécurité est encore à ce jour un domaine mystérieux pour la plupart des gens, et s’y initier peut sembler difficile. As-tu des ressources à conseiller pour débuter ? Des formations en Nouvelle-Calédonie, ou encore des ressources en ligne ?

Laurent Rivaton : Je confirme ! De mon point de vue, la formation permet de comprendre ce qui se cache derrière les technologies numériques, et donc de réaliser qu’en fait, savoir si on doit cliquer ou pas sur un lien qu’on vient de recevoir dans sa messagerie, c’est exactement le même problème à résoudre que de savoir si on doit traverser une rue ou pas alors qu’il y a de la circulation.

On peut aujourd’hui trouver beaucoup de sources d’information et de formation sur le sujet de la cybersécurité. Beaucoup de sources en ligne sont en anglais, ce qui ne facilite pas toujours les choses, mais il y a heureusement beaucoup de matériel intéressant sur le site du Centre Cyber du Pacifique, sur le site de l’ANSSI ou celui de Cybermalveillance. Pour tous ceux qui ont du mal avec l’auto formation, il est également possible de suivre des formations en présentiel destinées aux utilisateurs. J’en dispense une qui dure 6 demi-journées et qui donne de bon résultats !

Pour les professionnels, c’est un peu la même chose, beaucoup de possibilités en ligne, de qualité variable, à des prix allant de gratuit à plusieurs centaines de milliers de francs, avec des parcours qui permettent d’aller jusqu’à des certifications professionnelles y compris les plus connues, les plus reconnues dans notre secteur, les plus difficiles à obtenir. Et pour ceux qui préfèrent des formations en présentiel, c’est également possible sur le territoire avec une offre qui s’étoffe peu à peu (ma prochaine formation aura lieu à la mi juillet !).

Un permis de conduire numérique

Hightest : Dans le rapport est évoqué le “permis de conduire numérique”. Peux-tu nous en dire plus ?

Laurent Rivaton : C’est plus une image ou une analogie qu’autre chose. Le fait est qu’aujourd’hui, pour prendre le volant, il faut apprendre à conduire et il faut même démontrer qu’on en est capable en passant un examen pour obtenir un permis. Pour ce qui est des outils numérique, il suffit de les acheter, et comme c’est facile et intuitif, il n’est même pas nécessaire de lire la documentation. Et pourtant, tous ces nouveaux outils peuvent être mal utilisés, causer des dommages et des préjudice et leur utilisation comporte des risques. Comme ces outils numériques sont de plus en plus sophistiqués, de plus en plus indispensables et qu’en cas de mauvaise utilisation les préjudices sont de plus en plus importants, il me semblerait logique qu’on soit, sinon obligés, mais au moins incités à apprendre quelques notions élémentaires avant de les utiliser.

Que faire quand ses données personnelles fuitent ?

Hightest : Dans le rapport, le site https://haveibeenpwned.com/ est conseillé pour vérifier son adresse e-mail. Par curiosité, j’ai vérifié mon adresse pro (0 occurrence) et perso (4 occurrences !) Ce qui m’a surprise (ndlr : c’est Zoé Thivet qui pose la question :)), c’est de voir apparaître des noms de sites très connus (Gravatar et Canva). Recommandes-tu de vérifier régulièrement ses adresses mail via ce site ? Si une nouvelle fuite apparaît, que conseilles-tu ?

Laurent Rivaton : Ça peut-être une habitude à prendre. Et quand une nouvelle fuite apparait, il faut impérativement changer les mots de passe qui ont été compromis. Mais vérifier régulièrement ses adresses ne remplace pas une bonne pratique élémentaire : le cloisonnement. Le cloisonnement, ça consiste à utiliser des comptes et des mots de passe différents pour tout, ou au minimum sur ses accès importants, par exemple celui à sa banque ! Ainsi, si un mot de passe est volé quelque part sur un site, alors le préjudice est limité à ce site. Je rappelle que les sites comme Have I Been Pwned s’appuient sur des données publiques, par conséquent, si mon adresse est trouvée, ça veut dire que mon compte a été compromis. Par contre, si mon adresse n’est pas trouvée, ça veut seulement dire qu’elle n’a pas été trouvée et j’ai peut être quand même été piraté mais ça n’est pas encore rendu publique.

L’expertise met-elle à l’abri ?

Hightest : Un autre site, IntelligenceX.com, est recommandé pour consulter les fuites de données. J’y ai d’ailleurs retrouvé, pour mon adresse mail, un fichier dont le titre contient le nom “Gravatar”. En tant qu’expert en cybersécurité, es-tu parfaitement protégé, ou as-tu retrouvé des données qui te concernent ?

Laurent Rivaton : Un expert en cybersécurité qui prétendrait être parfaitement protégé, serait, de fait, un mauvais expert en cybersécurité ! En effet, le risque 0 n’existe pas et un expert est forcément parfaitement lucide sur ce point. Je dirai même que plus la compétence et l’expertise augmentent, mieux on mesure l’étendue des risques. Mais parallèlement, plus la compétence et l’expertise augmentent, mieux on sait gérer efficacement le risque.

Et oui, j’ai déjà trouvé des données fuitées concernant le domaine addo.nc. Le dernier cas concernait un site chez lequel j’avais acheté des outils orientés cybersécurité. Mais comme je pratique depuis très longtemps un cloisonnement systématique, cette fuite ne m’a causé aucun préjudice. Elle ne m’a coûté que quelques échanges de courrier électronique avec ce fournisseur pour l’informer !

Hightest : Est-ce via ce site (IntelligenceX.com) que tu as pu découvrir les machines physiques compromises ?

Laurent Rivaton : Oui. Les données qui sont proposées par IntelligenceX permettent d’aller très loin dans les recherches, et de trouver suffisamment d’éléments pour identifier un équipement compromis avec certitude. Ces accès « pro » sont d’ailleurs payants et pas vraiment bon marché !

Hightest : Beaucoup de personnes te consultent-elles pour savoir si leurs propres données ont été exposées ? Si oui, que leur réponds-tu ?

Laurent Rivaton : À la suite de cette étude, très peu. Et comme l’étude a été menée globalement, je n’ai pas de détail sur les postes compromis, seulement leur nombre. Cependant, au début de l’étude, je m’étais fixé comme règle de prévenir les tiers que j’allais reconnaître dans les phases d’échantillonnage qui seraient faites tout au long de l’étude pour vérifier la qualité des résultats des recherches. J’ai donc été amené à contacter un nombre très réduit de personnes…

Une palette de solutions

Hightest : Quels sont les services proposés par AdDo pour aider à se préparer aux risques en cybersécurité ?

Laurent Rivaton : Le travail d’AdDo, c’est d’aider les entreprises et les organisations publiques ou privées à améliorer leur cybersécurité en les accompagnant. Ce sont donc des missions de conseil, avec aussi de l’audit et de la formation. Il m’arrive aussi d’aider en cas d’attaque, dans ce cas, il s’agit aussi d’accompagner les victimes dans la gestion de crise, dans la priorisation des tâches de diagnostic, de remédiation, etc.

Hightest : Comment procèdes-tu pour rendre les risques liés à la cybersécurité plus tangibles auprès de personnes qui découvrent le sujet et ne se sentent pas concernées ?

Laurent Rivaton : Il n’y a pas de recette magique, mais généralement, faire l’exercice théorique de regarder ce qui se passerait, si, un matin, en arrivant au bureau, il n’y avait plus aucun outil numérique de disponible suite à un piratage, peut-être un moyen de prendre conscience de l’importance du sujet.

Hightest : Quelles sont les résistances que tu rencontres le plus souvent de la part des personnes lors des sensibilisations ?

Laurent Rivaton : La plupart des gens d’une part ne se rendent pas compte à quel point ils sont devenus dépendants, et d’autre part estiment qu’ils sont incapable de comprendre quoi que ce soit à la cybersécurité. Dans ce cas, il est très naturel de faire une forme de déni. Mais il suffit donc de contredire ces 2 certitudes avec des exemples simples en fonction du contexte et en général, les résistances s’estompent.

Le point sur les antivirus

Hightest : “Les antivirus en 2025 ça ne sert plus à rien, les OS en disposent déjà de solides.” Cette phrase qu’on entend souvent est-elle justifiée, ou est-ce une idée reçue sans fondement ? Le cas échéant, quel antivirus recommandes-tu ?

Laurent Rivaton : Il y a bien longtemps, les antivirus étaient nécessaires et suffisants. Dans les échantillonnages réalisés pendant l’étude, 100% des postes piratés avaient un antivirus, qui, le plus souvent, était celui fourni avec l’OS. Les antivirus ne sont plus suffisant depuis un moment déjà, mais ils sont toujours nécessaires : sans antivirus, c’est pire ! On peut refaire une analogie avec la sécurité routière. Considérer que les antivirus sont inutiles car ils ne garantissent pas une protection totale, c’est comme se dispenser de mettre sa ceinture de sécurité au motif quelle ne garanti pas la survie en cas d’accident. Conclusion : l’antivirus fourni avec l’OS, c’est tant mieux qu’il soit fourni, en ajouter un plus complet, c’est mieux, et en entreprise, ajouter encore une couche supplémentaire avec des outils de détection avancés, c’est encore mieux. Mais attention, le risque persistera de toutes les façons.

Pour la question sur le choix d’un antivirus, et de toute solution de sécurité, mon conseil est simple : il y a des critères de qualité technique et fonctionnelle à prendre en compte et il faut en tester plusieurs pour voir quel produit nous convient le mieux.

La cybersécurité sur le territoire

Hightest : À ce jour, penses-tu que la population calédonienne soit plus vulnérable aux attaques “techniques” ou à l’ingénierie sociale ?

Laurent Rivaton : Les 2 mon capitaine. Mais de fait, les cybercriminels exploitent davantage les vulnérabilité humaines. Le risque est donc supérieur de ce côté là.

Hightest : Une recrudescence d’attaques a eu lieu lors des émeutes de 2024. As-tu envie d’en dire un mot ?

Laurent Rivaton : Il n’y a pas forcément grand chose à dire à mon sens. Il me semble qu’il y a eu à la fois une pression en terme de désinformation, ce qui est logique dans un tel contexte, et également une augmentation des tentatives d’arnaques de tous genres, ce qui est également « normal » : quand une population est fragilisée économiquement et psychologiquement, elle est plus vulnérable et donc devient une cible de choix pour les cybercriminels.

Hightest : L’édition 2025 de HacKagou se tiendra le 1er octobre prochain. Quel est le rôle d’AdDo dans la mise en œuvre de cet événement ? Par rapport aux éditions précédentes, que souhaiterais-tu pour cette année en particulier ?

Laurent Rivaton : AdDo fait partie des partenaires, des soutiens inconditionnels depuis le début de l’aventure HacKagou. À titre personnel, mon rôle est d’emmener l’évènement et la super équipe d’organisation toujours plus haut et toujours plus loin. Pour 2025, nous sortons de Nouméa. C’est la commune de Païta qui nous accueille avec beaucoup d’enthousiasme dans l’Arène du Sud. Nous attendons beaucoup plus de joueurs, beaucoup plus de public, du contenu encore plus riche autour du CTF (ndlr : Capture The Flag, un type de challenge de cybersécurité), avec des ateliers, des conférences, des animations, l’escape game que nous n’avons pas pu faire en 2024, une décoration et une mise en situation pour que les participants et le public soient complètement immergés dans le thème de l’année qui est : Apocalypse. Une IA devenue folle menace l’humanité.

Nous devrions annoncer bientôt l’ouverture des inscriptions, mais notre vrai challenge cette année, est de trouver les financements nécessaires pour que le HacKagou soit la grande fête que nous imaginons.

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Merci à Laurent Rivaton d’avoir répondu à nos questions ! Nous nous retenons d’en poser d’autres encore, tellement un sujet en amène un autre. Nous espérons en tous cas que cet article vous aura donné envie d’en apprendre plus sur la cybersécurité. Et si vous avez la chance de vivre en Nouvelle-Calédonie, rendez-vous au HacKagou !

Ce QA mène une double vie (et ce n’est pas ce que vous croyez)

Le test logiciel est un véritable carrefour. Julien Escots le prouve avec un parcours qui traverse le développement, l’automatisation, le management… et même l’immobilier ! Découvrez son témoignage qui sort des cases.

Développeur ou testeur ? Un peu des deux !

Hightest : Bonjour Julien ! Parlons d’abord de ton parcours purement informatique, qui présente une particularité intéressante. Tes études supérieures ont été centrées sur le développement, mais dès le début pour tes stages et tes alternances tu as fait du test. Tu as ensuite enchaîné 2 alternances en tant que dev… pour finalement te spécialiser de nouveau dans la qualité ! Un profil comme le tien illustre bien la porosité entre ces deux expertises, et va à l’encontre des stéréotypes. Comment est-ce que tu vois les choses aujourd’hui ?

Julien Escots : Effectivement, mon parcours reflète bien cette porosité entre le développement et la qualité. J’ai commencé par le test, ce qui m’a permis de développer une forte sensibilité aux problématiques de fiabilité, de robustesse et d’expérience utilisateur. Ensuite, mes deux alternances en tant que développeur m’ont apporté une vraie compréhension technique des produits, du code, et des contraintes que peuvent rencontrer les équipes de dev.

Aujourd’hui, je vois la qualité comme une extension naturelle du développement. Ce ne sont pas deux mondes opposés, mais complémentaires. Un bon testeur comprend le code, et un bon développeur gagne à intégrer une logique qualité dès la conception. Mon profil me permet justement de faire le lien entre ces deux univers, de parler le même langage que les devs tout en apportant un regard critique sur la qualité produit. Je pense que c’est cette double casquette qui me permet aujourd’hui d’avoir un rôle à plus forte valeur ajoutée dans une équipe agile.

La troisième casquette

Hightest : C’est très probable ! Ce genre de profil joue souvent un rôle « émulsifiant » dans une équipe (un émulsifiant étant un élément qui aide deux substances à se mélanger…) Et depuis peu, tu as même une troisième corde à ton arc ! Tu peux nous en parler un peu ?

Julien Escots : Depuis quelque temps, je me suis lancé dans l’immobilier en parallèle de mon poste de Lead Test. C’est une activité que j’avais en tête depuis un moment, par envie d’entreprendre, de découvrir un univers totalement différent et aussi d’avoir un impact plus direct dans la vie des gens. Je suis aujourd’hui mandataire immobilier, et j’accompagne des clients dans leurs projets d’achat ou de vente, de l’estimation jusqu’à la signature chez le notaire. C’est très enrichissant, à la fois humainement et professionnellement.

Je consacre toujours la majorité de mon temps à mon rôle de Lead Test (environ 90 %) mais je profite de mes temps libres, soirs et week-ends pour développer mon activité immobilière.

Les deux domaines peuvent paraître éloignés, mais je trouve qu’ils sont étonnamment complémentaires. Mon expérience dans la tech m’a donné une vraie rigueur, une capacité à structurer, à analyser des données, à anticiper les problèmes, et tout cela me sert énormément dans la gestion de mon activité immobilière. À l’inverse, l’immobilier me pousse à sortir de ma zone de confort, à renforcer mes compétences relationnelles, à apprendre à gérer le stress d’une négociation ou d’un accompagnement client dans un moment de vie important. Finalement, c’est un équilibre que je trouve stimulant, et qui me permet de progresser dans les deux domaines.

Le quotidien d’un lead test

Hightest : C’est drôle, il y a quelques temps on avait interviewé des profils issus de reconversions et on en avait conclu que tous les chemins mènent au test. On pourrait se dire que l’inverse est peut-être vrai aussi ! Cette diversité de parcours notamment fait que chaque QA a son propre style de test. Et toi, c’est quoi ta marque de fabrique ?

Julien Escots : Ma marque de fabrique, c’est ma curiosité et mon instinct de testeur. J’adore explorer les cas limites, traquer les comportements inattendus, parfois même farfelus. Ce qui me motive, c’est de comprendre comment un utilisateur (ou un bug) peut sortir du cadre.

J’aime aussi être au cœur des mises en production : valider, accepter, assurer la qualité jusqu’au dernier moment, c’est là que je me sens le plus utile.

En tant que Lead Test, je veille à ce que mes équipes aient une vision claire de la stratégie de test, avec un bon équilibre entre manuel et automatisation. Je pousse pour une automatisation intelligente : ciblée, fiable, et qui donne un feedback rapide. Mon rôle, c’est aussi d’aligner tout le monde autour de la qualité, sans jamais perdre de vue la valeur.

Hightest : Lead Test, c’est un rôle exigeant. Raconte-nous ton plus gros challenge !

Julien Escots : Mon plus gros challenge, ça a été de mettre en place une vraie stratégie de test pour une équipe de 10 testeurs, mêlant profils fonctionnels et automaticiens. Il a fallu trouvé le bon équilibre entre cadrage, autonomie et cohérence d’ensemble.

Ce qui m’a demandé le plus d’effort, c’est de jouer le rôle de chef d’orchestre : comprendre les forces de chacun, aligner les pratiques, définir des priorités claires et des objectifs communs. La cohésion et la création d’une communauté entre nous a été l’un de mes principaux grand challenge.

Une histoire de bug

Hightest : On voit bien tout l’enjeu managérial et organisationnel qui vient se superposer aux problématiques classiques des tests… Dans ton parcours, tu as dû découvrir pas mal d’anomalies, est-ce qu’il y en a une qui t’a marquée plus que les autres ?

Julien Escots : Un bug qui m’a marqué, c’est lors du déploiement d’un nouveau parcours réservé à une poignée de conseillers bancaires. En principe, seuls quelques profils pilotes devaient y accéder. Sauf qu’à quelques minutes de la mise en production, on a découvert qu’il suffisait qu’un seul conseiller accède au parcours pour qu’il soit activé pour tous les conseillers de France.

Heureusement, on l’a détecté juste à temps, ce qui nous a permis de décaler la MEP et de corriger avant que l’impact ne soit réel. Sur le moment, c’était chaud, mais avec le recul, c’est un super rappel de l’importance des tests d’habilitation et des validations de dernière minute !

Rester à la pointe

Hightest : Outch ! Ces gros bugs de dernière minute servent souvent de leçon et aident à alimenter les checklists de tests incontournables… Mais le temps est long et on n’a pas toujours l’occasion d’apprendre de manière intensive. As-tu déjà eu l’impression de stagner ? Qu’est-ce que tu mets en place pour continuer de progresser ?

Julien Escots : Oui, ça m’est déjà arrivé, surtout d’un point de vue technique. Parfois, tu as l’impression d’avoir bien avancé, d’avoir acquis pas mal de compétences… et puis tu te rends compte que la montagne est encore très haute. C’est un peu déstabilisant, mais aussi motivant.

Pour continuer à progresser, je m’impose une veille régulière, je fais des POC sur mon temps perso, je challenge mes pratiques, et surtout, j’échange beaucoup avec mes pairs. Je pense qu’on apprend énormément en partageant : une bonne discussion avec un collègue ou un développeur peut t’ouvrir des perspectives que t’avais pas envisagées.

Et puis, en tant que Lead, je me dois aussi de rester à jour pour pouvoir guider les autres, ça me pousse à ne pas me reposer sur mes acquis.

Un conseil pour QA qui débutent

Hightest : En parlant de guider les autres, quel conseil donnerais-tu à une personne qui voudrait se lancer dans le test ?

Julien Escots : Le conseil que je donnerais à quelqu’un qui veut se lancer dans le test, c’est : sois curieux, et pose-toi toujours la question “Et si… ?”. Le test, ce n’est pas juste suivre des scénarios, c’est chercher à comprendre comment un produit peut se comporter autrement que prévu.

Je lui dirais aussi que le test, aujourd’hui, c’est loin d’être un métier isolé ou secondaire. Il faut savoir collaborer avec les devs, les PO, les ops, comprendre le produit, et même parfois challenger la conception. Et si en plus tu touches un peu au code, l’automatisation devient un vrai levier pour faire gagner du temps à toute l’équipe.

Merci beaucoup à Julien pour cet échange très intéressant !

Bugs d’accessibilité : c’est du vécu !

En janvier, nous avons eu le plaisir de recueillir le témoignage de Cyriaque Delaveau, un développeur qui travaille sans clavier ni souris mais avec une commande oculaire. Aujourd’hui, nous partageons la suite de son témoignage, qui concerne un sujet qui nous tient à cœur : l’accessibilité !

En effet, du fait de ses usages numériques spécifiques, Cyriaque est un aimant un bugs. Une chance quand on fait du test d’accessibilité, mais une vraie galère quand on veut simplement utiliser des services numériques ! Ces bugs sont d’autant plus pernicieux qu’ils peuvent rester des années dans des applicatifs sans que leur équipe projet, si elle n’est pas formée, ne se doute de rien… Il est temps de lever le voile 😉

Parole à Cyriaque Delaveau.

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L’accessibilité est un sujet qui me touche de très près, à la fois comme développeur et comme utilisateur. En tant qu’internaute utilisant une commande oculaire, je rencontre régulièrement des problèmes d’accessibilité qui rendent certaines tâches en ligne inutilement difficiles, voire impossibles.

Menus déroulants

Beaucoup de sites utilisent des menus déroulants ou des éléments interactifs qui ne sont pas navigables sans souris. Ces menus ne répondent pas aux commandes clavier ou aux technologies d’assistances comme les commandes oculaires, au final je me retrouve bloqué pour accéder à certaines sections du site.

Captcha

Certains captchas (surtout les “drag to verify”) sont un cauchemar. Bien qu’il existe des versions accessibles, beaucoup de sites n’en proposent pas. Ça peut complètement bloquer l’accès à un service. J’ai à faire à ces types de captchas très souvent, surtout sur certains sites de streaming gratuit pour animes japonais et mangas (oui j’adore les animes/mangas et non ce n’est pas uniquement réservé aux enfants).

Petits éléments

Des éléments interactifs minuscules (liens, boutons) sont un véritable défi avec une commande oculaire. Le ciblage devient très imprécis, et une mauvaise conception de ces éléments rend leur utilisation frustrante et inefficace. Avec la nouvelle génération de commande oculaire (PCEye 5), je n’ai plus trop ce problème puisqu’il y a une aide à la visée pour le zoom (assistée par IA), mais tout le monde n’a pas la possibilité d’avoir ce nouveau modèle de commande oculaire, et doivent utiliser les anciens modèles.

Cyriaque a demandé à trois de ses amis en situation de handicap (Élodie, 20 ans, M, 26 ans et T, 30 ans) de s’exprimer au sujet de l’accessibilité.

Témoignage d’amis de Cyriaque

  • Les vidéos sans sous-titres excluent les personnes sourdes ou malentendantes, mais elles compliquent aussi les choses pour tous ceux qui ne peuvent pas interagir avec la vidéo pour trouver des options alternatives.
  • Certaines applications ou sites web n’intègrent aucun raccourci clavier ou navigation structurée. Quand il faut passer par des dizaines de clics pour atteindre une section, c’est épuisant, surtout pour ceux qui dépendent de commandes alternatives comme pour la navigation au clavier.
  • Une interface avec des contrastes faibles, des polices trop petites ou des couleurs mal choisies (par exemple, du gris clair sur fond blanc) rend la lecture extrêmement pénible, surtout pour ceux qui ont une déficience visuelle.

NB : Élodie est née avec une malformation congénitale affectant son cerveau, entraînant un manque d’apport en oxygène. Elle peut utiliser ses jambes pour se déplacer, mais n’a pas l’usage de ses bras et dépend d’une sonde gastrique pour son alimentation. M et T sont tétraplégiques et peuvent boire, manger, parler et bouger les yeux. T a été victime d’un accident de moto, tandis que M a fait une chute dans une rivière.

Cyriaque a également répondu à notre question :

Comment savoir si un élément est accessible via commande oculaire ?

Il n’existe pas de moyen de tester en amont si un élément est accessible à une commande oculaire.

Personnellement, dans certains cas, j’envoie un mail au technicien de ma commande oculaire, qui envoie un mail au siège de l’entreprise en France pour avoir leur avis. Par exemple, je leur avais demandé si avec la commande oculaire je pouvais utiliser un double écran comme les postes de travail que vous avez au bureau. Eux-mêmes ne pouvait pas répondre à ma question, car la commande oculaire n’a pas été créée pour cette utilisation, ils étaient même surpris que je fasse de la programmation avec puisqu’à la base la commande oculaire doit seulement permettre d’utiliser un ordinateur ou écrire alors que je l’utilise pour coder, dessiner, jouer et faire de la modélisation 3D sur Blender.

Si je veux savoir si un élément est accessible à la commande oculaire ou non, j’essaie de l’utiliser et si c’est facile je considère que c’est accessible à la commande oculaire. Si c’est trop compliqué à utiliser, je considère l’élément comme étant inaccessible à la commande oculaire.

En soi, on ne peut pas vraiment appeler ça des bugs d’accessibilité, c’est juste qu’elle n’a pas été pensé dans cette optique et pour ce genre d’utilisation. Les doubles écrans ne fonctionnent pas avec, pareil pour les jeux vidéos beaucoup trop avancés (GTA, Red dead redemption, Fifa, etc.), les tablettes ne fonctionnent pas avec, les mac ne sont pas compatibles. Il existe encore beaucoup de choses avec lesquelles la commande oculaire ne fonctionne pas ou n’est pas compatible.

Le mot de la fin

C’est un peu cliché de dire ça mais je rêve d’un web où tout le monde peut naviguer librement, quelle que soit sa situation. C’est faisable, mais comme beaucoup de choses dans notre société, ça demande une prise de conscience collective et des efforts concrets de la part des développeurs et designers. C’est également ce qui me motive à faire carrière dans le développement web.

Merci à Cyriaque d’avoir pris la parole et merci à vous d’avoir lu. Maintenant, à vous de jouer !

KickTest, votre alliée pour réviser vos certifications ISTQB !

La certification ISTQB est un passage obligé pour une très grande partie des QA. Et tout le monde s’est déjà posé la question, à l’approche de l’examen, “Ai-je suffisamment révisé ?”, “Où trouver d’autres tests blancs” ? Chez Hightest, nous avons nous aussi rencontré cette problématique, ce qui nous a donné envie de concevoir et partager des tests blancs à chaque fois que nous avons préparé un examen.

Ce n’est toutefois pas le sujet de cet article… en effet, ici on va parler d’une toute nouvelle plateforme avec une forte ambition : fournir tellement de questions d’examen qu’il serait presque impossible d’épuiser le stock avant le jour J ! Le code Rousseau de l’ISTQB a un nom qui claque : KickTest. La plateforme est en ligne depuis hier, avec un code promo pour la découvrir gratuitement jusqu’au 31 janvier : FREEKICKTESTJANUARY !

Concept de la plateforme

C’est en 2020 qu’Aurélien Haye et trois de ses amis ont l’idée de créer une plateforme pour aider les QA à réviser ISTQB. Le principe est simple et au plus près des besoins : fournir des questions qui ressemblent au maximum au format de celles de l’examen, classées par chapitre, avec possibilité de réviser de manière ciblée. En effet, à l’issue d’un examen, on ne sait pas précisément à quelles questions on a répondu faux, mais on obtient une note par chapitre.

Le projet a maturé pendant 4 ans. Aujourd’hui, il est en ligne et permet de réviser avec 3 formules au choix : une formule d’un mois pour réviser en autodidacte, une formule de 4 jours pour accompagner les formations qui en général ont cette durée, et une formule de 24h pour faire un maximum de révisions, l’avant-veille idéalement !

L’équipe

L’équipe compte 4 personnes : Aurélien Haye, Enrico Guazzini, Florian Hyvernault et Jonathan Jato. À savoir : un développeur, un designer / graphiste et 2 qualiticiens qui ont rédigé les quiz. “Chacun est resté dans sa spécialité et on a trouvé au fil du temps notre rythme et notre manière de collaborer”, témoigne Aurélien Haye.

Un travail titanesque

6000 questions d’examen : vous ne risquez pas d’en venir à bout avant un bon moment. Pour rédiger tout ça, l’équipe n’a pas ménagé ses efforts. Vous vous demandez si une IA a fait partie de la team ? Aurélien répond : 

Nous avons créé l’intégralité de nos quiz à la main. D’ailleurs, un quiz c’est un peu plus qu’une simple question puisqu’il faut des propositions de réponses, une explication pour que les concepts derrière le quiz soient compris, éventuellement des pièce-jointes, etc. Nous avons testé la production de quiz assistés par l’IA mais les résultats n’ont pas été probants, la grande majorité des quizs générés par les LLM s’est avérée erroné voir complètement fausse. Je pense que les données dont disposent les principales IA sont insuffisantes et que ça explique ces mauvais résultats.

Par contre nous avons collaboré avec d’autres qualiticiens pour augmenter notre rythme de production de quiz et l’équipe est montée jusqu’à 4 rédacteurs (en comptant les 2 de l’équipe historique, NDLR). Ça a plutôt bien fonctionné de ce côté.

Les coulisses du projet

Nous avons demandé à Aurélien s’il y avait eu des idées abandonnées au fil du temps, ou au contraire de nouvelles idées qui ont émergé au fil du développement de la plateforme. Au cours de ce travail de longue haleine, la réponse est évidemment positive.

Au début, on sous-estimait beaucoup la charge de travail nécessaire pour produire une plateforme comme KickTest. Nous avions une idée moins précise de ce qu’on voulait faire et on partait un peu dans tous les sens. Par exemple, on voulait aussi intégrer un comparateur d’outils spécialisés dans les tests au sein de la plateforme. Ce n’était pas une mauvaise idée mais ça n’avait rien à voir avec l’entraînement sur les certifications qualité. Nous avons aussi beaucoup fait évoluer notre stack technique et le rendu graphique tout au long du développement. Comme pas mal de projets, on a itéré pour progresser et on va continuer de le faire. Pour finir avec une idée que nous avons eue en cours de route, c’est la conception de l’administration qui sera invisible pour l’utilisateur mais qui va grandement faciliter notre travail en back office pour gérer la création et la mise à jour de nos quiz, examens blancs et plein d’autres items propres à KickTest.

Un conseil souvent donné aux entreprises ces dernières années est de se focaliser sur un seul besoin pour l’honorer complètement, et la plateforme KickTest est bel et bien allée dans ce sens.

L’avenir de KickTest

À ce jour, KickTest permet de réviser 2 examens : ISTQB Fondation et ISTQB Analyste de test. Toutefois, KickTest ne va pas s’arrêter là, et de nombreuses améliorations et contenus complémentaires sont en route. Aurélien Haye en parle :

On a beaucoup de projets dans les cartons.

Pour le court terme : on veut améliorer l’aspect visuel des résultats d’examens blancs et compléter les informations contenues dans cette page pour apporter plus de valeur à l’utilisateur. On travaille également sur l’intégration d’un glossaire intelligent qui trouvera pas mal de synergies avec nos quiz pour offrir à nos utilisateurs une meilleure expérience et un meilleur apprentissage. Au niveau de nos contenus, on souhaite compléter notre catalogue avec les certifications Testeur agile technique, Scrum.org (PSM & PSPO) et TMMI.

Pour le moyen terme : on planche fort sur la partie administration dont je parle plus haut, c’est un sacré investissement en temps et en énergie mais qui paiera sur le long terme. On continuera à produire des quiz pour d’autres certifications en parallèle.

La question qui tue

Évidemment, on ne pouvait pas s’empêcher de poser la question… Comment cette plateforme de test est-elle testée ? La réponse d’Aurélien aborde à la fois les vérifications de la qualité technique de la plateforme et la validation de la pertinence des questions :

Au niveau du développement, nous avons une couverture de tests unitaires qui nous assure un minimum de sécurité même si on peut faire beaucoup mieux à ce niveau dans les mois à venir. En interne, nous avons fait pas mal de sessions de test et de tests non-scriptés qui nous ont permis de détecter pas mal d’anomalies. Puis nous avons collaboré avec certains experts du test pour leur faire essayer KickTest. Enfin, on a fait des bêta tests en conditions réelles avec des étudiants qui passaient leur certification, les résultats ont été globalement assez positifs et le retour d’information riche.

Pour conclure

La plateforme KickTest est toute jeune et va continuer d’évoluer, toutefois nous vous conseillons d’aller y faire un tour dès maintenant, pour vous-mêmes ou pour les personnes que vous souhaitez former ! Merci à Aurélien pour les réponses apportées, vous pouvez le contacter sur LinkedIn si vous souhaitez en savoir davantage sur la plateforme ou vous rapprocher de l’équipe en vue d’un partenariat.

Vis ma vie numérique – Cyriaque Delaveau, développeur sans clavier ni souris

En décembre 2024, nous avons profité de la fin de l’année pour en apprendre un peu plus sur Cyriaque Delaveau, un étudiant développeur rencontré lors d’une de nos prestations. Cyriaque a comme objectif de devenir Développeur Web Full-Stack et il apprécie particulièrement de travailler sur le Front-End et le Back-End mais aime également tout ce qui touche de loin ou de près à l’analyse de données. Il vient de terminer sa licence professionnelle MIAW (Métiers de l’Informatique Applications Web) et approfondit ses connaissances dans le cadre de son alternance. Un dev comme les autres ? Oui, car il s’intègre parfaitement dans son équipe, tant d’un point de vue technique que méthodologique et relationnel. Et non, car Cyriaque n’utilise ni clavier, ni souris. Vous pensez que c’est impossible ? Continuez de lire !

Interview

Hightest : Bonjour Cyriaque ! Peux-tu te présenter ?

Cyriaque Delaveau : Je m’appelle Cyriaque Delaveau, j’ai 23 ans et je suis atteint d’une myopathie de Duchenne. Je suis actuellement à la fin de ma licence professionnelle MIAW. J’ai eu une scolarité tout à fait normale jusqu’en Seconde, puis en raison d’un souci de santé, j’ai terminé mes années de Lycée en service hospitalier. J’ai validé mon DUT MMI (Diplôme Universitaire de Technologie Métiers du Multimédia et de l’Internet) avant de quitter l’hôpital en Décembre 2022 pour entrer dans un foyer de vie pour adultes en situation de handicap.

Ma recherche d’entreprise pour mon alternance a été très compliquée, après une vingtaine de refus successifs, une seule entreprise à bien voulu me donner une chance. À vrai dire, j’ai songé à plusieurs reprises abandonner mais je m’étais fait une promesse à moi-même quand j’étais au collège, à savoir : intégrer une licence informatique par tous les moyens, et prouver qu’elles avaient tort à ma conseillère d’orientation et toutes les personnes qui m’ont imposé des filières administratives pour seul motif mon handicap, sans même prendre le temps d’écouter mes vœux d’orientation.

En 2019, j’ai perdu un peu de mobilité dans les mains et les doigts à cause de l’évolution de mon handicap, rendant impossible l’utilisation de mon ordinateur portable. J’ai rencontré Christelle, une employée de Mieux-Être (magasin de matériel médical), qui m’a présenté et fait essayer une commande oculaire me permettant d’utiliser mon PC avec le mouvement des yeux. Ça va faire maintenant 5 ans que j’utilise cette technologie au quotidien, l’apprentissage à était plutôt rapide et facile pour apprendre les fonctionnalités de base. Au bout de deux semaines, j’avais fait le tour de toutes les fonctionnalités et possibilités d’utilisation, mais même aujourd’hui, il m’arrive encore d’être surpris par les possibilités de cette technologie, notamment pour le dessin.

Hightest : Quelles technologies utilises-tu afin de développer sans clavier ni souris ?

Cyriaque Delaveau : Pour développer sans clavier ni souris, j’utilise une commande oculaire, le Tobii PCEye 5, qui détecte les mouvements de mes yeux. Pendant l’installation, on crée un profil adapté à mes besoins : si je porte des lunettes ou des lentilles, la vitesse à laquelle je veux scroller, le temps que je dois fixer un point pour cliquer. Le PC Eye 5 remplace la souris et le clavier grâce au logiciel TD Control. En gros, je peux piloter tout mon ordinateur avec mes yeux, même si je porte des lunettes. Il est compact, super facile à installer avec un support aimanté, et il fonctionne sur les ordis et tablettes sous Windows 10 ou 11. Chaque utilisateur peut avoir ses réglages persos, comme la vitesse ou le mode d’activation. Il est même compatible avec Windows Hello, donc je peux déverrouiller mon ordi juste avec mes yeux. Si besoin, je peux ajouter des logiciels comme Track and Learn pour enregistrer les mouvements des yeux. Grâce à cet outil, je peux coder, naviguer et utiliser mon ordi facilement, même sans clavier ni souris.

Avant, j’utilisais une souris sans fil et un clavier virtuel sur un ordinateur portable classique. Quand j’ai dû passer à la commande
oculaire, ça n’a pas été simple. J’étais pas du tout emballé, parce qu’accepter cette technologie, c’était un peu comme accepter que mon
handicap avait évolué. Au début, j’étais réticent, mais après quelques essais, j’ai vite réalisé que cette solution me permettait de garder mon autonomie et de continuer à travailler comme avant. L’apprentissage a été rapide : en deux semaines, je maîtrisais les bases, et avec le temps, j’ai découvert des fonctionnalités que je ne pensais même pas possibles.

Hightest : Concrètement, comment clique-t-on avec les yeux ?

Cyriaque Delaveau : Cliquer avec les yeux, c’est très simple. Tu fixes une zone de l’écran, et après un petit temps d’attente, qui peut être modifié en fonction de tes préférences, le clic se fait automatiquement. Un cercle ou une animation te montre que le clic est en préparation. Tu peux régler la durée de fixation et choisir entre clic gauche, clic droit ou double clic et d’autres fonctionnalités encore via un menu d’interaction. Pour taper du texte, un clavier virtuel s’affiche, et tu sélectionnes les touches avec ton regard. En gros, ton regard remplace le déplacement de la souris et la durée de fixation de ton regard remplace le clic. Pour te donner un ordre d’idée, ma sensibilité pour la durée de fixation avant interaction et la vitesse d’activation des boutons est réglée sur 450 millisecondes, en sachant que le maximum est de 350 millisecondes pour durée et 200 millisecondes pour la vitesse.

Pour permettre de mieux comprendre le fonctionnement de la commande oculaire, Cyriaque a réalisé cette vidéo de démo de PCEYE5 :

Hightest : Qu’est-ce qui t’a amené à choisir le métier de développeur ?

Cyriaque Delaveau : J’ai choisi le métier de développeur parce que je suis passionné par la technologie et fasciné par son potentiel. Mon DUT MMI m’a donné un premier aperçu du développement et a renforcé mon envie de créer des solutions concrètes et utiles. Je me suis également lancé ce défi personnel pour prouver que mon handicap n’est pas une limite et pour tenir la promesse que je me suis faite au collège. Enfin, je vois dans ce métier une opportunité de contribuer à des projets innovants tout en relevant des défis techniques passionnants.

Hightest : Précédemment, tu as contribué au développement d’une application axée sur l’accessibilité. Peux-tu nous en dire plus ?

Cyriaque Delaveau : J’ai participé à la réalisation du module d’accessibilité web Tenjity, pendant mon stage de dernière année de DUT MMI. Mon maître de stage, un Senior Web Developer très engagé sur l’importance de l’accessibilité dans le Web, m’a guidé tout au long du projet. À cette époque, je n’avais pas encore beaucoup de compétences en programmation, donc ma contribution s’est concentrée sur la rédaction des documents techniques des fonctionnalités du module. Tenjity est un module d’accessibilité web gratuit et convivial, conçu pour être facile à installer et compatible avec tous les principaux navigateurs. Il propose des profils prédéfinis pour différents types de handicaps, tout en permettant une personnalisation selon les besoins spécifiques de chaque utilisateur. L’objectif de Tenjity est de rendre le web plus inclusif en offrant des outils qui facilitent l’accès aux contenus en ligne pour tous. Par exemple, si l’utilisateur est dyslexique il peut activer le profil “Dyslexique”, ce qui remplace toutes les polices d’écritures du site par une police plus adaptée (OpenDyslexic). Pour l’anecdote, le nom Tenjity a été inspiré par les Tenji Blocks, des dispositifs japonais destinés à aider les personnes malvoyantes à se déplacer grâce à des blocs tactiles installés au sol. Ce lien avec l’accessibilité et l’innovation a donné toute son identité au projet.

Hightest : Es-tu actuellement en recherche d’emploi ? Si oui, quel serait le type de poste qui te plairait le plus ?

Cyriaque Delaveau : Effectivement je suis en recherche d’emploi, faire de longues études ne fait pas partie de mes perspectives même si j’aurais bien aimé. L’idéal pour moi, serait un poste de développeur web junior, en full télétravail et en temps partiel. Au vue des soins médicaux quotidiens que j’ai, être en temps plein me paraît assez compliqué voire impossible. De plus, j’ai une maladie dégénérative, d’ici trois à cinq ans, je ne serai plus en mesure de faire quoi que ce soit, d’où le temps partiel.

Hightest : L’accessibilité est un sujet qui te concerne non seulement en tant que dev, mais aussi en tant qu’internaute. Quels sont les bugs d’accessibilité les plus fréquents que tu rencontres et qui sont des obstacles pour toi ?

… La réponse de Cyriaque est à découvrir dans notre prochain article. Il a d’ailleurs mobilisé quelques amis qui ont eux aussi témoigné des bugs rencontrés au quotidien !

Merci à Cyriaque pour cet échange qui illustre une fois de plus la diversité des profils d’internautes et l’importance d’intégrer ces profils en entreprise. Nous invitons les organisations numériques calédoniennes offrant des postes de dev web full-stack junior à prendre contact avec lui !

Passing ALL ISTQB certifications: Daniel Van der Zwan’s remarkable achievement

Daniel Van der Zwan is a Quality Assurance Engineer specializing in sea logistics information systems. This QA professional, based in the Netherlands, recently took on an extraordinary challenge: obtaining all ISTQB certifications (27 in total)!

We are delighted to share his story with you.

Discover his new challenges, his tips for passing certifications, and the reaction of his management upon learning of his achievement!

Interview

Hightest: You obtained all the ISTQB certifications in just 4 years and 3 days. Why did you set yourself this challenge?

Daniel Van der Zwan: After I had achieved the first 2 Expert Certifications, I did the first Specialist Certification. The Syllabi for the Specialist Certifications help you get additional insights into those specific topics & contributes to obtain a wider understanding on all aspects of testing in ‘special’ areas, which I really like. Furthermore this is also helpful in the preparation for the Expert level certifications. I decided after the first Specialist to try to obtain all Certifications within 4 years.

Hightest: Now that you have obtained all the ISTQB certifications, what is your next challenge?

Daniel Van der Zwan: First of all, I want to keep my knowledge up-to-date, meaning that I want to retake the exams for updated certifications (like CTAL-TM and CT-TAE) as well as any new Certifications the ISTQB releases. If there is any time left 😉, I am taking the Certification Exams for the UNITED Syllabi of which I have already 3 Certifications. These are helpful in addition to the ISTQB.

Furthermore I am actively involved in reviewing & commenting on new/updated Syllabi for both the ISTQB and UNITED, as well that I am involved in the creation of a brand new UNITED Syllabus together with other experts (I cannot disclose the topic yet)

Hightest: Have you ever set yourself other challenges in the past? (Not necessarily in the field of testing; we can easily imagine you climbing Everest!)

Daniel Van der Zwan: Not as hard as I did with this challenge 🙂

Hightest: How do you feel now that you have achieved this record?

Daniel Van der Zwan: Proud! Especially as I noticed that it is inspiring other people to expand their knowledge as well, that is the greatest reward for me.

Hightest: If you met another person who had all the certifications, what would you infer about them?

Daniel Van der Zwan: As far as I know, I am currently the only one with all 27 ISTQB Certifications, I would welcome & support anyone who is inspired to do the same.

Hightest: What is the quality that helped you the most in passing all these certifications?

Daniel Van der Zwan: There are a few qualities you will need to have, first of all dedication & discipline, support from the people at home (it is taking a LOT of time) and last but not least, you need to be a little bit crazy…

Hightest: What is your favorite method for studying?

Daniel Van der Zwan: I have created my own approach, my 7 step principle

  • Step 1 – read the Syllabus
  • Step 2 – extract all learning objectives
  • Step 3 – try to formulate your own questions
  • Step 4 – answer them
  • Step 5 – check the answer with the syllabus
  • Step 6 – focus on the weak spots
  • Step 7 – take the practise exam from the ISTQB

Hightest: Which certification did you find the most difficult?

Daniel Van der Zwan: Any of the Expert Levels, these are the hardest by far.

Hightest: The most exciting?

Daniel Van der Zwan: I have to choose the same, any of the Expert Levels.

Hightest: What does your employer think of your collection?

Daniel Van der Zwan: My employer is very proud to have me on board, after achieving the 27th Certificate they have created a trophy “World Champion ISTQB Exams”


Hightest: Have you noticed that your profile has become more attractive to companies since you obtained all these certifications?

Daniel Van der Zwan: Yes I have noticed that, however as you can see in the answer on the previous questions, I have a great employer so I am happy to be part of this company.

Hightest: Are TMMi certifications on your radar? What do you think of this framework?

Daniel Van der Zwan: Yes and no, I am interested in doing these as well, however not in the short term. It looks valuable to me to start looking into this in future, I have read a lot about it in my preparation for the Expert Level Test Process Improvement. I have even developed my own model for an assessment on test process maturity which is partly based on the TMMi for the company I work for.

Hightest: You participated in the development of the new version of ISTQB Foundation. How did that go?

Daniel Van der Zwan: I have participated in reviewing & commenting on various Syllabi, for example (not limited to) CTFL4, CTAL-TM, CT-ATLaS, CT-TAE.

It is an honor to be part of these reviews. If you are interested to participate in this as well, you can check with your national ISTQB representative if they need reviewers. Of course you need to sign an NDA and have sufficient knowledge & experience.

 

Thank you to Daniel Van der Zwan for this interview, and good luck to everyone training for a certification!

Passer TOUTES les certifications ISTQB : l’exploit de Daniel Van der Zwan

Daniel Van der Zwan est ingénieur assurance qualité, spécialisé dans les systèmes d’information de logistique maritime. Ce QA basé aux Pays-Bas a dernièrement relevé un remarquable challenge : celui de passer l’ensemble des certifications ISTQB  (27 au total) !

C’est avec beaucoup de joie que nous avons recueilli son témoignage.

Découvrez ses nouveaux challenges, ses astuces pour réussir les certifications, mais aussi la réaction de sa hiérarchie en apprenant son exploit !

Cet article en français est une traduction de notre échange ; le texte original est dans un autre article.

Interview

Hightest : Vous avez obtenu toutes les certifications ISTQB en seulement 4 ans et 3 jours. Pourquoi vous êtes-vous lancé ce défi ?

Daniel Van der Zwan : Après avoir obtenu les 2 premières certifications Expert, j’ai passé la première certification Spécialiste. Les syllabus pour les certifications Spécialistes permettent d’obtenir des informations supplémentaires sur ces sujets spécifiques et contribuent à une compréhension plus large de tous les aspects du test dans des domaines « spéciaux », ce qui me plaît beaucoup. De plus, cela aide également à la préparation des certifications de niveau Expert. J’ai décidé après la première certification Spécialiste de tenter d’obtenir toutes les certifications en 4 ans.

Hightest : Maintenant que vous avez obtenu toutes les certifications ISTQB, quel est votre prochain défi ?

Daniel Van der Zwan : Tout d’abord, je voudrais maintenir mes connaissances à jour, ce qui signifie que je voudrais repasser les examens pour les certifications mises à jour (comme CTAL-TM et CT-TAE) ainsi que toute nouvelle certification publiée par l’ISTQB. S’il me reste du temps 😉, je passerai les examens de certification pour les syllabus UNITED, dont j’ai déjà 3 certifications. Ceux-ci sont utiles en complément de l’ISTQB. De plus, je suis activement impliqué dans la révision et les commentaires des nouvelles versions des syllabus pour l’ISTQB et UNITED, ainsi que dans la création d’un tout nouveau syllabus UNITED avec d’autres experts (je ne peux pas encore divulguer le sujet).

Hightest : Avez-vous déjà relevé d’autres défis dans le passé ? (Pas nécessairement dans le domaine des tests ; on peut facilement imaginer que vous ayez gravi l’Everest !)

Daniel Van der Zwan : Pas aussi difficile que ce défi 🙂

Hightest : Comment vous sentez-vous maintenant que vous avez accompli ce record ?

Daniel Van der Zwan : Fier ! Surtout en constatant que cela inspire d’autres personnes à élargir leurs connaissances également, c’est la plus grande récompense pour moi.

Hightest : Si vous rencontriez une autre personne ayant toutes les certifications, que déduiriez-vous à son sujet ?

Daniel Van der Zwan : Autant que je sache, je suis actuellement le seul à avoir les 27 certifications ISTQB. J’encouragerais et soutiendrais toute personne qui aspirerait à faire de même.

Hightest : Quelle est la qualité qui vous a le plus aidé à réussir toutes ces certifications ?

Daniel Van der Zwan : Il y a plusieurs qualités nécessaires : tout d’abord le dévouement et la discipline, le soutien des proches (cela prend BEAUCOUP de temps) et enfin, il faut être un peu fou…

Hightest : Quelle est votre méthode préférée pour étudier ?

Daniel Van der Zwan : J’ai créé ma propre approche, mon principe en 7 étapes :

  • Étape 1 – lire le syllabus
  • Étape 2 – extraire tous les objectifs d’apprentissage
  • Étape 3 – essayer de formuler mes propres questions
  • Étape 4 – y répondre
  • Étape 5 – vérifier la réponse avec le syllabus
  • Étape 6 – me concentrer sur mes points faibles
  • Étape 7 – passer l’examen pratique de l’ISTQB

Hightest : Quelle certification avez-vous trouvée la plus difficile ?

Daniel Van der Zwan : N’importe laquelle du niveau Expert, ce sont de loin les plus difficiles.

Hightest : La plus enthousiasmante ?

Daniel Van der Zwan : Je dois répondre la même chose, n’importe laquelle du niveau Expert.

Hightest : Que pense votre employeur de votre collection ?

Daniel Van der Zwan : Mon employeur est très fier de m’avoir dans l’équipe, après avoir obtenu la 27e certification, mes collègues ont créé un trophée « Champion du Monde des Examens ISTQB ».

Hightest : Avez-vous remarqué que votre profil est devenu plus attractif pour les entreprises depuis que vous avez obtenu toutes ces certifications ?

Daniel Van der Zwan : Oui, je l’ai remarqué. Cependant, comme vous pouvez le voir dans la réponse précédente, j’ai un excellent employeur et je suis heureux de faire partie de cette entreprise.

Hightest : Visez-vous les certifications TMMi ? Que pensez-vous de ce framework ?

Daniel Van der Zwan : Oui et non, cela m’intéresse aussi, mais pas à court terme. Il me semble utile de commencer à m’y pencher à l’avenir. J’ai beaucoup lu à ce sujet dans ma préparation pour le niveau Expert en Amélioration des Processus de Test. J’ai même développé mon propre modèle d’évaluation de la maturité des processus de test, en partie basé sur le TMMi, pour l’entreprise dans laquelle je travaille.

Hightest : Vous avez participé au développement de la nouvelle version de la Fondation ISTQB. Pouvez-vous nous en parler ?

Daniel Van der Zwan : J’ai participé à la révision et aux commentaires de divers syllabus, par exemple (mais pas exclusivement) CTFL4, CTAL-TM, CT-ATLaS, CT-TAE. C’est un honneur de faire partie de ces révisions. Si vous aussi vous souhaitez participer, vous pouvez demander à votre représentant national ISTQB s’ils ont besoin de réviseurs. Bien sûr, vous devrez signer un accord de confidentialité et avoir des connaissances et une expérience suffisantes.

 

Merci à Daniel Van der Zwan pour cet échange et bon courage à toutes les personnes qui s’entraînent pour passer une certification !